Quam objlciat Cascœ quod objicit. C'est
à-dire d'avoir été un des meurtriers de César. Il est évident que Cicéron n'a pu faire ce reproche à Casca, et l'on n'a pas besoin de regretter qui: nous ne puissions en avoir la preuve écrite, faute des lettres où Cicéron en avait parlé peut-être et qui ne sont point parvenues jusqu'à nous. Il suffit de se rappeler en quels termes Cicéron s'est toujours exprimé sur les conjurés, pour être convaincu qu'il n'a jamais pu médire d'aucun d'eux. Brutus aura cru à quelque faux rapport, ou il aura interprété, au gré de son humeur noire, quelques paroles de Cicéron, oîi il aura cru voir la condamnation indirecte de l'acte de Casca.
4. — Bestiam. L. Calpurnius Bestia. V. 1. 90, n. 29. — 5. — nie Nonas décembres. Le 7 décembre, jour où les complices de Catilina furent mis à mort.
6. — Sed dominum AntonUim timentis. Certes. Cicéron montrait envers Antoine une haine qui semble quelquefois s'attacher plus à la personne qu'au tyran; mais ce n'est là qu'une apparence, et Cicéron avait donné trop de gages de sa haine contre la tyrannie, pour mériter que le sombre et soupçonneux meurtrier de César osât interpréter d'une façon si injurieuse pour Cicéron, ses invectives contre un homme à qui il n'en était pas une seule qui ne fût appliquée justement.
7. — Sakidienum. Rufus Salvidiénus. Il paraît qu'après avoir été courtisan d'Octave, il fut dan? la suite créé consul par ce même Octave; mn> que ne se trouvant pas suffisamment décoré par ce haut honneur, il forma des projets criminels dont la découverte est indiquée par Velléius Paterculus, II, 76, lequel nous laisse ignorer s'ils furent punis.
8. — Dum habeat a quibus... colatur ac laudetur. Tout cela malheureusement pour Cicéron, n'était pas absolument dépourvu de vérité. Il aimait trop la louange et la gloire pour ne pas aimer aussi le pouvoir où on acquiert l'une et l'autre, et pour obtenir ce pouvoir au prix de quelque compromis avec la dignité du caractère. — 9. — Fhilippus. Le beau-père d'Octave.
10. — Bolet me quod tu nunc stomacharis. Je le crois bien. Il n'eût même pas fallu aimer Cicéron comme l'aimait Atticus, pour être révolté de ce ton plein d'une aigreiîr recuite, et de ces injures véritablement brutales. Brutus ne comprenait rien à la révolution qui s'accomplissait autour de lui, et qui emportait la république comme le vent emporte la paille. Les gens qui eussent fait, comme on dit, la part du feu pour sauver le reste, et qui pensaient y réussir l'im-
NOTES
portunaient et le faisaient sortir de son calme stoïque. Comme tous les hommes clairvuvants, Cicoi'on aurait voulu que tout le monde le lût, et comme eux aussi il était influencé par ces considérations de personnes qui sont d'un si grand poids dans les résolutions. C'est ainsi qu'il ne ménageait Octave que dans l'espoir de l'amener à un compromis entre l'ancien régime et le nouveau. Mais par une contradiction singulière, sa clairvoyance à cet égard fut mise en défaut. Soit qu'il eût eu l'imprudence de laisser percer devant lui son ambition personnelle, soit qu'elle n'eût pas besoin de cela pour être devinée, Octave s'en servit pour le bercer, l'endormir et enfin le jouer. 11 faut rendre cette justice à Brutus, il prévoyait ce résultat, et il ne se trompait pas. Son esprit soupçonneux lui tint lieu dans cette occasion de clairvoyance; mais ici on peut dire qu'il l'exerce avec cruauté.
1. — Lepidus, tuus a f finis. V. 1. 774, n. 7. — Prid. Kal. Jun. Le 30 juin. — AnteKal. Septemb. Le 1" septembre. — 2. — De Bolabella quœ volumus, etc. V. 1. 879. — Nonis Maiis. Le 7 mai. — 3. — Consules designatos. Décimus Brutus et Plancus.
Lettre de condoléance qui ne donne lieu à aucune remarque.
