Solonium. Autre maison de campagne de
NOTES
CiccTon, au territoire de Lanuvium, sur la route d'O^lie.
7. — Cornélius, hicnc dico Balbum. Cornélius Bailius était de Cadix et avait été fait citoyen romain par Pompée. Il devint l'intime ami de César, et il sera souvent question de lui dans la suite. V. le discours de Cicéron Pro C.Batbo.
8. —CalUope. Titre du III* livre du poème de Cicéron sur son consulat.
9. — Compitaliciis ambulationibus. Les Compitak's, fêtes consacrées aux dieux Lares, étaient ainsi appelées parce qu'on les célébrait dans les carrefours. Elles étaient de celles qu'on désignait sous le nom de ferico conccptlvœ, parce qu'elles étaient promulguées chaque année par les magi^rats ou par les prêtres, soit à des jours fixes, soit à des jours indéterminés (Macrob., Sat. \, 16). Nous appellerions donc ces fêtes fêtes mobiles. 11 paraît ici qu'elles furent célébrées au mois de décembre. Cicéron engage Atticus à venir la veille, ajoutant qu'il aura soin de tenir un bain prêt: circonstance qui prouve, dit l'abbé Mongauit, que Cicéron était alors à la campagne, puisqu'à la ville c'était chez soi qu'on se baignait avant d'aller souper chez ses amis. V. le commencement des notes de cette lettre.
10. — SîospdaTou -spi çiXo-t;ji{aç. Nous avons perdu cet ouvrage comme beaucoup d'autres de Théophraste.
Les conseils que Cicéron, dans cette lettre, donne à son frère qui en avait bon besoin, sont applicables à tout particulier chargé de l'adminictration d'un pays quelconque, si petites qu'en soient l'étendue et l'importance. Ce qui, dans le cas présent, ajoute à la valeur de ces conseils, c'est la manière dont ils sont exprimés, et le mélange de bon sens, de gravité et de tendresse qui les caractérise. — Quintus Cicéron était propréteur de la province d'Asie, dite Asie Mineure. Quoique le gouvernement des provinces romaines ne durât qu'un an, Quintus garda trois ans la sienne, le sénat n'ayant pas jugé à propos de lui donner un successeur. Celte lettre fut écrite à la fin de 693 ou peut-être au commencement de 694.
1. — § 1. A prœtoribus contentio. Cela veut dire que les préteurs qui s'étaient disputé le gouvernement de Quintus, n'avaient pas déployé moins d'ardeur à le revendiquer que Cicéron à en faire décharger son frère; et le résultat eût été au gré de tout le monde, si les préteurs eus-
sent réussi. Mais leurs réclamations ne furent point admises,- et l'on ne sait pourquoi.
2. — Sociorum.... civium. Les Grecs et les citoyens romains; ceux-ci établis dans la province, ceux-là indigènes.
3.^ Nos su7nma necessitudlne attingunt. Les publicains ou fermiers publics étaient, comme il a été dit précédemment, des chevaliers ; et non seulement les chevaliers étaient très attachés à Cicéron, parce qu'il était de leur ordre, mais parce qu'il avait toujours honoré et défendu cet ordre avec toute la passion de l'esprit de corps joint aux affections personnelles. Ainsi, il a raison de dire que la paisible jouissance de leurs richesses est un bienfait de son consulat.
4. — § 2. Non expilatorem récépissé . C'est ce qui n'arrivait que trop souvent dans les provinces romaines, et cela à chaque changement de gouverneur. « Nous envoyons, dit Cicéron {Pro lege ManiL, 5), des hommes capables sans doute de les préserver des attaques de l'ennemi, mais dont l'entrée dans les villes alliées ne diffère guère d'une irruption dans une place prise d'assaut. «
o. — § 3. Tubero. AUienus. Gratidius. Tous trois lieutenants de Quintus et tous trois des plus intimes amis de Cicéron, Le premier est ce Q. Élius Tubéron qui fut son compagnon d'armes, qui était son allié et avait le goût des mêmes études (V. Pro Ligar., l et s.; Pm Plane, il). Le second, Aulus Alliénus, qui fut préteur en 70S, propréteur en Sicile en 700 et proconsul de la même province en 708, était lieutenant de Trébonius en Asie, quand celui-ci fut tué àSmyrne par ordre de Dolabella (P/u'/., XIII, 10 et s.; X1V,3). Le troisième, Marius Gratidius, était d'Arpinum, comme Cicéron dont il était le parent.
0. — Qnœstorum... non delectum. Les questeurs, envoyés en province, étaient en effet tires au sort.
7. — §4. Apparat ion ibus. D'autres lisent apparitoribits. C'est cette dernière leçon qu'a suivie M. V. Leclerc. Mais le sens de la phrase, quel que soit celui des deux qu'on choisisse, au fond reste le même.
8. — Aiinidus. L'anneau était le sceau des magistrats. En recommandant à son frère de considérer à qui il le confiait, Cicéron semble faire allusion à Statius (1. 32), esclave puis affranchi de Quintus, qui avait plus de pouvoir sur l'esprit de son maître qu'il ne convenait à l'un comme à l'autre, et qui avait été cause en partie de toutes les plaintes élevées en Asie contre l'administration de Quintus.
9. — Accensus. Officier civil que nous appellerions aujourd'hui un huissier. Les magistrats les
LETTRES DE CIGERON.
prenaient parmi leurs affranchis. On fait venir ce mot d'accire, la fonction de Vaecensus étant en effet de citer, de convoquer.
10. — Cœsiiis. Chœrippus et Labeo. Tous trois amis particuliers de Quintus, et l'un desquels, Chérippus, était Grec.
a. — § o. Si qiiem es nactiis. Par ce quem il désigne le negociator romain, ou l'homme d'argent, prêt à tout faire pour de l'argent, et à faire argent de tout. Cicéron peint cet homme dans •tout ce paragraphe.
12. — § 6. Vt si iter Appia via. C'est-à-dire près et en vue de Rome. — 13. — Trallis. Tralles, ville de Lydie, du gouvernement de Quintus. — 14. — Formias. Formies, ville de la Campanie. Cicéron y avait une villa.
la. — Faconii... Tiiscenii. Deux coquins que ie frère de Cicéron avait méchamment troublés dans la perpétration de leurs usures et de leurs rapines.
16. — §7. C.Octavius. Octave, père d'Auguste ( 1. 26, n. 33). « 11 montra dans sa province (ia Macédoine) autant d'équité, dit Suétone (Ar/g., 3), que de courage. Il traita si bien les alliés que M. Tullius Cicéron , dans plusieurs lettres qui existent encore, exhorte son frère Quintus, alors proconsul en Asie, où il se faisait une assez méchante réputation, à imiter son voisin Octavius, et à bien mériter comnae lui des alliés de la république. » Par oii l'on voit que tout n'était pas à louer dans la conduite de Quintus et que les conseils de son frère n'étaient pas superflus.
