‹ Notes sur les États-UnisChapitre 9 sur 67 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

LA JEUNESSE UNI VEIl S ITAIllE

L'univcrsilé Harvard. — Sa richesse. — Maîtres et programmes. — Le milieu. — La Harvard Union. — Les clubs fermés. — V Alpha Delta Phi. — Le Cercle français. — Les étudiants pauvres. — Le sport. — Les femmes et les étudiants. — Le fond américain. — Enseignement supérieur et enseignement national.

Les Américains sont fiers de leurs universités. Et de toutes leurs universités, il n'en est pas (loiil ils soient plus orgueilleux que de Harvard. Orgueil justifié, je me hâte de l'ajouter. Car le grand centre intellectuel de Massaclmsetl> l;u>>o à qui y a vécu une magnifique impression de )trnl)ii(', d'actix ilé cl de imMesse. Pour en parler coiigruiHcnl, il laudiait y avoir passé de longs mois. Un voyageur, a|)rès un séjour de quelques semaines, ne saurait y prétendre. Et je n'ai

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point le téméraire dessein de juger l'enseignement si vaste et si varié que plusieurs centaines de maîtres y donnent à plusieurs milliers de disciples. Mais, de même que les individus, les collectivités ont leur physionomie qui se fixe dans le souvenir en traits simplifiés. Ce sont ces traits, ou quelques-uns d'entre eux, que je me piojxtse de réunir ici.

L'université Harvard n'est pas située à Boston même, mais de l'autre coté du Gharles-Iliver, à Cambridge, presque en pleine campagne, à une demi-heure en tramway électrique du Common, qui est le centre de la ville. Un portail de pierre s'ouvre sur la rue. Dans un vaste espace planté d'arbres, percé de rues, en hiver toujours couvert de neige, qui s'étend à perte de vue, une série de bâtiments s'élèvent. Les uns sont des maisons particulières où habitent des professeurs. Les autres sont des salles de cours. Puis, voici des dormitoria^ où logent les étudiants. Plus loin, c'est le Mémorial Hall et le Sanders Theater, L'université, dont la fortune atteint près de cent millions, est propriétaire de tout cela. Elle est une gigantesque personne morale, sous la haute direction de son président M. Cliarles W. Eliot, dont l'éloquence classique et pure est toujours, d'où qu'on l'appelle, au service des idées élevées et des causes généreuses. Harvard est une ville

dans la ville. C'est l'ûme même de ce calme et l^raclciix Cambridge groupé autour du « collège » et lier de lui servir de cadre.

Lors«|ue, dans l'ainin.iire de l'université, on jtarc()iii-| le j)r()';iMiiiiiii' do cours et la li>l(î des professeurs, on est d'abord frappé de l'étendue el de la vari(''té de l'enseignement. D;ms les diff'éreiils K<. départements», qui correspondent, avec une compréliension plus limitée, à nos facultés, les éindiaiits peuvent clioisir, et ce cboix quel- (|uefois doit les embarrasser. J'ai eu le plaisir de voir de près, à des reprises successives, un grand nombre de maîl?-es, dont la valeur morale, la >(iai|iiil»'u>e siiicérilé, la culture générale, en même temps que la compétence technique, ne sauraient être troj) prisées. Pour la philosophie M. William James, pour la littérature MM. Norton, Barrett Wendell, Grandgent, pour le droit MM. Stimson et Lawrence Lowel, pour l'histoire moderne MM. Thayr et Coolidge — j'en passe et des meilleurs — sont des hommes de premier ordre, simples autant que savants, épris de leur métier, dévoués à leurs élèves, menant de front avec un enseignement absorbant des études personnelles remarquables. Nos professeurs fran- < ;iis peuvent à coup sCir soutenir la comparaison. Mais j)lus on étudie l'université Harvard, plus on t ''>nvainc que le vieux monde n'a le droit de

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revendiquer aucune supériorité, et que c'est sur le pied de l'égalité que les Américains participent ici à la noble émulation de culture qui est l'honneur de notre temps.

