‹ Notes sur les lettres de CicéronChapitre 18 sur 172 · Catulus. Q. Lutatius Catulus, v · texte numérisé non relu

Catulus. Q. Lutatius Catulus, v

11. — Thalnam, Plautum etSpongiam. Cicéron rassemble à dessein ces trois noms, parce qu'ils se prêtent à une équivoque, ayant tous une ressemblance plus ou moins éloignée avec certains objets de nulle valeur ou de vile espèce, quisquiîiœ. Cicéron offre de nombreux exemples de cette manière de jouer sur les noms. Tous les commentateurs sont d'accord pour trouver ici

un de ces exemples, mais ils ne le sont pas sur la nature des objets qui y unt donné lieu. V. dans Grévius les notes de la 1. 16 du 1"'' livre des Lettres à Atticus.

12. — Desponsatn homini jam Syriam . La Syrie était, avec la Macédoine, une des plus riches provinces consulaires, et le sénat la réservait à ceux qui avaient le plus mérité de la république. Mais était-ce bien le cas de Pison (1. 18, n. 6) à qui il l'avait fiancée? Cicéron n'était pas de cet avis, puisqu'il la lui enleva, comme il dit, estimant que le sénat ne devait pas récompen.ser ainsi un homme qui avait amoindri son autorité.

13. — Bis Lentidum, bis Catilinam. Le premier, P. Cornélius Lcntulus Sura, étranglé en prison, comme complice de l'autre, n avait été absous une première fois du crime de concussion pendant sa questure. On ne connaît pas la cause de la seconde accusation. Quant à Catilina, il ne fut pas deux fois mais trois fois absous : la première, du crime d'avoir fait mourir inhumainemcntMariusGratidianus, cousin germain du père de Cicéron {De pet. Consul., 3); la seconde, du crime de concussion dans sa préture d'Afrique (Ibid.); la troisième, du crime de viol d'une Vestale qui était, dit-on, sœur de Térentia, femme de Cicéron. De si beaux états de services le désignaient d'avance pour commander l'armée de scélérats dont le but était l'incendie et le pillage de Rome.

14. — Pulchellus puer. Encore un jeu de mots sur la figure et le surnom de Clodius; sur la figure, parce qu'il ressemblait à une jeune fille, comme le dit Plutarque dans les Vies de César et de Cicéron; sur le surnom, parce qu'il s'appelait Pulcher, comme tous les membres de la famille Clodia qui était patricienne.

Ib. — Baias. Ce n'est pas sans doute parce que Cicéron était allé prendre des bains de santé à Baies que Clodius lui faisait ce reproche. Clodius entendait que Cicéron n'y était allé que pour s'y livrer aux plaisirs et à la débauche, tout ainsi qu'il aurait pu le faire lui-même.

16. — Homini Arpinati. Personne n'ignore que Cicéron naquit à Arpinum. Remarquez l'insolence aristocratique de ce Clodius qui est à la veille de se faire adopter par un homme de roture, et qui se moque du fils si illustre déjà d'un simple bourgeois de la Campanie.

17. — Patrono tuo. C'est-à-dire a â ta sœur » Clodia. Cicéron la nomme ainsi, parce que cette personne devenue toute -puissante, grâce à ses galanteries avec les personnages les plus considérables de l'État, avait souvent défendu son

frère mieux que ne l'eussent fait les plus habiles avocats.

18. — Arpinatis aquas concupivit. Allusion à l'envie qu'avait eue cette Clodia d'épouser Cicéron. V. Plutarque, Cic. 48. « Aquœ, dit l'abbé Mongault, se prenait chez les anciens dans un sens obscène, par rapport à l'usage qu'on en faisait pour laver certaines parties, après certaines actions. L'empereur Carin, au rapport de Vopisciis {Carin: c. 17), appelait l'eau chaude aquammuUebrem. Comme on le voit ici, Cicéron, à l'occasion de aquiscaldis, passe tout d'un coup du propre au figuré; et encore dans l'oraison Pro Cœlio, 14 : ideo aquam adduxi ut tu ea inceste uterere » ?