17. — Fi'imuslidor qidevit. Quievit, ditManuce, c'est-à-dire dicendi locum unicuique concessit, comme si c'eût été la charge du premier licteur, celles des autres étant d'éloigner la foule du tribunal, et de lui imposer silence.
18. — § 8. Cy?'us nie... non ad historiœ fidem scriptus. A'oilà qui est net : les Romains ne croyaient pas à la vérité des faits historiques rapportés dans la Cyr'opcdie. Voir les dissertations de Fraguier, de Banier et de Fréret, dans les Mémoires de l'Académie des inscriptions et belles-lettres, t. II, p. 34; \T, p. 400; IV, p. 588. — Ule Africanus. Scipion Émilien, le second Africain.
19. — § 0. HS ce. 200,000 sesterces, ou 40,000 francs. Ce beau paragraphe n'a pas besoin de notes; il est d'une clarté admirable et préconise des maximes de gouvernement plus admirables encore. Quelque jour Cicéron, quand il sera gouverneur de la Cilicie, les fera passer dans la pratique, et refusera pour soi-même comme il les refuse déjà et comme il engage son frère à les refuser, les statues, les temples et les fêtes que la reconnaissance des peuples vou-
drait lui décerner. Sur les honneurs rendus aux gouverneurs des provinces pendant la république, lisez la dissertation de l'abbé Mongault, dans le t. I, p. 333 des Mémoires de l'Académie des inscriptions. Il y remarque entre autres, à l'occasion des temples érigés par les provinces à leurs proconsuls et des fêtes religieuses célébrées en l'honneur de ces simples mortels, que les Gaulois ne se déshonorèrent jamais par cette folle adulation. Cela est vrai, sauf pourtant qu'ils ont canonisé deux empereurs, Charlemagne et Napoléon; mais cela leur coûta si peu d'efforts qu'il ne vaut pas la peine de les chicaner là-dessus.
20. — § 10. Plato. Plusieurs écrivains, poètes, philosophes et hommes d'Ktat, se sont également bercés de la chimère de Platon, savoir que les États seraient plus heureux, s'ils étaient gouvernés par des philosophes et des sages. Un seul jusqu'ici, Marc-Aurèle, semble l'avoir réalisée, au moins en partie, car pour le roi de Prusse, Frédéric II, que Voltaire, Dalembert et tout le fretin de la philosophie ont prétendu ressembler à cet empereur, c'est une mauvaise plaisanterie dont ils s'amusaient entre eux, mais qu'on ne saurait, ni en France, ni en Prusse même, prendre au sérieux, sans s'exposer à être sifflé,
21. — § H. Publicis maie redemptis. 11 n'était pas aisé à Quintus de suivre la recommandation de son frère; car comment contenter à la fois ces publicains qui, outre qu'ils étaient chevaliers, c'est-à-dire amis des deux frères, avaient accepté des baux inférieurs aux revenus de la province, et les empêcher de se récupérer par des exactions? Il y fallait en effet, comme dit Cicéron, une vertu toute divine, et il est assez probable que Quintus n'eut cette vertu qu'en fermant les yeux.
22. — Vectigaï... quod Sylla descripserat. Cet imfàt, selon Plutarque, Lucull. 36, était de 20,000 talents ou 93,37o,o00 francs, et il avait été payé di'jà deux fois. Au temps de Lucullus, « les fermiers et gabeleurs romains l'avoient fait monter, en amassant et accumulant toujours usures sur usures, jusques à la somaie de six vingts mille talents qui sont 72,000,000 d'or, » ou 500,250,000 francs.
23. — Quam Rhodiis penderent. Le dictateur Sylla avait établi, en effet, que le tribut des Cauniens serait versé dans le trésor de Rhodes. Mai» il paraît que lorsque les Rhodiens remettaient ensuite les fonds déposés chez eux, aux agents romains chargés de les recevoir, il y avait des déficits que les Cauniens étaient requis de combler. Ces peuples avaient donc raison de demander la suppression d'un intermédiaire infidèle tel qu'étaient ou paraissaient être les Rhodiens.
NOTES
24. — § 12. Lcgem ccnsoriam. L'action de contracter des abonnements ou des baux avec les fermiers des impôts, était une charge imposée par la loi aux censeurs, de môme que la surveillance de tous les agents du fisc dans les provinces.
o;;. — § ifi. Iq cinquième acte et non le troisième était le dernier d'une pièce de théâtre , et était censé le plus parfait. C'est ainsi que devait être la troisième année dugouvernoment deQuiiitus, non parce que cette année étaitce qu'un troisième acte est à une comédie, mais parce qu'elle était la dcnu'ére et, à ce titre, devait être parfaite comme était censé l'être un cinquième ou dernier acte. Cette remarque de Manuce est très juste, et c'est à tort qu'on a conclu des paroles de Cicéron que les pièces de théâtre romaines n'a- ■ vaiont que trois actes.
\. — Sernpionis. Sérapion était d'Antincho. Il est l'auteur d'un ouvrage de géogranliie. Pline le nomme dans son Indice du livre II, et Cicéron y revient dans les 1. 32 et 33.
2. — Titinio. Q. Titinius, ami de Cicéron et d'Atticus. Il faisait, comme on le voit, profession de prêter de l'argent, et il avait quelque démêlé à ce sujet avec Pomponia, sœur d'Atticus et femme de Quintus Cicéron. — 3. — CIoiUiix... ad Tùjranem. V. la note qui suit.
■'t. — Syi'piœ conditione. Ce mot de Syrpîa a donné lieu à des commentaires aussi nombreux que contradictoires. Il y en a de Corradus, de Malaspina, de Turnèbe, de Bosius, de Junius, de Popma et de Gronovius, c'est-à-dire pour tous les goûts. Il vaut encore mieux s'abstenir, comme Manuce, faute de lumières suffisantes pour se guider dans cette obscurité. Rien n'empêche pourtant de croire qu'il était arrivé quelque malheur à ce Syrpias, et que Cicéron fait secrètement le vœu qu'il en arrive autant à Clodius pendant son ambassade. Cicéron avait essayé, comme on le voit ici, de se la faire donner. Cette ambassade avait pour objet de porter à Tigrane la confirmation du traité que Pompée avait fait avec ce prince. Jusque-là Lucullus et ceux de sa faction avaient empêché que tout ce que Pompée avait réglé dans ses nouvelles conquêtes d'Asie ne fût confirmé par le peuple; et ce fut une des principales raisons qui engagèrent Pompée à se lier avec César; alors il obtint tout ce qu'il voulut. V. Dion, XXXYIII.
5. — Ad liberam legationem. Les sénateurs sollicitaient une légation libre, c'est-à-dire un titre
sans fonctions, afin d'avo'f la liberté d'être longtemps absent de Rome, ce qui ne leur était pas permis autrement, et aussi afin d'être reçus avec plus d'honneur dans les provinces où ils allaient.