Dans l'ensemble, l'université Havard est un « milieu » incomparable, et c'esl là, pour les étudiants, indépendamment de la valeur scientifique des maîtres, un rare bénéfice. Noms avons essayé en France de créer ce milieu dan- «jimIques-unes de nos villes d'université. Le résultat est alli'Islaiil, (juandon le comparée ce qui existe en Amérique. Ce qui domine cette jeunesse plus ou moins laborieuse, c'est un vigoureux sentiment de solidarilé. Et je sais bien que les sentiments ne se commandent pas. Mais ils j)euvent se déveloj)p<'i* (jiiand on pi-cnd scun dt' les développer. Ici ct^ souci est partout. Coi»>idéi'ez la grande majorité des étudiants, ceux qui sont pauvres ou [)eu aisés et (|ui n'ont pas à leur disposition, sous la foi lue de clubs fermés, les occasions de groupements dont profitent les étudiants riches. Pour ceux-là, l'université ou de riches donateurs onl fait les IVais du cadre dont on ne veut pas qu'ils soient |)ri\(s. Dans l('< l>àtiments même de FuniNcrsilé, ils sont, ponr un |)rix modique, logés et nourris. Dei)uis ijuelijues années, grâce h un don splendide de M. Higginison, ils ont, eux aussi, leur cercle, lu Harvard

UnioUy dont rimineuse palais se dresse, en face (le la petite maison du président Eliot. Moyenii.nil iiii (Intil (l'entrée iiisii^nilianl, tout cîtndiant jM'iil faii'c |i;ii"lit' de YL'iiio/i. 11 y IroiiNc desalons de causerie, des bibliothèques, les revues, les journaux, des billards — ^ j'en ai compté quatorze. Il y a l'impression du « chez soi ». Il s'y forme à la vie masculine, avec un sérieux spontiiif. un 1 ( -[KM I naturel des idées et des commo- (litt- (r.inlnii, dans une atmosphère de sociabilité cordiale et de bon aloi.

Pour ceux que la fortune a favorisés, cette solidarité, si j'ose ain>i dire, se raffine. La vie à l'université est organisée pour eux de telle sorte qu'elle est le but de leur adolescence et souvent le regret de leur âge mur. Ils y possèdent les deux satisfactions les plus précieuses à des Anp:lo- Saxons : le home et le club. Tout autour d.bâtiments de II ir\ai-d, de grandes maisons se sont construites, qui n'ont d'autre objet que de loger les étudiants. Dans les plus élégantes de ces maisons, le ClaveidyHall, le Randolph Hall, le Russell Hall, les appartements, qui ne coûtent pas en général moins de deux mille ou trois mille francs et qui sont aménagés pour recevoir deux locataires, comprennent un vestibule, un grand salon, deux petites chambres et une salle de bain. Il en est de très gracieusement installés.

La plus habituelle décoration consiste en photographies, qui représentent les équipes de football, de baseball, de tennis ou d'aviron. Ici encore, l'individu se rattache aux groupements dont il fait partie et se j)laît à s'entourer de tout ce qui l'y rattache. Les niédailles et les rubans des clubs encadrent les photographies sportives. D'un coup d'œil, en s'éveillant, l'étudiant peut embrasser l'ensemble de sa vie sociale.

C'est au club cependant qu'il prend pleine conscience de lui-même. Les clubs, pour un étudiant élégant, sont une grosse dépense. Un sophomore (étudiant de deuxième année) me disait :

— J'ai déjà payé pour plusieurs milliers de francs de cotisations.

On n'en est pas surpris, quand on a le plaisir d'être reçu dans ces charmants asiles d'une jeunesse heureuse. Prenez par exemple YAlphn Delta Phi, qui est celui que j'ai le plus fréquenté. Au rez-de-chaussée, vous avez un grand salon, une bibliothèque, une grande salle à manger; au premier, un salon de correspondance, quelques chambres de repos; au second, une vaste salle où l'on donne des dîners ou des représentations. La disposition est la même et le luxe égal ou supérieur dans une dizîiine d'autres clubs. La cotisation annuelle, bien (lu'élevée, — elle atteint

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souvent huit cents ou mille Irancs, — ne suffirait pas, vu le nombre limité des membres, à équilil»i-t'rlt' huclget, silesancieiis FiT'laicnl l;i[)Ourtout iviiicttic (l'aplomb. L'un donne la maison; l'autre ptMiouvelle' le mobilier; un autre fait un don en ar«;ont. Tous sont heureux de resserrer par une intervention matérielle les liens moraux et intellect uels qui les unissent au « cher vieux club ». (Certains déjà sont entrés dans l'histoire : leur attachement n'en est pas attiédi. Voici, souvenir d'un dîner de l'an passé, une photographie signée de Théodore Roosevelt, qui fut, lui aussi, étudiant de Harvard et membre du club. D'autres jxM'lraits évoquent sur les murs la physionomie des morts illustres. Des plaques de bronze portent les noms de ceux qui sont tombés pendant la ^^uerre de Sécession ou pendant la guerre espagnole. Tout est disposé pour entretenir, élargir et fortifier le sens collectif. J'ai dit comment la vie de club me paraissait être pour les hommes un tonique de l'esprit national. C'est dès la dixhuitième année qu'elle prend les jeunes gens pour les fondre dans le creuset de la tradition américaine.