1. — Messalœ Corvino. V. 1. 564, n. 3. — Veterem 7iostrum. C. Antistius Vêtus. Cicérou, en l'accueillant ainsi, répondait à la recommandation que Brutus lui en avait faite peu de temps auparavant. V. 1.834. — Matris tuœ. Servilie. — Sororis. Tertia, sœur de la femme de Lépide, et l'une et l'autre sœur de M. Brutus. Elles pressaient Cicéron de faire en sorte qu'on ne rendit pas ies enfants de Lépide solidaires du châtiment infligé à leur père que le sénat avait déclaré ennemi public (1. 883). V. un peu plus bas.
2. — Honoribus ainplissimis, y.'Phi(ipp.\. lo, le détail des honneurs accordés par le sénat à Lépide, sur la proposition de Cicéron.
1 . — Sororis meœ libcros, etc. Cicéron se trompait donc quand il disait à Brutus (l. 883 au com-
mencement) qu'il comptait sur son approbation, à défaut de celle de sa mère et de sa sœur. Brutus au contraire joint ses supplications aux leurs, et elles sont d'une extrême vivacité. Qui reconnaîtrait à ce style l'homme qui écrivait à Atticus la lettre qu'on a vue plus haut (1. 882)? — Kal.Quintil. Le i" juillet.
LETTUE 887.
i . — Cognita senatus auctoritate. Le sénat, effrayé de l'accroissement de puissance d'Octave, depuis la mort des consuls Pansa et Hirtius. avait ordonné à Brutus de revenir en Italie: mais il était trop tard, le triumvirat était en train de se former, il sera un fait accompli It- 27 novembre 711, selon la table de Colocci. — 2. — In soccnim.Q. Fufius Calénus (l. lo, n.4).
3. — Majoribus in rébus experiremur. Cicéron attendait -il de la légèreté de Lépide quelque chose de pire que d'avoir ouvert ses bras à Antoine? Sans doute; mais il ne semble pas encore prévoir ni le triumvirat, ni le rôle qu'y jouera Lépide.
3. — Nemo tribunus plebis , etc. C'est ce relu» ou cette hésitation générale à accueillir la demande du consulat faite par Octave, qui le porte à députer au sénat quelques-uns de ses officiers, un desquels portant la main à son épée, déclara que si Octave n'obtenait pas de bon gré le consulat, il le prendrait lui-même. V. Suétone, Aug.,
4. — Fucjiebam ex Italia, etc. Tous ces événements s'étaient passés l'année précédente. Cici' ron s'est plu à les raconter plusieurs fois. V. l. 773 et 830, n. 8.
b, — Quatefeci Antonium, etc. C'est précisément ce dont le raille Brutus (1. 882), ou plutôt ce que Brutus lui reproche de mettre sans cesse en avant comme autant d'inutiles vanteries.
6. — Hoc adolescentis prœsidium. L'aveuglement de Cicéron sur les intentions d'Octave persiste, comme aussi son obstination à le faire partager à son rude censeur.
7. — Mihi guidera quantulum reliqui est! Cri navrant et véritablement prophétique.
i. — Sacerdotiwn comitia... esse rejecta. V. 1. 839, vers la lin, 849 et 850. — 2. — Domitii, Catûnis, LentuU, Bibidorum. Y. ib., ib. 11 semble par ce pluriel Bibulorum que plus d'un Bibulus (1. 849, n. 1) demandait le sacerdoce. — Scelere Lcpidi. Sa criminelle alliance avec Antoine.
LETTRES DE CIGÉRON.
3. — Exercitus autem Cœsaris, etc. Cette année d'Octave, composée des vétérans de César, montrait de plus en plus sa répugnance à servir la république, et s'attachait à Octave maltraité par elle et plus que jamais suspect au sénat.