6. — Quum Quintus noster... in otio conscdcrit. Quintus, comme on l'a vu dans la lettre précédente, était entré dans la troisième année de son gouvernement d'Asie. Il pensait que ce serait la dernière,* il alla cependant jusqu'à la quatrième et ne quitta sa province qu'en (j'JC-97, comme l'attestent les cistophores qu'il fit frapper dans ces deux années-là. Sur les cistophores, V. 1. 32, n. 11.
7. — Saccrdos Bonœ Deœ. Clodius, qui avait si bien officié dans la maison de César. V. 1. 16, 18. — Crasso invidere. V. 1. 19, n. '6.
8. — Quercum Dodonœam. Dodune était en Chaonie, partie de l'Épire et, à ce qu'il semble, dans le voisinage des propriétés d'Atticus. — 9. — Philotimo.' Philotime, affranchi de Térentia, son homme d'affaires et aussi celui de Cicéron.
10. — Vettium. Chrysippus Vetlius, affranchi, architecte et élève de l'architecte Cyrus(l. 28), et dont il est parlé dansQuintilien,VI, ch. 3, lequel en rapporte un bon mot.
H. — De muro. La maison de Cicéron qu'il avait achetée de Crassus (1. io), et celle de son frère, sur le mont Palatin, étaient contiguës, et le mur mitoyen qui menaçait ruine penchait du côté de Quintus, comme l'indique clairement la dernière phrase de cette lettre.
1. — JEgyptum visere. César et Pompée avaient fait reconnaître pour allié du peuple romain Ptolémée Aulètes, roi d'Egypte, qui chancelait alors sur son trône, et que cette alliance devait raffermir. (V. 1. 42, n. 6.) Il fut alors question d'envoyer une ambassade à Alexandrie, et César et Pompée avaient jeté les yeux sur Cicéron pour la lui faire donner et l'éloigner de Rome oii sa présence les gênait. Cicéron de son côté était assez disposé à accepter; à la fin, il refusa et s'en repentit, comme on le verra dans la suite.
2. — AioÉoiiai, etc. Iliade, VI, 42, et XXII, 1 Oo. Ce vers était passé en proverbe, et Cicéron trouve assez fréquemment l'occasion de le répéter et de se l'appliquer. Par le second vers du même poème, XXII, v. 109, cité deux lignes plus bas, Cicéron compare Caton à Polydamas, parce que celui-ci censurait Hector, et qu'il lui ferait honte.
LETTRES DE CIGERON.
s'il rentrait dans les murs de Troie sans avoir combattu contre Achille.
3. — Theophanes. 11 était de Mitjlène, ami de Pompée dont il écrivait l'histoire, et sur l'esprit duquel il avait beaucoup de crédit. Il en est encore parlé dans plusieurs lettres. II paraît ici avoir servi d'intermédiaire entre Pompée et Cicéron pour l'ambassade d'Egypte.
4. — Quid Arrius narret. Q. Arrius, l'ancien préteur. Il était ami de Crassus qui, après s'être engagé à le faire nommer consul , comme César avait dû s'y engager lui même (I. 22, n. 4), lui manqua de parole aussi comme César, parce qu'il s'était lié depuis avec ce dernier et Pompée, et que Pompée et César patronnaient Gabinius et Pison Césoninus qui furent élus en effet.
o. — Servius Sulpicius. Il ne fut pas nommé, quoi qu'on en eût écrit à Cicéron ; ce fut Gabinius. Il ne le fut que sept ans plus tard avec Claudius Marcellus. Servius Sulpicius Kufus était de famille patricienne, et ami particulier de Cicéron. C'est à Cicéron qu'il écrivit cette belle lettre (la oVl") sur la mort de Tullie, lettre citée comme un modèle du genre. A. Gabinius était de famille plébéienne et fut le premier et le seul consul de cette famille.
6. — Nepos. Q. Métellus Népos, frère de Métellus Celer (V. 1. 13 et 14). Il avait été envoyé en vertu d'un sénatus-consulte, lui tribun du peuple, qiiam novum! s'écrie Quintilien, IX, 3, auprès de Pompée pour affaires de la république; et, comme il fallait, d'après la loi, être à Rome pour obtenir la dignité d'augure, et solliciter en personne, il n'était pas possible que Népos, quelque envie qu'il en eût, pût satisfaire à ces deux conditions. Cicéron fut tenté de se mettre sur les rangs; c'était la seule chose à laquelle auraient pu le décider César et Pompée, isti, comme il les désigne avec mépris; mais il ne paraît pas qu'ils y aient songé. 11 n'y arrivera que plus tard. — Les augures formaient un collège. Leur fonction consistait à deviner l'avenir par le vol des oiseaux, le chant et l'appétit des poulets. On conçoit qu'exercée par des gens d'esprit comme Cicéron, par des personnages de la plus haute naissance et ayant rempli les premières charges de l'État, une fonction de ce genre mît les titulaires dans le cas de ne pouvoir se regarder sans rire. Peut-être en était-il de même chez les aruspices, officiers d'un ordre très inférieur aux augures.
7. — Curtio. M. Curtius Postumus. Il était sans valeur et avait la manie de faire l'important; Cicéron n'en parle guère qu'avec mépris, et quelquefois avec dégoût. V. par exemple les
lettres, 349, 3o2, 3o3, 393. On ne sait en quelle charge on lui destinait un successeur.
i. — Laccrtos. On croit que ce poisson est le saurus. Il y en avait plusieurs genres (Plin., XXXII, o3). Si l'on regarde à son nom latin, ce devait être en effet une espèce de lézard de mer.
2. — Eratosthcnes... a Serapione et Ilipparcho. Ératosthène était de Cyrène, contemporain et bibliothécaire de Ptolémée Philopator, et fut à la fois historien, grammairien et astronome (^■. Vossius, de Eistor. grœc. l, 17). Ilipparque était de Nicée et fut le premier des astronomes de son temps. (Id. de Scient. Mathemat., cap, 33.) Vossius ne le cite pas comme géographe. Pour Sérapion, V. 1. 30, n. !..
3. — Tyrannion. Il s'appelait Théophraste, et avait reçu le nom de Tyrannion, parce qu'étant enfant il malmenait ses condisciples. C'est Suidas qui le dit. Il était d'Amasie et fut le maître du géographe Strabon. Amené captif à Rome par LucuUus, après la défaite de Mithridate, il y acquit l'amitié de Lucullus, de Pompée et des deux Cicéron, dont il éleva les fils.
4. — Ilic an Antium considam. La maison de Cicéron n'était pas à Antium même, mais dans le voisinage.
0. — Duiimvirum. Antium était une ville municipale, ayant comme toutes les villes de ce genre, des duumvirs qui y étaient ce qu'étaient les consuls à Rome. — 6. — Buthroti. Ville d'Épire. V. 1. 1.