Cette tendance au groupement ne s'ap[)lique l>as seulement à créer un cadre plaisant à l'existence quotidienne. Il y a des clubs qui, sans aucun souci de confort matériel, répondent sim-

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plement à une idée. C'est le cas, entre beaucoiip d'autres, du Cercle français. Son siège social est constitué |)ar une pièce unique de l'un (!•< dormitoria. 11 a pour objet de réunir ceux d'entre les étudiants qui ont un goût particulièrement vif pour les choses de France. Son président est M. William Wendell, l'un des fils de l'éminent professeur qui a laissi' à la Sorbonne do >i durables souvenirs. C'est sons son patronage que sont organisées les conférences françaises créées, il y a douze ans, par M. James H. Hyde. Les membres du cercle parlent tous couramment notre langue, et Ton ne peut être insensible à la vive sympathie qu'ils marquent à nos idées, à notre littérature, <\ notre caractère national. A côté des conférences, le cercle organise des représentations de pièces françaises. C'est ainsi qu'il a donné déjà, parmi d'autres œuvres de moindre importance, les Précieuses, le Bourgeois gentilhomme, le Malade imaginaire, les Plaideurs, le Barbier, Gringoire. Les étudiants tiennent naturellement tous les rôles, les rôles de femmes comme les rôles d'hommes. Je n'ai pas eu le plaisir de me trouver à Harvard à l'époque de la représentation de celte année. Mais j'en ai connu le succès et j'ai pu juger pai- dos photographies du soin apporté aux cosinines et à la mise en scène,

LA SOC.IKTK

A quoi rêvent ces jeunes gens? Ou mieux à <pioi |it'iisent-ils, et de quoi s'occupent-ils? De Ieni< rindes, oui, sans cloute, surtout aux époques d'examens. Mais m'en voudront-ils de dire que leur existence est trop agréable pour leur donner cet If .ii'Jeur au travail qui naïf le plus souvent (le il ii.m-('<>11l'? L'i'tiidiaiit l'iclie Iravaille assure m ti il moins que l'étudiant pauvre qui, dès l'université, connaît la lutte pour la vie. Celui-ci mène de front ses études, où il voit, avec un bel optimisme, la clef de son avenir, études travaux qu.i-i st'iviles qu'il ne juge pas bumiliants (jnaml ils lui assurent de quoi \ i\ r(\ J'ai rencontré des étudiants qui remplissaient le rôle d' « ouvreuses y> au Symphony Hall avec la plus aiui.dde aisance. D'autres rendent à leurs camarade- {dus fortunés de menus services, font pour eux des copies ou des traductions, s'occupent des soins du ménage, sei'vant à table au réfeciniic, voire cirant les chaussures. L'inégalité dans la camaraderie, sans honte d'un côté comme

ins arrogance de l'autre, prépare à l'inégalité dans la vie. La plaie des démocraties europr-enne<. je veux dire l'envie niveleuse, n'existe pa> i(i. parce que l'on est trop réaliste pour croire que l'égalité des droits p(dili({ne< j)uisse aboutir à l'égalité des ressources, parce que ehacun se résigne à des différences de niveai?

qu'il espère n'être pas (léfinitives, parce que tous, surloul les jeunes, aspirent à monter plus liaut plutol (ju'à abaisser les antres.

Dans les clubs, on cause, on boit des sodas, on joue au bridge plus souvent qu'on ne lit. Surtout, on parle sport avec gravité. Le sport a pour la jeunesse américaine plus d'importance encore que pour la jeunesse anglaise. Bien souvent, en me présentant un étudiant, on m'a dit :

— C'est le chamj)ion du tennis.

Ou :

— C'est le capitaine de l'équipe de football.

Plus rarement on insiste sur les mérites scientifiques ou littéraires qui, visiblement, sontmoins prisés. Il y a de l'excès dans ce respect de la force brutale. En quelque mesure, le pays en bénéficie, puisque la jeunesse universitaire xtrt ainsi de l'école admirablement entraînée à tous les exercices violents. Cependant y a-t-il lieu de s'enorgueillir d'un bras cassé au football autant que d'une victoire gagnée? 11 ne faut pas abuser des « intellectuels » dont la vanité livresque risque de devenir parfois un germe de dissociation nationale. Mais le culte du sport, au degré d'intensité où il se porte en Amérique, est, lui aussi, une déviation et un abus.