1 9. — Rex. Q. Martius Rex avait épousé une des trois sœurs de Clodius. Contre l'attente de celuici, il ne le nomma pas même dans son testament. Or c'était une honte, chez les Romains, pour les parents et amis intimes du défunt, de n'être couché pour aucun legs dans son testament, ou de n'y être pas même nommé.

20. — Nosti enim Marinas. Les commentateurs se sont livrés, à l'occasion de ces trois mots, à des conjectures très diverses et quelquefois un peu lestes. La plus probable est une aventure arrivée à Clodius qui revenait de Cilicie, après le siège de Nisibc; Il fut pris par des pirates', qui ne le laissèrent partir qu'après avoir abusé de lui jusqu'à la satiété ; Ibi piratarum contumelias perpessus, etiam Cilicum libidines satiavit {Dexinisp. Resp. 20).

21. — Concionalis hlrudo œrani. Les tribuns qui flattaient la multitude et qui en voulaient tout obtenir, lui faisaient aux dépens du trésor, des largesses qui l'épuisaient, quand elles dépassaient la mesure tolérée en pareil cas.

22. — Cnœum Ciceronem. On sait assez que Cnéus était le prénom de Pompée.

23. — Auli Vilium. L. Afranius, qui avait été lieutenant de Pompée dans la guerre contre Mithridate, qui le fut encore en Espagne oîi il fut vaincu par César, qui eut le même sort en Afrique où il était allé rejoindre Scipion, qui y fut pris et tué par ordre de César. Il avait été consul en 693, avec Q. Métellus Celer.

, 24. — Consul ille Doterionis histrio7iis similis. Le consul Pupius Pison (1. 18, n. 6). Selon Casaubon ce Dotérion était un comédien dont le roi Philippe se servait pour répartir l'argent au moyen duquel il se faisait si bien ouvrir les portes des villes. Son nom lui viendrait toujours, selon Casaubon, de ce qu'il promettait beaucoup et probablement plus qu'il ne donnait, AoTr,f/wv, quasi dicas donatorcidum, observe

Bosius. On peut douter de cette interprétation. 2o. — Liirco.M. Aufidius Lurcon, que Manuce croit avoir été l'aïeul maternel de Livie, femme d'Auguste. Il est l'auteur de la loi Aufidia citée plus bas, n. 27.

26. — ^lia et Fufia. « La loi Élia, dit l'abbé Mongault d'après Casaubon, ordonnait que lorsqu'on proposerait quelque affaire au peuple, on observerait un grand nombre de formalités qu'il n'est pas nécessaire d'expliquer ici en détail ; il suffit qu'on sache qu'elles fournissaient différents moyens pour empêcher une loi de passer. La loi Fufia défendait de proposer aucune affaire au peuple certains jours. Or, comme le temps des élections approchait et que le sénat voulait que la loi de ce tribun (Lurcon) passât auparavant, il fit un décret par lequel on déclarait ennemis de l'État ceux qui, en vertu des lois Élia et Fufia, s'opposeraient à celle que Lurcon proposait contre les brigues. » Elles furent portées en 59o par les tribuns Q. Élius Pétus et M- Fufius. V. OrcUi, Onomasiîc. Tullian. t. III, p. 128 et suiv. dans VIndex legum.

27. — Claudus homo. La loi Aufidia ne fut point portée) comme l'observe Manuce, mais bien celle de Clodius qui demandait l'abrogation des luis Élia et Fufia. Cicéron {In Pisonem, 4) se plaint que par l'abrogation desdites lois, Clodius ait renversé les murs et les remparts de la paix publique : propugnacula murique tranquiUitatis. Lurcon était boiteux, espèce d'infirme dont la rencontre, pour un Romain, était de mauvais augure. — yi Kal. Sextil. le 27 juillet.

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