‹ Notes sur les lettres de CicéronChapitre 19 sur 172 · HS C1DC13C13. 3,000 sesterces ou 600 francs · texte numérisé non relu

HS C1DC13C13. 3,000 sesterces ou 600 francs

29. — Fabam mimum. Sur cette locution les commentateurs sont copieux, serrés, pleins de recherches et d'érudition. V. Grév. Ad Att. I, p. 121, et s., et ibid. p. 43 des notes de Manuce. Allons au fait. Les enfants tiraient au sort à qui serait roi, et cela au mois de décembre, pendant les Saturnales. Nous avons reporté cette coutume au 6 janvier. Fabam mimum, la farce de la fève, une royauté de théâtre.

30. — Epigrammatis tuis. Ces inscriptions étaient placées sous le buste ou la statue de Cicéron. — 31, — Chilius. V. 1. o, n. 2.

32. — Archias. A. Licinius Archias, le poète pour qui Cicéron prononça la gracieuse apologie qui nous reste. Il était Grec, et le poème qu'il écrivit en l'honneur de Luculius à l'occasion de la campagne de ce général contre Mithridate {Pro Archia, 9), était en grec. C'est sans doute aussi dans cette langue qu'il projetait d'écrire un poème sur Métellus Numidicus ou Métellus

^OTl:s.

Plus, son fils {ib. 10), poème que Cicôron appelle Cœcilianam fabulam, soit parce qu'il doutait (pic le poète persévérât dans son dessein, soit parce que le héros de ce poème portait le nom de Cécilius, comme l'auteur de comédies latines, contemporain d'Ennius. Cicéron se plaint ici qu'Arcliias n'ait encore rien fait pour lui; mais il dit ailleurs {ib. 11) : « Ce que nous avons fait avec vous dans notre consulat pour la conservation de cette ville et de cet empire, Archias a entrepris do l'écrire en vers; l'ouvrage est commencé. « Peut-être est-ce la lenteur que le poète mettait à finir qui arrache ici à Cicéron une plainte un peu sèche et où perce un peu d'humeur. — 33. — Cincius. "V. 1. 3, n. 1.

i . — Vereor ne dum defendo meos, non parcam tuis. Cicéron n'avait-il pas un peu provoqué la susceptibilité d'Atticus, en cherchant à justifier les procédés de son frère Quintus à l'égard de Pomponia? fV. 1. 1, n. 2.) Je veux bien, et cela paraît d'ailleurs hors de doute, que la sœur d'Atticus ait été d'un caractère difficile; mais son mari n'était-il pas quelque peu volage, errans? ^V ib.).

2. — Equestrem ordinem ferre moleste. Les chevaliers, juges de Clodius, auraient-ils donc été plus inaccessibles à la corruption, que les sénateurs et les tribuns du trésor, leurs collègues, pour protester avec cet éclat contre l'enquête? Ou bien l'auraient-ils été tout autant? Car leur protestation s'explique dans un cas comme dans l'autre.

3. — Asiani qui de censoribus conduxerant. Tous les cinq ans, les censeurs affermaient les revenus de l'État, et les chevaliers seuls en étaient les fermiers. Un tel privilège donnait à cet ordre une importance considérable à laquelle se mêlait un peu d'insolence. Cette manière d'être est propre aux gens de finance et vivra autant qu'eux. — Q. Metellus consul designatus. V. 1. 13, n. 1. — Crassus eosimpulit. M. Crassus, 1. 19, n. o.

4. — Lucceium sexto, etc. De ces deux compétiteurs de César, L. Luccéius (1. 6, n. 3) et M. Bibulus, César s'attacha le premier qui avait peu de crédit et une grande fortune, à condition que celui-ci associerait le nom de César au sien dans ses largesses aux centuries. Les grands, instruits de ce marché, et persuadés que César, avec un collègue tout à lui, ne mettrait pas de bornes à son audace, voulurent que Bibulus fit aux centuries les mêmes largesses, et se cotisèrent pour lui en procurer le moyen. C'est ainsi que Bibulus

fut nommé consul avec César (Suét.,Caîs. 19), sans que Pisoii eût à intervenir en sa faveur. — Per Arrium. Q. Arrius, ancien préteur. Ne lit-il qu'espérer son concours à César, ou le lui prèta-t-il en effet? Cette seconde hypothèse est la plus probable, car il comptait obtenir par là l'appui de César, lorsqu'il demanderait le consulat l'année suivante. Mais alors il fut abandonné par César, et il échoua (l. 3S). Il s'en vengea depuis^ en se rangeant dans le parti des grands, duquel était Hortensius(l. 63, n. 11). Voyez sur cet Arrius et sur une médaille à son nom Borghesi, Dissertazione délia yente Arria, I, p. ol-b3.