Du moins faut-il lui reconnaître une utilité : c'est de protéger ceux qui s'y adonnent contre la

« |V'U> . .iht^tissnnleî des « quartiers latins » de l*;ii'i> on traillt'iii-.-. L' » eut raîneiut'iit in' -aurait se concilier avec les excès variés que résume en soi la vie de café ou de « bar », comme on dit maintenant.' Il en est sans doute, sur les quatre niill»' éludiants de Harvard, ({ui, le soir venu, pu iiiit'iii le car pour Boston et s'en vont retrou- \('i (Il ( irhette des chorus girls de dernier ordre <»n (les promeneuses de Tremont street. C'est une iiilinie minorité. En tout ras l'organisation delà \ i»', les (itniiltoria^ conlié- à la sur\:eillance morale (le professeurs qui y habitent, ne se prêtent pas à celte promiscuité de brasserie, dont on ne sait > il en faut plus redouter les risques physiques on le poison moral. Il n'y a pas place pour ces (( habitudes > paradoxales qui font d'hommes de vifi-l aii<, en plein développement intellectuel, It's sigisbées de filles sur le retour. Les étudiants américains n'ont pas de mérite d'ailleurs à résis- |t'i- plus que les noires à l'ai Irak de ces plaisirs médiocres. Tout contribue à les préserver. Rien ne défend l'étudiant français contre la tentation d'une indépendance illusoire. Et je ne dis pas mie plus tard, ces jeunes gens, devenus hommes, ne se « rattraperont » pas. Mais du moins sauront-ils ce qu'ils font au lieu d'offrir à un noctambulisme niais la proie de leur inexpérience. Comme l'a fort bien montré M. Paul Bourget,

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dans son .idniirable Outre-Mer, le- nni\ t'i->il(-américaines, même Harvard qui ('<t. de inut. <, la plus européenne, se sont gardées de l'imitation trop servile des choses d'Europe. Harvard n'est ni une copie anglaise ni une copie allemande. Elle est Harvard. Et chaque univer>il<'' d'Amérique se glorifie d'avoir sa physionomie proj>re. Sans doute, et cela est naturel, l'élnde {V< littératures étrangères tient ici plus de place, nne [)lace plus générale que chez nous. Il y a à cet égard des modes successives. L'Allemagne, pendant quinze ans, a été investie d'une sorte de monopole. Aujourd'hui on revient aux études françaises. Et le « département » des lancines romanes est plus en faveur parmi les étudiants que le « département » germanique. Mais dans ce goût variable pour les choses du dehors le fond reste invariable. Et ce fond est américain. De même que les ministres des différents cultes cherchent d'abord à faire de leurs fidèles de Imuis Amérie.iins. de même les universités sont pardessus tout des instruments d'éducation américaine. C'est en l'honneur des Etats-Unis (|ne l'enseignement y est donné. Le travail si ienlifique est une sorte d'hommage intellectuel rendu à la gnuideur de la patrie. C'est elle qui, en dernière analyse, doit bénéficier de l'effort, si désintéressé soit-il.

Entre les mille éléments de la vie nationale et cette persévérance, ou mieux ce progrès dans l'être qui e>l la fin «les nations, nous ne sentons pas en Europe un lien aussi étroit qu'en Amérique. Chacun travaille dans sa « partie », avec conscience souvent , avec succès quelquefois, inai> rariMiient avec la préoccupation de coordonner son action avec l'action collective. Les Américains, qu'un temps beaucoup moins long sépare des origines de leur histoire, sentent mienx la nécessité de cette coordination. Peutêtre aussi la liberté plus grande dont jouissent chez eux les individus et les collectivités leur rend-elle plus évidente l'obligation de tendre vers nn l>ut commun. La centralisation des choses tiMuvc -a horne dans l'égoïsme des personnes. La décentralisation américaine tient au contraire en éveil l'esprit de solidarité, parce que cette solidarité devient la condition même de l'existence de la nation. L'unité se dégage de la (li\cisité mieux que de l'identité. Cette loi psychologique est applicable à l'organisation nationale des États-Unis.

Elle l'est notamment aux universités. Moins -avants, moins aflinés (|ue beaucoup de leurs contemporains français ou allemands, les étudiants américains sont, mieux qu'eux, prêts à \i\i( , cl comme on chantait sous notre Révolu-

tion, à vivre pour la patrie. Ils ont le sens litvif d'un devoir à remplir envers elle. La culture du moi ne les sollicite pas. C'est en tant (ju'Américains qu'ils veulent être plus cultivés, j)lus informés, donc plus armés pour l'existence. Le savoir est ici le serviteur de la grandein- aiiK-iicaine. Il n'a pas en lui-même sa propre lin. II ne tend pas au dilettantisme, mais à l'action. Il se sacrifie au besoin à cet objet supérieur, en considérant, au delà des examens qui le consacrent, le pays quia besoin non de « scholars », mais de citoyens. Les universités d'outre-mer ne sont p;is seulement des établissements d'enseignement supérieur : elles sont des centres d'enseignement national.

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