‹ Notes sur les États-UnisChapitre 51 sur 67 · I.A IH l'I.O.MATH · texte numérisé non relu

I.A IH l'I.O.MATH

Ml it--l ilis 1 emieiiii héréditaire, mais il est Feniiciiii historique; et l'iiistoire nationale, surtout (I iii> sa première périn(k', a nourri l'esprit pnhhV.

Notez en outre qu'au xix" siècle la Grande- Hretagne et l'Union ont été souvent en conflit. Les visées anglaises sur l'isthme de Panama, les incidents de neutralité pendant la guerre de Sécession, l'affaire (hi Venezuela en ISOo ont, à divorso^; reprises, réveillé les souvenirs ;itavi(|iios. Les nomhreux Irlandais étahlis aux Etats-l iii< et qui, par leur esprit d'intrigue autant (jue par leur éloquence, jouent dans la politique un rôle considérahle, sont, (raulie part, n^<t(''s anti-anglais. Il arrive à certains d'enirt' « ii\ de dissimuler ce sentiment, mais (jnand ils se livrent, on le discerne toujours. Je sais hien que, depuis dix ans, une détente s'est produite. L'Angleterre s'est vantée d'avoir, lors de la guerre espagnole, empêché une coalition européenne contre l'Amérique. (]('>{ nne légen(h', <hi, (hi moins, une foi'h' (xagératiou. Les Américains ont cependant été sensihles à l'intention ohligeante. Ils ont été également satisfaits de la reconnaissance de leur intiM-èt s[)écial à Panama et de la substitution (hi IraitT' Il i\-Pauncefote au traité Clayton-BuKver. La j>(»liti({ne anglaise, (h^puis la guerre dn

Transvaal, s'est orientée du reste dans le sens de l'aménité. Les Anglais, comme peuple, sont aujourd'hui plus faciles à vivre qu'il y a vingt ans ; les Américains ont constaté le changement et ils y ont vu, non sans quelque raison, un hommage rendu à leur force récente. Le rapprochement, conséquence de ces conditions nouvelles, n';i pis été entravé, en dépit de l'alliance anglo-japonaise, parles difficultés nippo-américaines. Enfin la Grande-Bretagne a marqué, dans ces derniers temps, sa résolution de ne pas contester en fait la doctrine de Monroe. Ce sont là des circonstances à retenir. Elles ont une réelle portée diplomatique. Les Etats-Unis sont flattés des égards qu'ils rencontrent à Londres. Ils sont heureux d'agir d'accord avec l'Angleterre, quand l'occasion s'en offre à eux ; mais le fond des sentiments n'a pas varié et la bonne entente est de raison plus que d'inclination.

Vis-à-vis de l'Allemagne, les dispositions des Etats-Unis sont curieuses à observer surtout pour un Français. On a là-has le respect historique de l'Angleterre, on y a le respect présent de l'Allemagne. Les Américains n'aiment pas les Allemands, mais ils les estiment. Ils les estiment pour leur force, que la victoire a consacrée. Ils les estiment aussi pour leur sérieux, pour ItMir gravité, même pour ce qu'il y a de poncif dans

LA DIPLOMATIE *Mj")

cette gravité. Depuis vingt ans, rAmérique du Nord intellectuelle est à l'école de l'Allemagne. Le Herr Professer de Leipzig ou d'Iéna a trouvé en elle l'élèvi' iiKulèle, prêt à t(»iil a«lniirer du maître, jusqu'à ses défauts. Les universités ont été envahies par les méthodes allemandes qui ne sont pas toutes de bonnes méthodes. Les manuels, les traités allemands se sont installés despotiquement dans les bibliotlinjnes. j^a science allemande, l'érudition allemande s'est sentie chez elle dans les amphithéâtres et elle s'y est étalée avec quelque lourdeur. Il y a eu, dans cette prise de possession, de Texcès et de l'imprudence.

Cet hiver, dans une cérémonie universitaire, un professeur allemand expliquait à ses auditeurs américains que, aux Etats-Unis ignorants, la l*in\ i.lfiif.' ;i\ail accordé la ra\(*iii- des leçons germaniques. En sorUmt de là, un Américain me disait :

— Ces gens-là, vraiment. non< rrrM^ut plus bêtes que nous ne sommes.

L'ahii- jMij^tMKli'c la réaction. Cette réaction -f dessine en ce moment. Je l'ai constaté à Harvard où les études françaises reprennent l'avantage, où M. William James, l'éniinent philosophe m'a exprimé plus d'une fois sa préférence pour reçoit' française, où l'action, un peu en-

combrante, du personnel allemand agace h fleur de peau la lierté nationale. Même chez les naturalisés, on trouve parfois que l'arr* (Liane»' | eutonne a fâcheusement persisté : •

— I a)7i a (( Deiiis('h-ameri((i)t », «lisent avee lierté les représentants du Deulsc/iiJntiH.

Or les Américains olimenl (ju'nne lois enli-idans rUnion, on n'a que faire d'invoquer, comme un titre d'honneur, sa nationalité passée. La nationalité acquise leur paraît se suffire à elle-même. Ce ne sont que des nuances, mais c'est précisément à les sentir que les Allemands sont inaptes.

Dans Tordre politique, l'amitié germano-allemande est soigneusement cultivée. L'activité télégra})hique de l'empereur Guillaume II s'adresse de préférence aux États-Unis et le voyage de son frère, le prince Henri, a laissé dans les clubs de durables souvenirs.

Le baron S})eck de Sternburii", aird)assa(lenr d'Allemagne à Washington, ot im ami ywsonnel de M. Roosevelt et, comme c'est s(tn devoir, il met son influence personnelle an service de son j)ays. Malgré tout, même dans les relations oflicielles, il y a des froissements : l'incident survenu lors de la nomination de M. Hill en qualité d'ambassadeur à Berlin en est la preuve. La cordi;dilé «le façade esi de

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