‹ Notes sur les lettres de CicéronChapitre 30 sur 172 · ApoUonidenses. Habitants d'Appollonis, ville de Lydie · texte numérisé non relu

ApoUonidenses. Habitants d'Appollonis, ville de Lydie

23. — Quid prœtor solet judicare deben. Le pré- •teur ne jugeait pas, mais prononçait la sentence

selon les lois, après avoir entendu le jugement : ce que fait chez nous un président d'assises.

24. — Flavii causa et scilicet Pompei. Voy. L 23, n. 10. — 23. — Hermia. Esclave de Cicéron. • — 26. — Biodoti. N'a de commun que le nom le philosophe stoïcien qui mourut chez Cicéron. V. 1. 46, n. 8.

27. — Censorino. Marcius Censorinus, plus tard un des satellites d'Antoine. V, PhiL, XI, 5 et 14.

28. — Cassio. Il y avait trois Cassius : Caius, Lucius et Quintus; les deux premiers frères consanguins, le troisième cousin germain. Ils furent tous trois tribuns du peuple. On ne devine pas duquel il s'agit ici.

29. — Scœvola. Q. Mucius Scévola, qui fut tribun du peuple en 700, lieutenant d'Appius Pulcher en 703 (1. 210), et augure en 703 (1. 336).

30. — • 'OpOàv Tav vauv. M. Victor Leclerc a très bien débrouillé ce passage où ni Saint-Réal, ni Prévost et d'autres encore n'ont rien entendu. tt Ils n'ont pas vu que ces deux proverbes opOiv -àv vavv et a-a; Oaveî'v sont de la lettre de Quintus. Us expriment tous deux le courage et la résignation. Cicéron avait probablement fait entrevoir à son frère les dangers de l'accusation qui pouvait l'attendre à Rome, au sortir de son gouvernement d'Asie; et Quintus, qui croyait n'avoir rien à se reprocher, lui avait répondu par une allusion à ces paroles du pilote de Rhodes : EO l'aÔi, noas'.ôàv, oTt 6p6àv xàv vauv /.ata:ojau), Neptune, nunquam hanc navem, nisi rectam (Stobée, Serm. 106; Aristid., Oraf. Bftorf.; Sénèq., Ep. 85), et à celles du Prométhée d'Eschyle :

Kp£T(770v yàp ElryoLTiy.l OavsTv 'H Ta; à TiaTa; r.tiî'pa; Tz6i<jyj,iw y.ay.(3;.

NOTES

Cicéron lui répond à son tour qu'il a eu tort de prendre si sérieusement quelques légers reproches qu'il lui a faits par amitié. »

31 . — Hijphcmenus. Inconnu. Orelli voit dans ce mot une corruption du texte, et propose une correction qui ne nous éclaire pas davantage.

32. — 0- Publiceni. Autre mot corrompu, selon Orelli, qui allègue Schuetzius, lequel propose Q. Publichis ou P. Globulus.

33. — JEsopi. L'acharnement qu'il met à recouvrer son esclave fugitif, Licinius, nous porte à Souhaiter de tout notre cœur qu'il ne le recouvre jamais. Mais voyez le zèle que met Cicéron à l'aider dans ses démarches, dût son frère, dit-il, payer de sa personne à cet effet, et se faire le limier de cette chasse honteuse! Et ce Platon, un philosophe, qui reconnaît le coupable, sur les indications d'i^sopuS; comme un agent de police reconnaît un voleur, sur le signalement transmis par les autorités !

34. — Cato adûlescens nullius consilii. C. Caton, de la famille Porcia, parent par conséquent de Caton d'L'tique, mais on ne sait à quel degré. On le retrouvera dans la suite tribun du peuple.

35. — Domitium. Le même que 1. 10, n. 23 et 1, 30. — 36. — Xlgidium. P. IS'igidius Figulus. C'est lui qui fut choisi avec d'autres sénateurs par Cicéron pour écrire toute l'information de l'affaire de Catilina, les questions, les réponses, etc. V. Pro Sylla, \ 4.

37. — Memmiwn. Le même cité 1. 23, n. 3. — 38. — Lcntulum. P. Cornélius Lentulus Spinther. V. I. 92, l'en-tète.