7. — Vatinius. Pour avoir une pleine connaissance de P. Vatinius, il faut lire l'invective que Cicéron prononça contre lui et qui nous est restée. Il était alors tribun, et il fut le principal instrument de César dans les violences de celuici contre le consul Bibulus, son collègue, et contre l'autorité du sénat.
8. — Ex vicjintiviris. César avait fait passer la loi agraire proposée l'année précédente par le tribun Flavius (V. 1. 24, n. 6 et 9), et s'était fait autoriser à nommer vingt commissaires pour le partage des terres.
9. — Itaque àvs/.ooTa. Ces anecdotes étaient un tableau des actes de sa vie politique, dans lequel il attaquait et satirisait César, Crassus et d'autres citoyens plus ou moins fameux qui l'avaient contrecarré, et qu'il avait combattus avec tant d'énergie pendant et depuis son consulat. Ce livre portait le titre de De suis consiliis. Suivant Dion (XXXIX, 10), Cicéron le remit scellé à Tiron, son
NUTLS.
affranchi, avec ordre de ne point le lire ni le publier avant sa mort. On suppose que c'est le même écrit que Cicéron se proposait de ne communiquer qu'au seul Atticus.
10. — Thcopompino gcnere. Théopompe, natif de rhio et disciple d'Isocrate, avait écrit une histoire satirique de son temps en 158 livres, où il traitait « des faits etgestesduroy Philippus» et où il ne le ménageait pas plus que les autres. V. Amyot, PhUip., 4, Denys d'Haï,, Proem., du livre \", et Athénée, III.
11. — Cistophoro Pompeiano. Le cistophore est une didraduno frappée dans les villes grecques de. l'Asie Mineure occidentale, pendant le premier siècle avant notre ère. On en connaît dePergamc d'ahord, puis de Smyrne, de Sardes, de Thyatirc, de Parium, d'Adramyttium, d'Apamée, d'Êphèse, deTrallcs, de Laodicée, de Nysa. Pompée en fit frapper, comme on le voit ici; les deux Cicéron, Quintus en C9C-G97, et Marcns en 70:5-704, firent de même. Enfin, tous les vainqueurs de l'Asie en introduisirent à Rome des quantités immenses lorsqu'ils iriomiihèrent. — Le nom de cistophore venait de ce que cette monnaie porte la ciste mystique de Gérés. On en attribue l'origine aux grandes compagnies religioso-draraatiques dionysiaques. Elle a été la monnaie la plus populaire du monde ancien, avant l'empire. Le poids moyen est d'environ i2 gram. 60. « Dire ce que cela vaut à la Bourse d'aujourd'hui, n'est pas chose aisée, comme me le faisait remarquer avec son esprit habituel M. de Longpérier, car la comparaison des valeurs monétaires de différentes époques est le plus grand miroir aux alouettes » où les calculateurs les plus habiles vont se brûler les yeux. « La vérité est, me disait-il encore, qu'au temps de Cicéron, on pouvait payer décemment un avocat avec des cistophores, pourvu qu'on en donnât assez. » Outre beaucoup d'écrits sur les cistophores tout à fait inutiles à lire, il existe deux traités sur la matière : 1« Alexandri Xaverii Panellii, e societate Jesu preslyteri, De Cistophoris, L^on, llZi\ in-4'; 2° Max Pinder, Uber die Cistophoren (lu à l'Académie des inscriptions le 4 novembre 18o2), in- i°, 8 planches. Ce dernier ouvrage est excellent. Naturellement le P. Panel n'en savait pas autant que M. Pinder ; mais tous deux sont des travailleurs dans la meilleure acception du mot, et tous deux également dignes de nos resjiects. Il serait impossible de dire combien de fois on les a pillés. Le cistophore portait le nom du proconsul romain qui l'avait fait frapper, celui de la ville où cette opération avait eu lieu, et celui du magistrat de ladite ville.
i. — Degeographia. V. la lettre précédente. — 2. — Ne laudarem eum. Pompée. V. 1. 3d. — 3. — Maximede legatione. L'ambassade de Clodius vers Tigrane. V. 1. 30.
4. — Patricios salutare non soient? C'est comme s'il disait : faut-il être ou faut-il so faire peuple pour mériter les coups de chapeau des rois d'Arménie? Ces rois n'avaient salué jusqu'ici que les patriciens.
o. — Latoribus et auspicibus legis curiatœ. Ces porteurs de la loi curiate, c'est-à-dire soumise au vote du peuple par curies, ainsi qu'il était nécessaire pour valider les adoptions, sont César et Pompée, l'un comme consul et l'autre comme augure.
6. — JJnus vir. Jeu de mots sanglant pour César et bien mérité. Nous aurions peine à comprendre aujourd'hui qu'un particulier qui répudie sa femme, qui sait assez, quoi qu'il en dise, pourquoi il la répudie, qui enfin a tous les jours sous les yeux l'homme, cause notoire de cette répudiation, se fasse le protecteur t=t le patron de cet homme, s'associe à ses desseins pervers, les appuie de toutes ses forces, et le serve en un mot comme il servirait son ami le plus intime. C'est qu'en agissant ainsi César n'espérait pas seulement s'assurer la réciprocité de Clodius à l'égard de ses propres desseins, il travaillait aussi à se venger de Cicéron à qui il ne pardonnait pas de l'avoir réduit ù se défendre de toute complicité avec Catihna, et à l'en punir par le moyen de Clodius, une fois que celui-ci, élu tribun du peuple, serait assez puissant pour lui faire du mal. (V. 1. dS, n. 14.)
7. — iV^e m xiginti quidem. Les vingt commissaires pour le partage des terres de la Campanie. V. la lettre qui précède, n. 8. — 8. — lUa opima. La charge de commissaire.
9. — Druso PisaiirensL De tous les Dnisus nommés par Cicéron on ne sait lequel portait le surnom de Pisaurensis. Il y en eut un en 704, Cicéron étant en Cilicie, renommé pour ses débauches. On en fit un juge des infractions à la loi Scalinia ou Scantinia (V. 1. 283), loi portée on ne sait quand par le tribun Scatinius contre les gens adonnés au vice contre nature : in molles et effeminatos qui nefanda Venere utebantur. Ce qu'il y a de plaisant est que quand Célius annonçait à Cicéron cette nouvelle, il était accusé luimême de ce vice (1. 28i), et que ce Drusus était probablement chargé d'informer contre lui.
10. — Epuloni Vatinio. Cicéron appelle ainsi Vatinius, par allusion à deux banquets auxquels
LETTRES DE GICERON.
celui-ci venait d'assister, l'un chez Faustus, l'autre chez Q. Arrius. Cicéron donne de curieuxdétails sur ces deux banquets dans son invective contre Vatinius, ch. 12 et 13- — dl. — Arrius. V. 1. 22, n. 4 et 1. 31, n. 4.
1 2. — Hœc sanguinaria jiiventus. Cette jeunesse qu'ailleurs (l. 19) il appelle barbatuli.