0. — Cum hoc... se putat posse conjungi. C'était bien de la présomption à Bibulus de penser qu'il pourrait se lier avec César, après s'être naguère hautement déclaré contre lui, étant édile et préteur avec lui. Un sceptique comme Atticus en pouvait rire 5 mais Cicéron avait raison de n'en augurer rien de bon, et la suite de ce consulat n'a que trop justifié sa prévoyance. — Nonis decemb. Le o décembre.

1. — Metellus non horno. L'abbé Mongault, d'après Malaspina et Lambin, dit que ce ne peut être ici que Metellus Celer (1. 13, n. 1), alors consul, mais qu'il n'y eut jamais entre Cicéron et lui une union assez grande pour que Cicéron le mît entre son frère et Atticus. On a vu en effet par les lettres 13 et 14 que, du caractère hautain dont était Metellus, et eu égard à certains actes de Cicéron qui l'avaient blessé, l'intimité entre eux était bien difficile. Il faut donc que Metellus ait oublié ses griefs et soit revenu à ses anciens sentiments d'amitié pour Cicéron; et c'est aussi ce qu'indique fort clairement l'orateur un peu plus loin, lorsqu'il dit à Atticus : Metellus est consul egregius et amat nos. Il semble seulement par les termes

Littus atque aer et solitudo mera,

qu'on lit ici, et qui paraissent être un vers dont Cicéron fait l'application à Metellus, que ce personnage avait trop peu de surface et n'était pas facile à saisir.

2. — Consul est impositus. M. Pupius Pison Calpurnianus (l. 18, n. 6).

3. — Anniversaria sacra Juventatis. Selon Festus, ces fêtes avaient été fondées par la jeunesse et pour elle. On célébrait des jeux à cette occasion. V. la note ci-après.

4. — Memmiussuis sacrisinitiavit. C. Memmius qui fut tribun du peuple en 688, et préteur en

LETTRES DE GIGERON.

696. C'était ua homme d'esprit, mais fort dé- j bauché. Cicéron veut dire que la femme de M. LucuUus, frère de Q. LucuUus qui avait fait la guerre contre Mithridate, avait été vitiata et stuprata par Memmius. Mais comme le fait avait eu lieu aux mystères de celui-ci, Cicéron le désigne par le mot congru d'initiation. Ces mystères étaient en l'iionneur de Cérès. On a des deniers de la famille Memmia qui l'attestent. Yictorius (P. Vittori) en indique la légende (Grévius Ad Att. I. p. 142), mais d'une façon si incorrecte qu'on se demande s'il l'a bien lue, ou s'il en a corrigé volontairementrarchaïsme pour la rendre plus claire. L'une et l'autre suppositions sont très probables. Ce denier si curieux qui porte au droit l'effigie de Roniulus avec son nom QVI- RINVS, offi'e au revers une figure assise de Cérès entourée de cette légende : ME.MIVS. AED. CElUALlA PREIMVS FECIT. Cette légende est donc rédigée en vieille langue latine, comme il convenait à une ancienne famille comme celle des Memmius, et à leur descendant Caius Memmius Gemellus, par les soins de qui cette monnaie a été émise. On n'y voit point figurer le mot CVR joint par Victorius à celui d'AED, addition gratuite et fausse, Memmius n'étant point édile curule, parce qu'il était d'origine plébéienne; on n'y voit pas davantage le CEREALLA. du même critique.

A cette remarque qui m'a été obligeamment communiquée par mon savant confrère et ami M. Adrien de Longpérier, il convient d'en ajouter deux autres : la première que, sauf une fois seulement, le nom de C. Memmius qui, dans les œuvres de Cicéron, reparaît de trente à quarante fois, n'est jamais suivi du surnom de Gémellus. La même omission existe dans tous les auteurs qui ont parlé de Memmius; d'oîi Borghesi et après lui M. Mommsen ont conclu avec raison que les Memmius n'avaient pas de surnom. Une inscription commençant ainsi : L. MEMMIVS. G. F. GAL., etc., semblait toutefois contredire cette assertion; mais Borghesi a prouve que GAL, où l'on avait voulu trouver GALLYS ou GALBIYS, était l'indication de la tribu GALERL\, à laquelle avaient appartenu les Memmius. Une autre preuve que les Memmius n'avaient pas de surnom, est que, lorsqu'il arrive à Lucrèce d'avoir à nommer Memmius au datif ou à l'accusatif, auxquels cas le nom de Memmms ne se prêtait pas à la mesure du vers, le poète est obhgé de se servir des noms de Memmiadœ, Memmiada. quand il eût pu se servir et qu'il se lût servi sans doute, comme l'ont fait d'autres poètes, du surnom de son Memmius, si ce dernier en eût eu un. 11 résulte de là que