La confiance que Cicéron montre dans la lettre qui précède ne fut pas de longue durée. Cette confiance que César, par son offre sournoise d'une lieutenance en GauJe, et par ses autres promesses fallacieuses, avait fait naître, que les promesses non moins fallacieuses de Pompée avaient entretenue, et que le zèle seul des amis de Cicéron résolus à le défendre même par la force, justifiait assez,s'évanùuittout à coup, et ne laissa plus à Cicéron que le choix entre une résistance à main armée contre l'entreprise de Clodius, et la fuite. 11 est bien vrai que la loi proposée par Clodius contre tous ceux qui mettraient ou qui avaient mis à mort un citoyen non condamné par le peuple, ne nommait pas Cicéron; cependant c'était surtout contre lui

qu'elle était dirigée, contre lui qui, par un simple décret du sénat, avait fait exécuter les complices de Catilina, au lieu de leur faire leur procès en forme (.Dion, XX.XYIH, 14). Ce qui acheva de jeter le découragement dans l'àme de Cicéron, c'est la peur qui gagna quelques-uns de ses amis, et la défection qui ne manque guère de succéder à la peur, c'est surtout l'impudent abandon de Pompée en qui il avait mis ses dernières espérances. Il fit alors une tentative auprès des consuls. Gabinius fut inflexible. Pison le conjura de s'éloigner et de sauver encore une fois la patrie que sa résistance plongerait dans les horreurs de la guerre civile. Cicéron consulta ses amis: Lucullus l'engagea à rester et lui promit la victoire; d'autres parmi lesquels étaient Caton et Hortensius, lui conseillèrent de s'éloigner, en lui assurant que le peuple ne tarderait pas à le rappeler. Il suivit leur avis et quitta Rome (Dion, ibid.. Éclaircissements, p. 503, du tome III de l'éd. Gros), avant que la loi de Clodius fût publiée.

i. — Vibone. Ville du pays des Bruttiens; elle a laissé son nom à Bevona, localité située au nord de Monte Leone en Calabre.

1. — Slca ou Sicca. Ami de Cicéron, dont la terre était située à Vibone.

2. — Nondumrogatione coirecta. Cette rogation différait de la première en ce qu'elle nommait Cicéron ; elle portait en général et sans aucuns exception de lieu, 7it M. Ciceroni aqua et igné interdicatw. Mais comme avant de promulguer une loi, il était ordonné de l'afficher pendanJ trois îumdmes consécutives, ou de neuf en neuf jours, pour que le peuple put ou en approuvei la teneur, ou y demander des corrections, Clodius ayant rempli cette formalité, corrigea sa loi et fixa l'éloignement de Cicéron à quatre cents milles de Rome, comme Dion le dit; « à Ja ronde de toute l'Italie, » selon Plutarque, Cic.^ 34, qui dit cinq cents milles.

3. — Autroniwn. Autronius était alors exilé en Achaïe (1. 18, n. 22), pleine des ennemis les plus acharnés do Cicéron (V. 1. 61), et fort disposés à lui faire un mauvais parti; Autronius surtout, que Cicéron avait refusé de défendre, contre lequel même il avait déposé, et qui fut condamné avec plusieurs autres, comme complice de Catilina (V. 1. 18, n. 22. V. encore 1. 60, et Pro Plane, 41).

LETTRE 5o.

i. — Quod eorrectuii est. V. lai. précéd., n. 2.

2. — Melitœ esse non Ucebat. Parce que l'île de Malle était en deçà deg quatre cents milles prescrits.

3. — ^'e et Sica periret. La loi de Clodioe défcLdait 5ouâ peine de mort de recevoir Cicé«)n.

\. — De provincia Macedoniœ... lex. Par la pfomulcration de cette loi, Atticus était libre de quitter Rome et de venir rejoindre Cicéron quelque part qu'il fût. Or Cicéron avait déjà quitté Vihone et il ce dirigeait de là à Brindes par li voie de terre.

1. — Mea mihi. Ses biens; car sa maison à Rome avait déjà été saccagée puis brûlée, et le mobilier de cette maison et celui de Tusculuni avaient été transportés chez Gabinius, l'un des consuls,

2. — Thurii. Thurium, ville de Lucanie, sur les confins du Bruttium. C'était l'ancienne Sybaris. Le lieu oîi elle était située s'appelle aujourd'hui Silari rovinata.

LETTRE o8.

1. — Tarenti. Le golfe de Tarente, à l'opposite de Thurium. — 2. Cyzvium. Ville de Mysiesur la Propontide.

LETTRE m.

\. — Lœnium Flaccum. C'est à peu près dan? les mêmes termes que Cicéron loue le dévouement et le courage de cet ami dans le plaidoyer pour Plancius, ch. 41. Lisez là même, ch. 40 et 41, le récit pathétique de sa fuite de Rome jusqu'à Dyrrachium et à Thessalonique. — 2. Legis improbùismœ. V. i. 35, n. 3.

3. —r Ad d. V Kal. Maias. ComGîent Cicéron ayant demeuré treize jours à Bnudos à !?■ date où il écrit cette lettre et qui est le ^o aV.ril» pouvait-il quitter cette ville cinq jours avarit \eS calendes de mai, c'est-à-dire le 26 de ce mêine mois d'avril? Voyez les explications des commentateurs à ce sujet, dans Gré vins. Ad Tarn ., 1. 11, p. 3o6.