4. — Quam siiit incerti animi hominum. Ceci est pour Plancus en qui Cicéron avait vu jusqu'ici un des plus fermes appuis de la république, et qui commençait alors à inspirer de la défiance.
i. — Particulam litterarum tuarutn... Octavio. Cette lettre, qui nous manque malheureusement, devait avoir pour objet de détourner Octave de venger la mort de César par celle de ses meurtriers, et de l'engager au contraire à se réconcilier avec Brutus, en observant cette amnistie que le sénat avait publiée comme le fondement de la paix. On voit ici avec quelle hauteur Brutus qualifie la tentative de Cicéron. Sa lettre est fort belle d'ailleurs et peint son caractère plus fidèlement qu'on ne saurait le faire après lui. Elle reproduit, et presque avec le môme ton de raillerie et d'aigreur, tous les arguments qu'il a déjà fait valoir dans la lettre à Atticus (1. 882), et à peine y observe-t-il assez de ménagements pour nous rappeler que c'est bien à Cicéron qu'il parle, et nous empêcher de croire que c'est de Cicéron qu'il parle à quelque ennemi de Cicéron.
2. — Vide ne convertatur a laiidc, etc. Il y a grande apparence que Brutus donne ici une des causes qui ne furent pas étrangères aux cfTorts de Cicéron pour augmenter la puissance d'Octave. La fureur d'Antoine excitée par les Philippiques ne pouvait être satisfaite que par l'extermination de celui qui les avait prononcées, et l'instinct de conservation, si naturel à l'homme, poussait Cicéron à chercher quelque part la protection qu'il était incapable de demander à soimême et à soi seul.
i. — Matre tua. Servilie. — A. d. IIX Kal. Sexlil. Le 25 juillet. — 2. — Casca, Labeo, Scaptius. Les deux premiers complices de Brutus dans le meurtre de César; le truisième un ami particuHer (1. 827, n. 1) de Brutus.
3. — Est autem gravior et difjicHior, etc. Aveu tardif, mais considérable, qui explique bien l'embarras de Cicéron, et qui est comme le commencement de son repentir de s'être trop engagé envers « cet enfant », adolescentulo et |
puero. Les corrections qu'il apporte un peu plus bas à cet aveu n'en diminuent guère la force.
4. — Obdurescunt... advocem tributi. V. I.80I, n. 3. — o. — Ex centesirha. Le centième était sans doute un impôt de capitation, proportionné à la fortune de chacun. On voit ici que les plus riches n'étaient pas les plus pressés à l'acquitter.
6. — De sororis tuœ filiis non exspectavi dum scnberes. Cela est-il bien vrai et n'est-il pas apparent que les instances de Servilie et de Tertia auprès de Cicéron et auxquelles il se glorifie presque J'avoir résisté (1. 880), avaient pour objet de porter le sénat à ne pas faire peser sur les enfants de Lépide la faute de leur père? Il a pu s'y décider à la fin, mais encore assez tôt pour que cette résolution ait devancé la lettre de Brutus (1. 886) à laquelle il répond. — VI Kal. sextil. Le 27 juillet.
i. — De militum commodis. Ces avantages ou récompenses à décerner aux soldats de Plancus, étaient probablement des terres, et c'est pour cela que Plancus voulait être du nombre des décemvirs chargés de cette distribution (1. 857, n. 2).
2. — Legiones veteranœ très; tironum... una. Quatre légions. C'est aussi l'effectif attribué ailleurs (1. 871) par D. Brutus à Plancus.
3. — Africanus exercitus. L'armée avec laquelle César avait vaincu en Afrique le reste de celle de Pompée, alors commandée par Métellus Scipion, et actuellement sous les ordres de Q. Cornificius (1. 776, n. \, 794, n. 1).
4. — Quod ad Cœsarem attinet, etc. L'armée d'Octave. Elle n'avait garde de répondre à l'appel de Plancus, son chef étant alors trop occupé à négocier avec Antoine et Lépide pour se joindre à eux.
o. — Scis tu quod ad Cœsaris amorem attinet, etc. On peut juger par cette déclaration du peu d'efforts qu'il y aura à faire de la part d'Octave pour gagner Plancus et l'attacher à sa fortune. Le blâme dont il est l'objet à la suite de cette déclaration est fort atténué par elle, et retombe après tout beaucoup plus sur Antoine, Lépide et les amis d'Octave que sur Octave luimême.
6. — Aversissimam illi Hispaniam. Le gouvernement en avait été récemment donné à Lépide; mais Asinius PoUion y commandait une armée considérable, et il passait encore pour être entièrement dévoué à la république.