‹ Notes sur les États-UnisChapitre 8 sur 67 · I.A SOCIKTK ;)i · texte numérisé non relu

I.A SOCIKTK ;)i

confiseur. Mais surtout elles connaissent la joie (r.il'liriiu'r Iciii" in(l(''|)('ml;iii<-(', de s'arrrlcr ;i It'iir -i '. 1.1 .(' -Miit, le long des Irotloirs, de longues ( .iii-tM'it'>, ,i\t'c le jJh-t (!«' la saison, qui, debout \^\•v< (le la voiture, le pied posé sur le marcliejiietl, se donne des airs d'habitué.

Il y a enti-e nos flirts français et le flirt de làbas la môme différence qu'entre une plante de serre et un arbre de pleine terre. Le flirt de Washington est une institution organisée, je (hrai môme respectée. La vie est, eq^ somme, une vie de loisirs. Washington l'hiver, Newport l'été: <jiie faire en de telles villes à moins que l'on ne Ilirle? Le jlirt va souvent jusqu'aux fiançailles, et bien que toutes les fiançailles n'aillent pasjus- (juaii mai-i.iiie, il arrive que le feu de paille du début devienne cette « flamme » dont nos pères (lisaient, en une audacieuse métaphore, que rii\ nien la doit couronner. Tout cela est admis et correct. Ce n'en est pas moins pour un nouveau \('im la ('iii>e de ([uelque étonnement. 11 est môme arrivé à certains diplomates de fâcheuses mésaventures : sans expérience et sans clairvoyance, ils s'abusèrent sur la portée de cette grande liberté d'allures. On les rappela rudeiiM'iil à la l't'alilt' et à ses devoirs. I^t ce fui ]»()ur eux la lin du flirt.

Que sont, devenues femmes, ces jeunes filles?

rjG NOTES SUR LES ÉTATS-UiN'IS

Cela dépend beaucoup de leur éducation. On assure que les « Bostoniennes » sont faciles à reconnaître entre toutes : on discerne chez elles jtliis (le froideur, quelque raideur, plus de distinction et de finesse. Parmi les autres, il en est de délicieuses aussi, simples, allantes, intelligentes, qui ont su trouver le mari qui leur convenait et qui sont parfaitement heureuses. C'est, je crois, le plus grand nombre. Toutefois les Américains nous assurent que le sort des maris d'outre-mer n'est pas toujours enviable. Je sais un chapitre d'un livre charmant de M. Eliott Gregory, qui, sous le titre Some american hiisbands, nous apporte sur leur condition de bien précieux renseignements. Le mari travaille ; la femme dépense : ainsi pourrait-on résumer ce témoignage. Peut-être y a-t-il là ((uelque exagération d'humoriste. Mais, surtout à New-York, c'est souvent vrai.

— Voyez-vous, me disait un grand banquier, nous autres, maris américains, nous sommes les derniers des imbéciles. Nous nous tuons à la besogne pour que nos femmes s'amusent.

En réalité, de mAme que les peuples ont le gouvernement «jnils méritent, la plupart des maris ont la femme (ju ils im ri lent. Les grands manieurs d'or, rois récents du dollar, ne sont guère faits pour les joies conjugales, car c'est

1( iir métier seul qu'ils aiment. Au contraire, dans les vieilles familles, où la culture intellechit'lh» et morale est une tradition de race, les rt'iiiiii»'> sont, au sens le plus large du mot, les com|)agnes de leurs maris. Maîtresses dr maison arcomplii^s, elles oui mit' ui-àcc (Ir-liciciise pour accueillir leurs Iiùles, pour créer autour d'eux une aliiiosjdière plaisante, pour leur faire connaître. t\:\\\< sa siin|)licilé l'aflinée, cette vie de la Ntuix t'Ilc-Aiii^leterre dont tant d'Américains legrellent la disparition sous l'afllux des mœurs modernes. L'élégance tapageuse "et frivole qui rliofjne à New-York par son excès n'a rien gagné -III ( ' Fonds national. Et nombreuses sont les femmes, jeunes ou vieilles, femmes d'hommes |)olitiques, d'officiers ou de savants, qui jouent le rôle important et discret que leur attribuent nos idées françaises.

Puis-je terminer ces notes sans parler du divorce? Non, puisque le divorce tient dans la société américaine une place de plus en plus grande, une place dont beaucoup s'inquiètent. Les journaux à scandale, qui traitent ce sujet en apl)elant les choses — et les gens — par leur nom, ne laissent ignorer aucune des crises conjugales qui méritent d'être divulguées. Et les « expériences » — c'est le terme consacré — se succèdent jivec rapidité. Il en est que le monde ac-

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cepte. 11 en est d'autres ;iii\(jii('ll('s il est rebelle et qui pèsent sur la (Miiicic iiHuidaine des « affranchies » de la veille. Le fait est qu'on rompt les mariages aussi facilement qu'on les conclut. Est-ce à dire que les ménages américains soient de mauvais ménages, plus troublés et pires que d'autres? Je ne le crois pas: et l'on relève, dans les pro})Os de salon, beaucoup moins d'allusions à des « intrigues » que dans les entreliens parisiens. Faut-il penser qu'il y a en Amérique moins de patience qu'en Europe pour supporter des situations tendues et fausses? Peut-être. Pour être fixé là-dessus , il faudrait des mois et des années d'étude. Je me borne donc à constater sans expliquer.

Notez d'ailleurs qu'il ne s'agit ici que d'une minorité : carie « monde » est resticint et limité. Le « Tout New-York » et le « Toul-Washington )) sont numériquement très inférieurs au « Tout-Paris ». On risque donc, en s'arrètant à ces « potins », de donner une impression fausse. La vérité doit être que les gens qui font tranquillement, honnêtement leur métier de maris et leur métier de femmes sont l'immense majorité. Mais c'est des autres (|u'on parle, là-bas comme chez nous. Les bons ménages n'ont pas d'histoire : ils sont comme les peuj)les heureux. C'est pourquoi la chronique les ignore : car elle ne se plaît qu'aux catastrophes.

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