c'est à tort que toutes les éditions de Cicéron, y compris la nôtre, portent (1. 493 ou Ad Fam. XIII, 19) C. Memmius Gémellus, tandis que, au témoignage de M. Mommsen, les manuscrits de Cicéron portent C. Mœnius Gémellus, qui a toute l'apparence d'être la vraie leçon. C Memmius, ajoute M. Mommsen, n'est autre chose qu'une conjecture assez mal avisée. (Yoy. Borghesi, ÛEwvres complètes, t. ï, p. iol-lo4.)

La seconde remarque, qui est de M. Mommsen {Eist. de la Mon. rom., trad. Blacas, t. II, p. 514, n. 3), est qu'on n'a pu expliquer jusqu'ici pour quelle raison la famille Memmia a mis la tète de Quirinus sur ses monnaies. Cette famille prétendait être du nombre des familles d'origine troyenne (Servius, ad Mn. V, 117); peut-être faisait-elle remonter sa généalogie jusqu'à Quirinus. Toujours est-il que son nom n'est pas très anciennement cité dans l'histoire. L'apostrophe adressée par Catulle {Carm. XXYIII) à Memmius et à Pison : Oppvobria Romuli Remique, fait sans doute allusion à cette prétention, d'autant plus que les Calpurnius (Pisons), qui étaient plébéiens comme les Memmius, prétendaient descendre de Numa (Plutarq. yuma, 34).

o. — Agamemnonem. Cicéron désigne ainsi L. Lucullus Ponticus, le vainqueur de Mithridate, plus fameux encore par son luxe que par ses victoires. Ménélas est son frère Marcus. Le tribun Memmius, non content d'avoir initié à ses propres mystères la femme de Marcus, s'opposait aussi au triomphe de Lucius. C'est ce que Cicéron veux dire par le mot contempserat. Il faut ajouter ici, qu'outre Cérès qui était honorée par des mystères dans la famille Memmia, Yénus y était également l'objet d'une dévotion particulière. Cette déesse couronnée par l'Amour se voit sur toutes les monnaies des deux frères Memmius (Riccio, pi. LXI, Memmia, n°^ 1 et 2; Cohen, pi. XXVII, Memmia, n° 2, et pl.LIX, n°= 1,2, 3). Yoilà pourquoi, Lucrèce au début de son poème (I, 1-28}, invoque Vénus comme sa. protectrice : Memmiad '■ nostro quem tu, Dea, tempore in ovini... JSneadum genitinx, etc.

6. — Is ad plebem P. Clodium traducit. Cicéron donne ici un croquis des procédés requispour le passage d'un patricien dans une famille plébéienne. L'adoptant ici était un P.Fontéius Capito , d'une famille plébéienne originaire de Tusculum {Pro Fonteio, etc.). Il n'avait pas vingt ans (Pro dvmo, 13) et était imherhis adolescentulus, quoique d'ailleurs il fût déjà marié et eût des enfants i^Ibid. 14), lorsqu'il adopta Clodius qui aurait pu être son père. Quelques remarques sont nécessaires au sujet de cette qua-

NOTES

lificatiun d'imberbis adolescentulus. Chez les Romains, l'enfance finissait à quatorze ans accompli?, et l'adolescence commençait à dix-huit. 11 y avait donc un intervalle de quatre ans entre ces doux âge?, pendant lequel Tindividu était adolescentulus. Ainsi Foulciu? naurait pas encore eu dix-huit ans lorsqu'il se maria et qu'il eut des enfants. Cicéron exagère sans doute, afin de faire ressortir davantage l'extrême jeunesse de Fontéius et l'indécence de l'adoption. Quoi qu'il en soit, ù la fin de ces quatre ans et lorsque les dix-huit ans étaient accomplis, l'individu était aâolescens, et au lieu d'être qualifié d'investis, comme les pueri et \es adolescentuli, c'est-à-dire privé du vêtement de la barbe, veste barbœ, il était vcsticeps ou en possession de ce vêtement, et harhatulus jusqu'au moment où il se rasait pour la première fois, c'est-à-dire à vingt et un ans. A cet âge il était barbatus. V. Juvénal, XIII, V. 55-o9. Les jurisconsultes (Digcst. L. I, tit. 77, 1. 40, i) assignent cet âge à la puberté pleine jusqu'au temps d'Adrien. — On a des deniers qu'on croit être de cet étrange père adoptif, où est représenté un cavalier brandissant un javelot contre un soldat gauloi?, et à côté on lit : M. FONToius, TR. MIL. L'histoire ne fait pas mention de cet événement. V. Mommsen- Blacas, t. II, p. 509.