13. — Megabocchiis. Les commentateurs y compris l'alihé Mongault et les auteurs même de notre traduction, ont vu dans ce mot un nouveau sobriquet de Pompée, comme ceux de Sampsicèramus et à'Ahibarchcs (1. 40, n. 3 ; 43, n. 5). D'après Orelii, c'est une erreur, et Mégaboccus ici ne serait autre que le C. Mégaboccus, qui sur les plaintes des Sardes, fut condamné avec T. Albucius, sans doute pour concussion. V. Pro Scauro, 13.
14. — Ex ipsis quinque viris. Sur les vingt commissaires (V. n. 7), on en détacha cinq pour l'établissement d'une nouvelle colonie à Capoue, à la lête desquels était Pompée. Les quinze autres durent être répartis, au nombre de trois, de cinq et de sept, sur d'autres points de la Campanie, et prendre alors les noms de triumviri, quinqueviri et septemviri.
13. — Loqui quùsdam. Sans doute contre César et Pompée. — 16. — Sophocles. Ce vers est cite par Stobée, sans indiquer de quelle pièce il est tiré. — 17. — De muro. V. 1. 30, n. H .
18. — Casf rictus. Négociant romain en Asie {Pro Fîacco, 31), pendant le proconsulat de Quintus Cicéron dans cette province.
19. — [CIO]. Texte corrompu. On a traduit par 13,000 sesterces, ou 3,000 francs. — HS XXX. 30,000 sest. ou 6,000 francs. — 20. — Aristodemo. Personnage inconnu.
1. — XVI K'ii. Mai. Le 16 avril. — 2. Et scito Cw'oncm. On a vu 1. 23, n. 14, que Clodius, en se faisant plébéien et en briguant le tribunat, avait pour but d'attaquer les grands, et principalement César et Pompée dont l'union avec Crassus, ourdie dès l'année précédente, sous les consuls Métellus et Afranius (V. Horace, Od. II, 1 : Motum ex Mctello consule cii-icum, etc.) n'allait'pas tarder à devenir le premier triumvirat. Clodius avait sans doute le même dessein à l'égard de Cicéron. Mais on voit ici qu'il voulait le tàter auparavant, et savoir de lui si ses vues en seraient approuvées. La commission dont il chargeait Curion, comme lui .hostile alors à César, Pompée et Crassus, indique qu'il croyait Cicéron dans les mêmes sentiments.
et il lui avait dépêché Curion pour lui faire des propositions d'amitié.
3. — Saufeium putes. L. Sauféius, chevalier romain, de la secte d'Épicure, mais d'un ordre réformé; car il était laborieux, se levait tôt et se couchait tard. V. 1. 8, n. 1. — 4. — Parilibus. Fêtes de Paies, qui se célébraient le 12 avril, date de la fondation de Rome. V. Ovide, Fastes, IV, v.
3. — Cratera. Golfe entre le promontoire de Misène et celui de Minerve, sur lequel Baies était située. — A7ite diem XVI KnJ. Mai. Le 16 avril. — Kal. mai. Le l'^'" mai. — Non. Mai. Le 3 mai. — A IV ad prid. Xon. Mai. Du 4 au 6 mai. — Ad Kal. Jun. Le i" juin.
LETTRE 3o.
1. — Q. Cœcilius. Q. Cécilius Bassus qui fut questeur sous le consulat de César et de Bibulus.
2. Illa Boôjniç. Clodia, sœur de Clodius, qu'on disait être comme la déesse aux yeux de bœuf, Junon, femme de son frère.
3. — Ilierosolymarius. Pompée qui, après la mort de Mithridate, avait pris Jérusalem.
4. — Traductor adplebcm. Ainsi qualifié, parce qu'il appuyait fortement la loi du tribun Herennius, ayant pour objet de faire passer Clodius dans l'ordre des plébéiens (V. 1. 23, n. 6; et 1. 26, n. 14). Cependant l'approbation de Pompée ne lui avait été accordée que parce que Clodius avait promis de ne point s'attaquer, étant tribun, à Cicéron. On sait assez comment il tint sa promesse.
b. — Cynico consulari. Cicéron lui-même, qui s'était attiré ce nom par la liberté et le mordant de ses bons mots, et que Clodius n'était pas le seul à lui donner. Caninam facundiam exercuit, dit Appius, frère de Clodius, à en croire Salluste, cité par Lactance.
6. — Tritonibus piscinarum. Hortensius, LucuUus et autres, on l'a déjà dit (1. 23, 23 et notes), qui étaient les Tritons de leurs viviers.
7. — Minore sonitu quam putaram orbis hic, etc. Métaphore tirée d'un jeu' que les Grecs appelaient ■/.s!/.r,Xaa!x (de zptx.oç, anneau et Xa^to?, hérissé, garni), et où il s'agissait de faire tourner un cercle garni d'anneaux avec tant d'adresse et de rapidité que le bruit produit par les anneaux en devînt presque insensible. Il manque certainement quelque chose à cette définition qui est de Bosius {ap. Grœv. Ad Att. l, p. 223); on n'y voit pas comment on s'y prenait pour faire tourner ce cercle. La même métaphore est reproduite
NOTES
]. 47. Orbis hic, est évidemment le triumvirat de César, Pompée et Crassus, désormais un fait accompli.
8. — Culpa Catonis. V. 1. 19, 21 et principalement 1. 22, 23 et 2G, au sujet de son opposition contre les publicains d'Asie.
9. — Micnn kgcm. V. 1. 21, n. 26. Les lois Junia-Licinia et Cccilia-Didia ordonnaient l'une et laulre qu'on ne soumctlrait au vote aucune loi, qu'après l'avoir auparavant affichée pendant trois nundines ou foires consécutives, et de plus a[)iès certaines autres formalités dont César s'était affranclii, lorsqu'il fit passer ses lois. D'autre part, la loi Licinia stipulait qu'il serait interdit au magistrat auteur d'une loi votée, de nommer commissaire pour l'exécution aucun de ses collègues, de ses parents ou alliés. César l'avait manifestement violée en nommant commissaire pour la distribution des terres de la Campanie Attius Balbus, son beau-frère. V. sur ces lois Orelli, Onom. TulL, t. III.
10. — Oui régna, prœdia tctrarchis. Cela regarde Pompée qui avait fait roi Déjotarus, tétrarque de la Galatie, en joignant à ce pays la petite Arménie; étrange excès de pouvoir que César avait fait ratifier par le peuple. Plus tard, mécontent de Déjotarus, César lui ôtera cette même Arménie.
11. — Tris homines immoderatos. César, Pompée et Crassus, le premier triumvirat. Quoique ami de Pompée, Varron fit une satire contre ces trois personnages, qu'il intitula Tpi/.œpavo; ou le Monstre à trois tétcs. Mais ou il ne la publia pas alors, ou elle lui fut pardonnée, car il fut nommé un des v:Qintiiirs chargés d'établir les nouveaux colons en Campanie, V. Pline, VII, 53, éd. Littré.
