JOUETS DE L'ANCIENNE FRANCE
Avant le Moyen Age, on a peu de renseignements sur les jouets en France. Cependant, on trouve de nombreuses statuettes de fauconnier en argent, en ivoire, en bois de cyprès d'Irlande, mais la plupart ont disparu sans laisser de traces.
Au Moyen Age, si l’on consulte le « Livre des Métiers » d'Etienne Boileau, on constate qu'il n’y a pas de corporation spéciale pour le jouet. Le nom même de jouet sous forme de jué n'apparaît qu’en 1523 dans un inventaire de Marguerite d'Autriche, dressé par Tabourot. À ce moment, les tablettiers limousins ont monopolisé la fabrication des jouets en bois à bon marché. À Paris, on fait des petites flûtes de bois, des sifflets, des billes ; l'autorisation de les fabriquer a été donnée aux vanniers-tourneurs en vertu d’une lettre patente du 24 Juin 1467.
Actuellement, il n’y a pas encore un métier spécial qui consiste à faire des jouets, et s’il y a une Chambre Syndicale des Fabricants de Jouets, les ouvriers sont disséminés dans les syndicats de la tabletterie, de la bimbeloterie, et de la métallurgie.
Au xv° siècle, les jouets étaient vendus par les merciers.
Ces merciers à petits balots qui n'’étalent que des grelots, des boëtes et des poupées, toutes figures étripées,
des tableäux de plastres et de plom un moulinet, un violon,
un chifflet, un cheval de cârte pour Janot, pour Colin, pour Marte, et cent autres petits bijous
pour amuser les jeunes fous.
Les ombres chinoises dont le succès était très vif étaient jouées par la corporation des bateleurs. Îls portaient une sorte de lanterne sur la tête, terminée par un long voile derrière lequel ils se dissimulaient ; sur leurs épaules, ils portaient théâtre, décor, acteurs.
Nous connaissons, grâce aux Mémoires d’Héroard, les jouets que l’on offrait aux enfants au début du xvui° siècle, Et c’est ainsi que de 1604 à 1618, on offrit à Louis XIII enfant, entre autres
Ménagerie dont cheval et singe de poterie,
Chiens de verre et autres animaux faits à Ne- VIS,
Poules et renard d'ivoire,
Carosse avec quatre poupées représentant la Reine, Mme et Mlle de Guise, Mlle de Guiercheville.
On y trouve aussi de petits hommes de plomb ou d'argent et Héroard note qu'il en « dresse des escadrons sur sa table percée, n’en peut partir ».
Plus tard, Louis XIV aussi reçut à l’âge de huit ans des « escadrons de soldats de carte » et on voit qu'en 1650 on dépensa 50.000 écus pour une armée de soldats d'argent, sculptés par Chassel à Nancy et exécutés par l’orfèvre Merlin.
Depuis cette époque et jusqu'à nos jours, le
SRE Je
jouet a peu changé quant à sa forme. Et tous les intermédiaires ont toujours existé entre les jouets de luxe en général faits à Paris et les jouets bon marché. Parmi ces derniers, nous citerons entre autres, ceux fabriqués à N.-D. de Liesse au début du xIx° siècle, qu'on offrait aux enfants lors des processions et qui sont l’origine du nom de « camelote » connu maintenant dans l’argot de tous les commerces.
Au xvir siècle, les importations étaient déjà importantes. Colbert faisait venir pour le Dauphin des jouets d’Augsbourg et de Nuremberg ; du Tyrol venaient des jouets de; bois blanc sculpté ; de Londres et de Birmingham des poupées de cire. En France, l’industrie du jouet était surtout localisée à Nevers pour les verreries et les poteries, et dans le Jura pour le carton peint et les jouets mécaniques.
Actuellement, en France, il n’y a pas de centre spécial depuis la facilité du transport des matières premières et l’extension du machinisme, qui permettent de se passer de main-d'œuvre très spécialisée, au moins pour certaines phases de la fabrication.
Paris et ses environs comprennent la majorité des maisons de jouets de toutes sortes. Le Jura et la Drôme fabriquent surtout des animaux en peau, carton verni, bois, etc... La Moselle et les Vosges tous les jouets en bois, la région de Nantes les jouets de cire et surtout les jouets religieux : arches de
Noé, crèches, etc, etc... La région de Saumur et l'Ain, ainsi que la Meuse, les jouets en celluloïd, la Haute-Saône les jouets en aluminium, La Loire, la région de Saint-Etienne et le Rhône, régions industrielles, fabriquent les jouets en métal ; parfois, des mêmes usines sortent les voitures des adultes et leur réduction exacte pour les enfants. Nous en citerons pour exemple les voitures Renault et les voitures Citroën roulant sur pneus Michelin.
L'exportation du jouet est très importante en France et pour tous les pays. Les importations ont beaucoup diminué ces derniers temps. Elles continuent avec l'Angleterre qui nous envoie des poupées de cire et des jouets mécaniques ; elles ont beaucoup diminué avec l'Allemagne et les centres de l’ancienne Tchéco-Slovaquie. Elles restaient encore assez fortes, mais marquaient un recul pour les jouets bon marché en provenance du Japon. De plus, un décret récemment paru a prohibé, à partir du 10 Mai 1939, l'importation des marchandises japonaises en France et dans les colonies françaises, en dehors de certaines licences, pour la soie et le camphre par exemple.
Quant aux importances relatives des quantités fabriquées de tel ou tel jouet, il est difficile de les préciser. En dehors des jouets classiques dont la vente est à peu près immuable : poupées, animaux, voitures, ballons, etc., la mode influe énormément sur les autres jouets. Parfois, on peut y trouver une explication politique, comme à la faveur dont jouis-