‹ Notes sur les lettres de CicéronChapitre 22 sur 172 · S« muUi barbati. V. 1. 23, n. 13, et · texte numérisé non relu

S« muUi barbati. V. 1. 23, n. 13, et

NOTES

Sil

Pline, IX, 30 et 31. — 'Catonem nostimm. Tout le monde connaît ce mot célèbre de Cicéroa sur Caton, et l'endroit où il le dit est à retenir.

22. — Consule in carcere. Le tribun L. Flavius fit conduire en prison (son pouvoir s'étendait jusque-là) le consul Métell us Celer, parce qu'il s'opposait opiniâtrement à la loi agraire. Mais les autres tribuns paraissant disposés à prendre la défense de Métellus, Pumpre effrayé engagea Flavius à mettre en liberté le consul. V. Dion, XXXVII, 50.

23. — Nasica. C'est le même Scipion, beaupère de Pompée, dont il est parlé 1. 10, n. 22. Il descendait d'un cousin germain du premier Africain, lequel fut consul en o()2, et porta le premier ce surnom de Nasica. On ignore de quoi Favonius l'accusait.

24. — Mûloni. Molon, fameux rhéteur de ce temps-là, maître de tous les jeunes Romains qui voulaient s'exercer à l'éloquence, et parmi lesquels furent Favonius et Cicéron. V. Plutarque, Cic. 9. On remarquera le jeu de mots Molis potiicsquam Mohni.

23. — Lucceius. V. 1. 6, n. 3. Cicéron veut parler ici de la demande que fil Lucceius du consulat (1. 22, n. 4).

20. — iVMHC petit iterum. — Favonius voulait absolument être quelque chose, tribun ou édile; il lui fallait, selon lui, le prestige d'une magistrature quelconque dans une conjoncture où les honnêtes gens craignaient tout du prochain consulat de César. Cicéron se raille doucement de cette prétention.

27. — Quod Sicyonii te lœdunt. Si les Sicyoniens ne payent pas Atticus, c'est la faute de M. Caton et de son autre imitateur Servilius (1. 24, n. i'6), qui firent adopter le sénatiis-consulte touchant les peuples libres. On pensait que ces peuples se croiraient exempts de payer leurs dettes.

28. — Vindicem œris alieni. Allusion à Catilina et à ses complices, tous obérés de dettes, et si complètement déçus dans l'espoir qu'ils avaient eu de les payer aux dépens d'autrui.

29. — JSre Corinthio. Jeu de mots sur œs par lequel on désignait à Rome la monnaie en général, parce que, dans les premiers temps, les Romains n'en avaient que de cuivre, et sur l'œs ou le fameux airain de Corinthe. Cicéron manquait de monuments de ce métal pour son Amalthée; car il avait aussi la sienne comme Atticus. V. 1. 18, n. o.

30. — Prognostica mea. C'est le poème des Phénomènes d'Aratus que Cicéron avait traduit du grec en vers latins. Voy. les fragments de cette traduction, t. IV, p. (>31.

31. — Quintili mense. Au mois de juillet. — 32. — Pœtus. V. 1. 2:;, n. \2.

33. — Ad Octavium. C. Octave, père d'Auguste. Il était alors gouverneur de Macédoine, ayant été préteur l'année précédente. Cicéron dit à Atticus qu'il n'avait pas parlé de lui à Octavius, avant son départ pour sa province, parce qu'il ne croyait pas qu'Atticns eût là et dans les autres provinces roniinnes des affaires dignes de sa qualité (V. la note ci-dessous) et de son intérêt. Ses affaires étaient toutes en pays libres comme l'Épire, Athènes et Sicyone. Là étaient en effet le siège des grandes opérations d' Atticus et ses vastes propriétés foncières.

34. — TocuUionihus. Mnt formé sans doute par Cicéron de x6/.oî, usure, to/.jàXiwv, usurier de la plus basse espèce, feneratorculi , lesquels, selon l'interprétation de Turnèbe] fort applicable ici, exerçaient spécialement leur industrie dans les provinces romaines.