12. — Vatiaii strumam. Il me semble que struma n'a jamais voulu dire goitre, comme on l'a traduit ici, mais toujours écrouelles. Vatinius convoitait la dignité d'augure laissée vacante par la mort de Métellus Célcr, et que Métellus Népos, frère du défunt, convoitait également, quoiqu'il ne fût pas dans les conditions requises pour l'obtenir. V. 1. 31, n. 6.
13. — Sodalem PubUian. L'abbé Mongault croit, un peu gratuitement peut-être, que Cicéron appelle ainsi Clodius, parce que celui-ci mangeait souvent avec Atticus. Il faut bien de l'optimisme pour ne pas être au moins surpris de la familiarité avec Atticus de ce coquin, ennemi mortel de son meilleur ami.
14. — 'AvS,o' a-5:;rjv£30ai, etc. lUad., XXIV, 369. Mais le mot £naYYÉX5.o;jtat n'y est pas; il appartient à Cicéron, et est en effet emprunté au langage de l'école, Cicéron affecte ici une assurance qu'il
n'a certainement pas, et que les attaques de Clodius contre lui et le succès qui les suivit ne démentiront que trop.
li>. — V Non. Mai. Le 3 mai. Non. Mai. Le 7 mai, Vridie liai. Mai. Le 30 avril,'
10. — Thov 'AOrjvaro?. Est-il besoin de dire que c'est Atticus?
1. — Negent illi. César et Pompée qui, après avoir fait voter par les curies l'adoption de Clodius, contestent actuellement la validité de cette adoption, s'appuyant sur un vice de formes. D'où venait ce revirement? Les protecteurs de Clodius commençaient-ils à avoir peur de lui, et pensaient-ils, au lieu d'un instrument, avoir trouvé un maître? Non, mais Clodius était blessé qu'on lui eût offert cette ambassade vers Tigrane (V, 1. 30), qu'il avait méprisée, et il eiit préféré d'être envoyé comme un des commissaires pour le partage des terres de la Campanie. On en avait choisi d'autres; de là sa mauvaise humeur et ses velléités d'indépendance qui contrariaient assez ses patrons pour qu'ils se reprochassent d'avoir si bien travaillé pour lui.
2. — Balbi. M. Atius ou Attius Balbus, père d'Atia, mère d'Octave. Il était, ainsi que Pompée, un des vigentivirs en Campanie; mais au lieu de l'appeler collègue de Pompée, Cicéron par dérision appelle Pompée collègue de Balbus.
3. — Ad Tris Tabernas. V. 1. 18, n, 1. — 4. — Convivii istius. II s'agit ici probablement du repas dunné par Q. Arrius où Vatinius avait fait si belle figure. V. I. 33, n, 1 0.
o. — Beinde suum odium. La haine de Curion pour Clodius, La commission dont Clodius avait chargé Curion auprès de Cicéron (1, 34, n. 1) ne permettait pas de prévoir cette haine. Toutefois Curion était trop liéavec Cicéron, dès avant cette commission, pour ne pas embrasser tous les sentiments de son ami à l'égard de Clodius. Memmius haïssait aussi Clodius, parce qu'il aimait Cicéron, et Métellus JSépos le haïssait également, à cause de la mort de Métellus Celer, son frère, que CIodia, sœur de Clodius et femme de ce Métellus, était soupçonnée d'avoir empoisonné.
6. — BoâJ7:ioo;, Clodia. V. 1. 3a, n. 2. — 7, — Be signifero Athenione. Cicéron désigne ainsi Vatinius, selon notre traduction; mais, selon Orelli, il s'agit de Sextus Clodius, de Sicile, signifer des esclaves qui fomentaient les troubles dans Rome, comme Athénion, autre Sicilien, était le chef des esclaves soulevés en Sicile.
LETTRES DE CIGERON.
b. — Litteris missis ad Cneium. Lettres de César à Pompée, chef des \igintivirs en Campanie. — 9. — Theophani. Y. L 31, n. 3.
10. — Frimus habebis et aliqxiando solus. Il semble parler ici de ses Anecdota. V. L 32, n. 9. — H. — Dicœarchian. V. L 27, n. 2. — 12- — Xoi/.a{acy.ot. On voit le jeu de mots. Dicéarque avait écrit sur la politique des livres remplis d'excellentes maximes qui n'étaient celles ni de César, ni de Pompée, ni de Crassus.
13. — CeriaUbus. Aux fêtes de Cérès qui avaient lieu le 9 avril. V. Ovide, Fastes, IV. — 14. — TÎT&v. Titus, prénom d'Atticus.
{, — ludos Antii. V. I. '26, n. 2, 3. — 2. — Al Ap-pii foro. Ville d'Ombrie, située, suivant l'itinéraire d'Antonin, à M. P. XVIII des Trois Tavernes. V. Horace, Sat., I, o, v. 3c
1. — Plane rekgatiis. C'est que Formies était située environ deux fois aussi loin de Rome qu Antium. C'était l'ancien pays des Lestrigons. V. la lettre suiv.
2. — Frid. IÇon. Mai. Le 6 mai. — 3. — Tor/.st alX', etc. C'est ce qu'Ulysse dit parlant d'Ithaque, sa patrie, au 1X« livre de l'Odyssée, v. 27, 28.
1 . — Tr,ÀÉ~j).ov Aa'.GTpuYov[rjV. Odyss..X, v. 82. — CnissiDivUis. V.l. 9, n. b; 1. lo, n.o^l, oO, n. la.
1. — B'Ji^i-'.Zoç. V. I. 2'6, n. 2. — 2. — Deïicatû convivio. V. l. 36, n. 4.-3. — Sampsiceramus. Pompée. On lit dans Josèphe, XVIII, c. 5, qu'il y avait en Orient, du temps de Vitellius, une princesse, fille de Sampsiciramus, roi d'Émèse. Ce serait donc là un nom propre à cette famille royale ; et c'est sans doute parce que Pompée s'était vanté de ses exploits contre ce prince que Cicéron l'appelait ainsi par dérision.
4. — At quam parem basilicœ. Les basiliques étaient de vastes constructions où la plupart des magistrats rendaient la justice, où se rassemblaient les négociants, les marchands pour faire leurs affaires, et où par conséquent il y avait beaucoup de monde. Cicéron compare sa villa de Formies à une basilique, à cause de la quantité
de Formiens qui venaient l'y relancer. Ils étaient delà tribu Émilia; Tite-Live le dit aussi, XXXVIII, 36. Quant aux Arpinates, compatriotes de Cicéron, ils furent incorporés dans la tribu Cornélia, sous les consuls Valérius Messala et Livius Salinator.