4. — • Sed quid Tulliola mea fiet? Tuliie était mariée depuis peu à Pison Frugi (v. 1. 8 et HO),

fcqocl mourut pendant l'exil de son beau-père.

». — Bc familia liherata. Cicéron craignant de perdre ses esclaves avec tout ce qu'il possédait, les avait affranchis, à condition que s'il devait être dépouillé de tous ses biens quelconques par la loi Clodia, ces mêmes «sclaves lui eussent l'obligation de la liberté. Si au contraire la loi lui permettait de les garder, ils serviraient Itur e&eien maître comme ci-devant, à l'exception d'an très petit aombre que, à cause de leur fiÀélit^ et d« leur dévouement, Cicéron voulait riwdre tout à fait libres. Quant aux esclaves de Térentia, il n'en avait affranchi aucuns , diabord parce qu'ils n'étaient pas à lui, ensuite parce que Térentia elle-même leur avait promis d'agir envers eux selon qu'ils auraient plus ou moins mérité.

6. — Clodium Philœtcmm. Affranchi de Cicéron.— 7. Sallustius. V. 1. 7, n. 1. — 8. Piscennius. Autro affranchi.

i.-' Ad d. XIV Kal Maias. Le 18 avril. — Deinde ab Autronio. V. 1, o4, n. 3. — 2. — Si spes ea non est. Cet espoir était que le peuple le rappellerait bientôt. Il écrivait à Quintus (I. 69) : « Avant trois jours, assure-t-on, je serai ramené glorieusement. »

3. — Candavlam. La Candavie, contrée montagneuse, à 78,000 pas de Dyrrachium PIin.,nf,26), par où il fallait passer pour aller en Macédoine, et de là gagner la mer Egée que Cicéron devait traverser pour rejoindre, comme il en avait le dessein, son frère Quintus en Asie.

■1. — Byrrhachium. Ville d'IUyiie, sur l'Adriatique, aujourd'hui Durazzo.

2. — Vt acrius postularetur. Il s'agit de Quintus que ses ennemis ou, ce qui est la même chose, les ennemis de son frère se disposaient à accuser de concussion. Le moment était bien choisi, et d'ailleurs Quiutus n'était pas exempt de tout reproche dans son gouvernement d\\sie. Les conseils que lui adressait Cicéron (1. 29) en sont la preuve, et il y a même tels de ces conseils qui arrivaient un peu tard.

3. — PeUœ. Pella, autrefois capitale de la Mact'doine, où naquirent Philippe et son fils Alext^iidre. — 4. — Tryphon Cœcilius. Affranchi

Q'Uticu.'' (?)•

0 Tidr'^ne neglecto. Tigrane, fils de Tigrane,

roi d'At^wi<iie, avait été fait prisonnier par

ISUTES.

Pompée, lequel l'avait amenti à Rome et confié A la garde du préteur L. Flavius, l'ancien tribun du peuple (1. 23, n. 10). Clodius, gagné par argent, l'enleva il soQ ^rardien, et « le menant par la villequant et luy, alloit suscitant tous les jours des querelles et processus amis do Pompée» (Plut., Po7np., 68). Il le fit entin embarquer. Mais pendant que le prince était arrêté à Antium par le mauvais temps, L. Flavius accourait avec des forces pour reprendre son prisonnier. Clodius vint à sa rencontre, et il se livra è quatre nulles de Home, entre les deux partis, un combat où il périt plusieurs personnes, parmi lesquelles .M. Papirius, ami de Pompée, irrité de tant il'audace, et surtout de ce que Clodius tournait Contre lui la puissance qu'il avait rendue nn\ tribuns, Pompée résolut de rappeler Cicéron, €t il s'y prépara dès lors, en s'assurant le concours du tribun Ninuius (Dion, XX.XVIII, 30). Jusque-là Tenlèvement de Tigrane resta impuni, car c'est ainsi qu'il faut, je pense, entendre le mot nc^lccto, lequel le traducteur a rendu par les. t<?rmcs un p'^u vagues do « resta sans suite ».

6. — Van'unl... agere gratias. Sans doute dee efforts que faisait Varron près de Pompée dont il était l'ami , pour l'engager à proposer le rappel de Cicéron.

7. — nypsœo. P. Plautius Hypséus avait été questeur de Pompée dans la guerre «OHtre Mitliridate {ProFlacco, 9).

8. — Quod ei crediderim quem esse nefarium non piitarim. C'est de Pompée qu'il parle. L'épithète de ne/hj'tus est forte, mais elle ne l'est pas trop.