\. — S'jvvoasc'v. On lit dans toutes les éditions qui ont précédé celle-ci l'EiNos Ostoi videmnr, ou, comme l'a traduit V, Leclerc : « Il nous regarde'' déjà comme des hommes extraordinaires. » Qu'est-ce que cela signifie? rien, et n'a aucun rapport avec le commencement de la phrase : cura Ciceronem nosîrum, c'est-à-dire « ayez soin de notre Cicéron » ; car il s'agit ici du fils de Q. Cicéron qui était malade chez Atticus. Or, ou' ne se sert guère du mot curare que par rapport aux soins de la santé. C'est la remarque qu'en fait aussi l'abbé Mongault. Mais Muret '(Var. lect., XIV, 7) ayant vu dans un très ancien manuscrit : Cum amabo te, Ciceronem nostntm CINOS CYiNOCTIiN videmur, conjectura de ce teste corrompu qu'il fallait lire : cura, amabo te, Ciceronem nostrum cid nos oyvvoîsîv videmur. Par là Cicéron déclare que lorsque son neveu est malade, il lui semble l'être lui-même. Riende plus naturel que ce sentiment, et particulièrement dans Cicéron qui avait une grande tendresse pour son neveu. On a adopté ici la leçon de Muret.

2. — IlcXXrivatwv. La Hfpublique des Pellcniens, ouvrage de Dicéarque. Ce philosophe avait également écrit, comme on le voit ici, un ouvrage du même genre sur les Athéniens et les Corinthiens. Ce sont ces trois ouvrages que Cicéron appelle ailleurs (1. OOlî) TptnoX-.Ttzov.

3. — ProcUius. M. Mommsen (Hist. d>^ la Mon. Rom., trad. Blacas, t. H, p. 466), à l'occasion d'un denier de L. Procilius, remarque que ce monétaire, le Procilius, l'historien dont il est

LETTRES DE CIGÉRON.

question ici et dont parlent Varron, de L. L. V, 148, et Pline, VIII, leProcilius qui protestait dans le sénat contre une délibération relative à Gabinius (1. 116), et le Procilius sur Icrjuel il courait de mauvais bruits (1. doo) et qui tut condamné pour meurtre (1. 145), sont un seul et même personnage qui jouissait alors d'une certaine réputation pour sa grande connaissance de l'histoire romaine, puisque Cicéron semble hésiter ici entre Dicéarque et lui^ et demande à Atticus son avis à ce sujet.

4. — 'HoùJor,;. Sophiste d'Athènes, auteur d'un méchant livre sur le consulat de Cicéron, avait prié celui-ci par une lettre de lire son travail, et de le conférer avec le propre poème de Cicéron sur le même sujet. Mais il avait lu auparavant ce même travail à Atlicus, auteur aussi d'un écrit analogue; ce qui fait dire à Cicéron qu'llerode l'avait attaqué de loin, eminus, c'est-à-dire par une lettre, tandis qu'il avait attaqué Atticus de près, cominus, en lui lisant son œuvre.

5. — JDe Lollio. On ignore quel est ce Lollius, et de quelle affaire il s'agit. Il y en a un autre, mari d'une certaine Ovia (L 0^2), un autre encore, auteur d'un Éloge de Porcia, sœur de Caton (1. 649), ce dernier donné par l'abbé Mongault pour celui à qui Horace a adressé deux épîtres du livre 1^''. Voyez sur les Lollius, à propos d'une médaille qui porte ce nom, Borghesi, t. II, p. 397 et suiv. Nous ne savons pas davantage quel était Vinius. On trouve dans quelques manuscrits o?eo, vino pourloWiO, Vinio. V. Orclli.

6. — Antonium. C. Antoine, l'ancien consul, collègue de Cicéron. Il était accusé de conci.ssions dans son gouvernement de Macédoine, et il devait être jugé aux calendes de juillet de l'année suivante. On attendait son arrivée à Rome. Cicéron le défendit de nouveau; mais, moins heureux devant les juges qu'il ne l'avait été naguère devant le sénat (V. l. 13 et 16), il n'empêcha pas qu'Antoine ne fût condamné au bannissement perpétuel. Ce procès eut une influence considérable sur la destinée prochaine de Cicéron , faisant brusquer par César l'adoption de Clodius par Fontéius, qui traînait un peu. « Plaidant, dit Cicéron, vers la sixième heure la cause de C. Antonius, mon collègue, je me permis quelques plaintes sur l'état de la république dans l'intérêt de mon client. Des malveillants en firent un rapport infidèle à quelques personnes puissantes (César et Pompée), et le même jour à la neuvième heure, Clodius fut adopté. » {P7'o Dom., 16.) César avait fait ce coup, ayant cru se reconnaître dans les allusions de Cicéron et voulant l'en punir. Trois heures lui avaient suffi pour

faire voter cette loi d'adoption , tandis que pour toute loi quelconque, il fallait l'intervalle de trois nundines ou jours de marché pour qu'elle fût valide. Conf. I. 26, n. 14.

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