5. — C. Arrius. Borghesi (I, p. 73) croit que cet Arrius est un des deux fils de Q. Arrius, le préteur ;i. 22, n. 4 et 1. 31, n. 4), desquels parle Horace, Sut. II, 3, v. 243 :
Quinii progenies Arrî, par nobile fratrum ;
ce qui est d'autant plus probable qu'Horace les peint comme des débauchés et des friands de bons morceaux, dispositions qu'ils avaient dû contracter à la table de leur père (1. 33, n. 10). Pour celui-ci, Horace le nomme également, là même, v. 86 :
Atque cpulum arbiirio Arrî.
Catulle (Carmen 84) se moque aussi d'un Arrius qui affectait d'aspirer ridiculement en parlant :
Oiommoda dicebat si quando dicere vellet Comraoda, et hinsidias Arrius insidias, etc.
6. Scbosus. Ami de Catulus, mais un fâcheux pour Cicéron. Hardouin, en ses notes sur le livre LX, 17, de Pline, croit que c'est le même que Statius Sébosus, cité, par cet auteur.
LETTRE 4i.
1. — BibuU... in comitioriim dilationc. De quels comices s'agit-il? L'abbé MongaUlt croit que ce sont les comices pour l'élection des consuls de l'année suivante; mais ces comices ne devaient avoir lieu qu'en juillet, suivant l'usage, et l'on n'était qu'en avril. Manuce croit qu'il s'agit des comices pour la loi agraire. Mais ne s'agit-il pas ici tout simplement de l'élection de Clodius au tribunal, comme la suite de la phrase semble l'indiquer?
2. — Sebosus. V. la 1. précéd., n. 6. — 3. — C. Arrius. V. la 1. précéd., n. S. — 4. — In montes patrios. W'ieland conjecture, dans les notes de sa traduction, que ce vers est extrait du poème de Cicéron De considatu sico ; M. V. Leclerc partage celte opinion.
o. — Nescit... te defendere communem causam. « Parmi les terres que Rome avait acquises en Itahe par droit de conquête, on en -avait donné une partie aux colonies qu'on y avait envoyées ; on affermait les autres. Mais il y en avait de si abandonnées et en si mauvais état qu'on avait
NOTES
été obligé d'en donncr-la propriété à des ])articuliors qui payaient seulement le dixième des grains, le cinquième des bois, et queNiue chose aussi pour les bestiaux. Ces terres avaient été depuis déchargées de cette espèce de rente, par un tribun nommé Sp. Thorius; et quoique la loi de ce tribun n'eût point eu lieu dans la suite, quelques particuliers, comme Térenlia, s'étaient maintenus dans la possession de ne rien paver. Ce Mulvius, dont il est ici parlé, était sans doute l'agent et l'associé de ceux qui avaient pris à ferme cette rente qui était sur les terres appelées agri publici. » Note de l'abbé Mongault, tirée de la note savante et copieuse de Manuce sur le même sujet.
i, proîatian in aliquid quod ncmo improhard. Il s'agit de l'anienderaent de César à la loi de Flavius. V. 1. 24, n. 6.
2. — Quinque millia. Suétone, Cœs. 20, et Vell. Paterculus, II, 44, disent pourtant qu'il y en eut pour 20,000 personnes. Mais il est à croire que Cicéron était mieux informé qu'eux.
3. — Portoriis sublatis. Les péages avaient été >upprimés l'année précédente par la loi Cécilia portée par Q. Cécilius Métellus Népos, alors préteur. V. Dion, X.XXVII, cil .
4. — Vicesimam. C'était un impôt prélevé sur le maître lorsqu'il affranchissait un esclave, et lorsqu'il en achetait un nouveau.
o. — «l'usàyao, etc. Vers de Sophocle cités par Uionysius Longinus t-.iz: Cioj;. Ils veulent dire : « Il ne souffle déjà plus dans de petites flûtes, mais dans les grandes et sans lanière. » Cette lanière s'appliquait sur la bouche et comprimait les joues, de peur qu'elles ne se gonflassent outre mesure, ne déformassent la bouche, et, en. laissant échapper trop de souffle, n'épuisassent le joueur (V. Saumaise, Excrc. Plin., p. 833). C'est ce qui arriverait à Pompée s'il continuait à aller toujours en avant, au risque de ne pouvoir aller jusqu'au bout.
6. — De rege Alexandrino. Ptolémée Aulètes reconnu, sur sa demande, ami et allié du peuple romain.(V. 1. 31, n. 1.) II avait d'autant plus à cœur cette reconnaissance que Ptolémée Alexandre à qui il avait succédé, après l'expulsion de ce prince, avait légué par testament son royaume au peuiile romain, qu'une copie de ce testament avait été apportée à Rome pour être déposée dans le trésor public, et confiée a cet etfet à Pompée (César, De Bell, civ., III, 108). Bien des gens, au rapport de Cicéron {DeLeg. agr., II, 16;,
croyaient toutefois que ce testament n'était qu'une fable; mais il est probable que Ptolémée n'était pas de cet avis, ayant à cet égard de meilleures informations (jue les autres. C'est ce qui explique la vivacité de ses instances pour èlre déclaré l'allié des Romains. Il y fut d'ailleurs soutenu par Pompée qu'il avait fort aidé pendant la guerre CQntre .Vristobule (Joseph, A?z/t7., XIV, o), et qui ne l'avait pas oublié.
7. — Bibulus de cœlo tum scrvasset. On ne pouvait porter une loi (|uelconque, dès qu'un magistrat curule avait déclaré qu'il observerait auparavant le vol des oiseaux.
8. — Qind futunim... si Bibulus. Cicéron ne pouvait en effet deviner que lorsque Uihnlus irait au forum pour s'opposer aux entre[)riïes de César, on lui jetterait, dit Plutarquc, Cat., 4.4, un panier d'ordures sur la tète. — 9. — Sampsicerame. V. I. 40, n. 3.
10. — Antilibano. « Derrière Sidon, dit Pline, V, 17, commence la chaîne du Liban, s'élendant, dans un espace de l,yOO stades jusqu'à Simyra, dans la Célésyrie. Égal en hauteur, et séparé par une vallée, court parallèlement l'Anti-Liban. » On ne sache pas qu'il y ait rien de changé aujourd'hui à cette disposition géographique.
M. — Dicœarcho. V. 1. 27, n. 2. — 12. — Ihéophane. V. 1. 31, n. 3.
13. — npoaOc, etc. C'est le commencement de ce vers d'Homère, IZwc?., YI, 181 :
Ilpôaôe ),Éwv, ô::'.6£v cï ôpâzwv, y.é'jGri oï ■/•.xs.^-.z.-x ,
c'est-à-dire : « lion devant, dragon derrière, chèvre au milieu. » C'est ainsi qu'on représentait la Chimère.
14. — De portorio circumvcctionis. Les publicains exigeaient cet impôt sur les marchandises circulant dans l'intérieur d'une province, et les marchands soutenaient qu'il n'était dû que pour celles exportées de province à province. — Ici. — De cistophoro. V. 1. 32, n. 11.
d. — Sampsiccramus. Y. 1. 40, n. 3.