7. — Quod habet dicis causa... de Clodio. En effet, dès que Clodius, après son acquittement, «iut laissé voir ses détestables intentions, Métellus Céier se déclara hautement contre lui, quoiqu'il fût son beau-frère.

8. — Auli autem filius. L. Afranius. Y. 1. 21, II. 23. Dion, XXXVII, 49, rapporte qu'il était plus habile à danser qu'à régir les affaires de l'État. Nous avons aussi de ces fils d'Aulus. — 9. — Palicanus. V. 1. 10.

10. — Flavius. Lucius Flavius était tribun du peuple, et c'est à l'influence de Pompée qu'il devait son élection. On comprend alors qu'il ait proposé au peuple une loi agraire dont l'objet était de distribuer des terres aux soldats de Pompée.

11. — Togulam illam Y'ictam. Cicéron se moque de la robe triomphale qu'une loi des tribuns T. Ampius et T. Labiénus avait autorisé Pompée à porter depuis ses victoires en Asie, toutes les fois qu'il paraîtrait aux jeux de la scène et du cirque. Velléius Paterculus, II, 40, dit qu'en vertu de la même autorisation, il y portait aussi une couronne d'or, et qu'au reste il n'y parut qu'une fois sous cet accoutrement. V. la 1. 96, n. 2.

12. — Crassus. V. 1. 21, n. 9, où il est désigné par le mot zalvus, le chauve.

CICÉROX. — NOTES.

13. — Piscinas suas fore salias. Tous les sots qui poussent aux révolutions, ou qui, par une lâche apathie, les laissent se préparer à l'aise, en sont là. Ils espèrent toujours, quoi qu'il advienne, sauver leurs viviers, c'est-à-dire leur fortune et les jouissances qu'elle leur procure. On sait le goût des Romains pour les poissons et le luxe inou'i des viviers où ils les élevaient. V. 1. 2j, n. 5.

14. — Ne absens censeàre curabo edicendum. Il paraît que l'absence était un délita Rome, quand on avait négligé de faire consigner cette absence sur quelque registre. Cette formalité était nécessaire surtuut aux approches du dénombrement, opération qui se terminait ou était close par la cérémonie du lustre {lustrum, a luendo). Le censeur tournait trois fois autour du peuple avec les victimes qu'on devait immoler au dieu Mars, et qui étaient un porc, un bélier et un taureau. De là vint qu'on disait lustrare pour circuire, parce que dans toutes les autres lustrations on faisait faire un pareil tour aux victimes. On appelait aussi lustrum l'espace de cinq ans qu'il y avait entre un dénombrement et l'autre. Nous avons conservé ce mot avec la même signification numérique.

15. — Negotiatoris. Le mot traitant, par lequel on traduit negotiator dans le texte, me paraît impropre, ici du moins. Un traitant était autrefois chez nous celui qui se chargeait du recouvrement des impositions ou deniers publics, à certaines conditions réglées par un traite {Dict. de l'Acad.). Je ne veux pas dire que telle n'était pas la situation d'Atticus, y ayant quelque apparence, comme on le verra dans la lettre suivante, qu'il avait eu part à plusieurs traités avec d'autres chevaliers romains, dans l'affaire des Sycyoniens (v. 1. 18) ; mais Cicéron compare ici Atticus à un pur (germanus) négociant qui courait le pays pour ses affaires de négoce, et qui oubliait de rentrer à Rome pour l'époque du lustre.

1. — JEdui. Les peuples de l'Autunois. Les Romains le:) appelaient leurs frères, à cause des marques d'attachement et de fidélité qu'ils en recevaient depuis qu'ils les avaient admis dans leur alliance. Les Séquanais étaient ceux de la Franche-Comté, et les Helvétiens de la Suisse. Ces derniers faisaient des courses dans la Province, c'est-à-dire dans la Gaule narbonnaise; César fut contraint de marcher contre eux deux

LETTRES DE GICEHON.

ans après, les vainquit el les força à rentrer dans leur pays. (De Bell. GaL, 1, 27 et 28.)