2. — Repeniina affinitatis conjunctio. Le mariage de Pompée avec Julie, fille de César, promise d'abord à Servilius Cépion, lequel, nonobstant ses mauvais procédés envers Dibulus, pour plaire à César, fut évincé au moment même de conclure.
3. Quid ager Campanus, quid effusio pecuniœ? A quoi lui ont servi et son concours au partage des terres de la Campanie, en qualité de vigintivir, et cette mise au pillage des deniers publics
LETTRES DE GICEllON.
par César, motivée par une disposition de la loi agraire, et en partie au profit de la plèbe? — Ad diem VI... M. Maias. Le 10 mai.
4. jjt-.zU^aK; Curiana. D'autres textes portent : Phocis Curiana. D'où cette expression a donné lieu à une infinité de conjectures, que ceux qui aiment à lutter avec les brouillards, peuvent lire dans Grévius, Ad AU. t. I, p. 252, 233. Pour nous, disons avec Manuce, ih., p. 81 de ses notes : « Plus je réfléchis sur ce passage, moins j'en puis tirer quoi que ce soit de probable.» — Sur Curius, V. 1. 10, n. 13. — 5. — Thcophane. Y. 1. 31, n. 3. — Alabarchiis. Autre sobriquet dont Cicéron gratifie Pompée. C'est le nom de quelque chef arabe.
1. — jjnns... adolcsccns Curio. V. 1. 10, n. 9. — 2. — Fufam. V. 1. l'a, n. 4. — 3. — Ex legibm Juins. Les lois agraires, de César. Ce serment. César l'exigea aussi de tous les sénateurs. V. Plutarque, Cat. 4o. — 4. — Laterensis. M. Juventius Lalerensis. Il se désista de la demande du tribunat, plutôt que de prêter ce serment. V. Pro Plancio, 22.
o. — A Cœsare... invitor in Icgationcm. César, prêt à partir pour les Gaules, proposait à Cicéron detre son lieutenant, pour le mettre à l'abri des violences de Clodius. C'était sans doute lui rendre un grand service, et marquer qu'il oubliait ainsi les griefs qu'il pensait avoir contre Cicéron et dont il avait toulu se venger. (V. 1. 33, n. 6.) Mais Cicéron vit bien que César n'avait d'autre but que de le rendre son obligé, et il n'accepta point sa proposition. V. la 1. qui suit.
6. — Libéra legatio. V. 1. 30, n. o. — 7. — Statius. C'est l'esclave de Quintus Cicéron dont il est parlé 1. 29, n. 8. Au grand regret de Cicéror son maître venait de l'allranchir.
1. — Statium ma7iumissum. V. la 1. préccd., n. 7. — 2. — liée meum imperium, etc. Paroles de Démiphon se plaignant de ce que son fils l'ait quitté et se soit marié à son insuj dans le Phormion de Térence.
3. — Bignitatis a)a5 tanquam Sfjo;. "AXt; opub; : deux mots passés en proverbe et attribués, diton, aux premiers habitants de la terre qui se nourrissaient de glands, et qui dirent : «assez de glands! », lorsque Triptolème leur eut fait connaître le blé. Ne faut-il pas expliquer tout?
4. — Popuîares isti. Pompée, César et Crassus — 5. — Vnus homo, etc. Vers bien connu d'Ennius parlant de Q. Fabius Maximus qui, après la bataille de Cannes, rétablit les affaires de Rome, en évitant le combat avec Annibal et en le harcelant sans cesse.
6. — Gladiatoribus qua domimis, qua advocati. Ce maître desgladiateurs était Gabinius(V.lett.bO), et les invités César et Pompée, lesquels firent de lui un consul l'année suivante.
7. — Ludis ApoUinaribiis. Ces jeux furent institués par L. Calpurnius Pison pendant sa préture en 543 ; mais les monnaies (Borghesi, 1. 1, p. 31) commémoratives de cet événement n'ont été frappées que 122 ans plus tard, c'est-à-dire en SGû ou 666.
8. — In Pompeium petidanter invectiis est. Valero-Maxime, VI, 2, 9, dit que l'acteur, en prononçant le vers de Diphile, avait les mains tendues vers Pompée. Mais Cicéron, un peu plus bas dans cette même lettre, dit que Pompée était alors à Capoue et que César, à l'issue des jeux, lui dépêcha vite un courrier. On concilie cette contradiction en disant que, comme les jeux Apollinaires se célébraient dans le cirque, il pouvait bien y avoir quelque statue de Pompée Kers laquelle l'acteur se fût tourné.
9. — Curio filius. V. la 1. 44,'n. 1. — 10. — Rosciœ ïegi. La loi de Roscius Othon. V. 1. 26.
il. — Fnnnentan'x. C'était la loi de C. Gracchus, abrogée ensuite par M. Octavius, puis rétablie par L. Apuléius Saturninus. Elle ordonnait qu'on donnerait au peuple le blé à moitié et même au tiers du prix de la mercuriale, si l'on peut parler ainsi, et cela-,, bien entendu, aux dépens du public.
12. — Cosconio mortuo.Vn des vigintivirs pour le partage des terres. Il avait été préteur sous le consulat de Cicéron. V. Pro Sylla, 14. C'était encore une place que César faisait offrir à Cicéron, comme celui-ci l'indique l. 349, et que Cicéron refusa également.
13. — Me siiividt esse legatum. V. la 1. précéd. II. 5. — 14. Cœci/iwm. L'oncle d'Atticus. Y. 1. 10, n. 20.
13. — Edict% Bibidi. César ne pouvant vaincre la résistance de Bibulus, son collègue, à la promulgation de ses lois, le chassa du forum à main armée. Bibulus s'en plaignit au sénat, où ilne sç trouva personne qui eût le courage de faire un rapport sur cette violence. Il se retira chez lui, et s'y tint enfermé tout le temps de son consulat, n'agissant plus, dans son opposition, que par la voie des édits. V. entre autres Suétone, Cœs. lOy et la 1. 42, n. 7.
NOTES
I. — Ankato. Ami d'Atticus, inconnu d'ail- 1 .i,p5. — 2. — Numestium. Autre ami du niônic, mais nomme encore et avec cloge, lettre 48, avec le prénom de .Numerius. — 3. — Cœcilium. L'oncle d'Atticus. V. 1. 10, n. 20.
4. — Varro. M. Torentius Varron, « le plus savantdesRomains,» était avec Atticusie plus intime ami de Cicéron. Il fut lieutenant de Cn. Pompée en Espagne; mais abandonné par une des deux légions qu'il commandait, il amena l'autre à César et se rendit à lui (César, de Dell, civ., II, 20).
5. — i^t non credam faccre non possum. Cicéron se peint ici d'un trait. Il est dupe de Pompée, ayant du moins pour excuse son amitié pour lui, comme plus tard il sera dupe du jeune Octave, mais sans l'aimer.