2. — Vacationes ne valcrent. On n'était exempt qu'après avoir servi le temps prescrit par les lois. Pour avoir décidé que ces exemptions seraient vainement invoquées , il faut croire que le sénat, s'il n'avait pas peur, était du moins fort inquiet, car lorsqu'on faisait la guerre au delà des Alpes, les exemptions étaient admises ; mais quand on paraissait craindre une irruption des Gaulois en Italie, on n'y avait aucun égard.

3. — Q. Metellus Creticus. Il fut ainsi surnommé pour avoir achevé la défaite des Cretois. Il avait été consul en 684 avec Hortensius.

4. — L. Fiaccus. Le même pour qui Cicéron fit le plaidoyer qui nous reste. Il avait été préteur sous le consulat de Cicéron.

b. — Tb Itz'. zf, cpazTj, etc. C'est comme s'il disait qu'à deux personnages dont l'un avait été consul et l'autre préteur, on en avait adjoint un troisième, Lentulus, qui ne se recommandait par aucuns services éminents; ou bien qu'on accommodait des mauves, ce légume si délicat dont Cicéron se donna un jour une indigestion, avec des lentilles, le plus vil des légumes. Car Cicéron joue sur le mot de lens, lentis, d'où il semble faire venir le nom de Lentulus. Celui-ci s'appelait Cn. Lentulus Clodianus parce que son frère, consul en G81, était passé par adoption de la maison des Clodius dans celle des Lentulus. Il n'avait été que questeur.

6. — Quœ nihil popidare habebat prœter auctorem. La loi de Flavius (lett. 23, n. 10) n'était pas populaire en ce qu'elle avait pour objet de récompenser les soldats de Pompée, et que le peuple proprement dit n'y avait aucun intérêt; elle ne l'était pas davantage en ce qu'elle lésait un grand nombre de particuliers, possesseurs depuis près d'un siècle de terres aliénées par la république et visées par la loi de Flavius. Ce sont ces terres que Cicéron voulait qu'on exceptât, bornant toutefois cette exception aux riches ses amis. L'aveu en est assez cynique. Mais César mit tout le monde d'accord, un an après, en proposant qu'au lieu de retirer les terres qui depuis cent ans avaient été aliénées, on aliénât et l'on partageât celles de la Campanie qui étaient du domaine de la république. — On appelait proprement aiictor legis celui que le lator legis, qui était toujours un magistrat, produisait-devant le peuple, comme appuyant la loi proposée et conseillant au peuple de la recevoir.

7. — P. Mucio et L. Calpurnio. P. Mucius Scévola et L. Calpurnius Pison Frugi, consuls en 620, année où Gracchus fit passer sa loi, et où il

fut tué. Ce Pison écrivit 'des Annales citées 1.

8. — Siillanorum hominum p)ossessiones. C'était le don qu'avait fait Sylla à ses amis, des terres et des biens des partisans de Marius qui avaient porté les armes contre lui. Du nombre de ces terres étaient celles des gens de Volterra et d'Arrezzo.

9. — Pompeio novam potentiam quœri. Le partage des terres demandé par Pompée regardait principalement les soldats qui avaient servi avec lui en Asie, et il semblait au sénat que Pompée voulait se faire donner la commission d'exécuter ce partage. Mais il n'eut pas ce privilège, qui fut accordé à César, lorsqu'un an après, il fit passer la loi, très amendée, de Flavius. V. 1. 32.

10. — De Clodio ad plebem traducendo. V. 1. 23, n. 6. — 11. — il\onar. décembre Le 3 décembre, jour ou Cicéron fit arrêter et exécuter en prison les complices de Catilina.

12. — Epicharmits. Ce vers d'Épicharme, cité par Polybe [ap. Suidam, v. np6/£tpo;) et par Lucien [Hermotimus,il) . l'est aussi par Q. Cicéron [Depetit. consul., 10) qui le traduit ainsi : Sobrius esto,atque illud tencto nervos atqiieai'tus esse sapientiœ, non temere credcve.

13. — Senatores pedarii. On appelait ainsi les sénateurs qui n'avaient point exercé de magistratures curules. Ils n'opinaient qu'après ceux qui avaient passé par ces honneurs, et ils se contentaient de marquer quel était leur avis, en se rangeant du côté des sénateurs qui étaient de ce même avis. Cela s'appelait pedibus ire in sententiam. Lahérius , dans sa comédie intitulée Scriptura, disait « que l'avis des sénateurs pédaires est une tète sans langue » :

Capuf sine lingua pcdaria senteiuia est.

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