1. — Licfores dimitteret. Quintus, s'il fiit resté aTecson frère, eiit dû en effet renvoyer ses licteurs; car s'il était permis à un gouverneur de province de passer par une autre province que la sienne, il ne lui était pas permis d'y rester longtemps avec l'appareil de sa dignité.

2. — Nos non inimici, sed invidi perdiderunt. Cicéron n'exagère pas; ce sont ses envieux qui l'ont perdu, et ses envieux pour la [tliipart étaient ses amis. Il accuse Hortensius, et il a raison encore, Cicéron lui étant doublement déplaisant et comme homme nouveau, et comme orateur. Si Hortensius le loua, ce ne fut guère que dans des circonstances où il eût été de mauvais goût de ne pas le faire, comme quand ils défendirent tous deux L. Flaccus (V. 1. 51, n. 4); mais il montra une grande mollesse à le défendre contre Clodius, et plus de chaleur qu'il ne con-

venait pout-êtr« à lui conseiller de quitter Home. Car enfin, si appuyé comme il était par le sénat, et surtout par plusieurs milliers de personnes n'attendant que le signal pour attaquer Clodius, Cicéron eût engagé la lutte, qui sait e'il n'eût pas été vainqueur? Mais on pensait que le consulaire à qui Rome devait son salut aurait naturellement peu de goût pour une expédition qui pourrait rallumer la guerre civile, et se rallierait volontiers à tout autre parti qui lui serait recommandé comme préférable. On lui persuada donc de sortir de Rome, les uns afin de pouvoir s'excuser du lâche abandon dont il était l'objet, par la raison qu'il s'abandonnait luimême; les autres, par l'effet de leur modération naturelle et de leur amitié sincère, mais timide. Atticus était de ceux-ci, Hortensius de ceux-là. Il est vrai que Caton lui avait donné le même conseil; mais à cet égard Caton opina peut-être encore commail eût fait dans la république de Platon.

3. — Quod optimo tempore non liouit, minus idoneo fiet. C'est-à-dire qu'il se donnera la mort qull eût trouvée plus digne et plus à propos en combattant contre Clodius.

d. r— iVe te videre voliierim. Cicéron expose ici les motifs pour lesquels il ne voulut pas voir son frère qui revenait d'Asie. La tendresse qu'il lui témoigne, et les efforts qu'il fait pour qu'on lui pardonne de s'être privé de cette consolation, ont été taxés de faiblesse ; mais il vaut mieux y voir les scrupules d'une âme délicate et ayant la pudeur de ses souffrances jusqu'à en éviter le spectacle à ceux dont c'eût été le devoir de les partager. N'est-ce pas la même délicatesse qui lui fait repousser les caresses de son fils (V. plus loin) au moment de son départ de Rome?

2. — Proseqiientem profirÀscens. C'est-à-dire quand Quintus partait pour l'Asie, et que Cicéron lui faisait ses adieux.

3. — SI qua dimicatio snbeunda erit. Allusion aux accusations dont Quintus était menacé à Rome. V. 1. 61, n. 2. — 4. — Amici partim deserucrintme, cfc. Rien n'est plus vrai. V. la lettre précéd., n. 2.

g. — Qencre ipso pecuniœ bcatissimus. D'autres ont corrigé ce texte et lu genevo ipso, pecuniœ bcatissimus, avec d'autant plus de vraisemblance que Cicéroa se loue beaucoup de Pison, son gendre. Mais, observe l'abbé Prévost, ne peut-on pas croire naturellement que Cicéron parle de la nature de son bien, c'est-à-dire de la manière

avantageuse dont il avait placé son argent, ou plutôt, ajoute M. V, Leclerc, de la manière légitime dont il l'avait acquis?

6. — De permutatione. Qu'est-ce que cet échange? Mais la suite de ces termes fait voir assez nettement que Quintus aidait son frère de son argent, .sans qu'on deviae pourtant si cet argent était de Quintus en propre, ou s'il était emprunté.

7.— Accepûam ex œrario pecuniam... frustra dissiparim. La république donnait une certaine somme aux gouverneurs de province, si ce n'est à titre d'appointements, peut-être comme premiers frais d'établissement. Cicéron avait appliqué à son usage personnel celui qui était dû à son frère, à l'un ou à l'autre de ces titres.

8. — M. Antonio... Cœpioni. M. Antoine et Brutus Cépion à qui Quintus avait apparemment jirèté quelque argent.

9, — Ad Crassum et ad Calidium. Le premier est M. Licinius Crassus Dive>; l'autre, M. Calidius, préteur l'année d'avant le rappel de Cicéron, n'était encore que préteur désigné lorsqu'il déclara dans le sénat combien il avait à cœur son retour. {Post red. in Scn., 9.)

dO. — Ilortensio... summa simulaiione amoris. Rien n'est plus vrai encore. V. 1. 62, n. 2.

ii. Adjwicto quoqiie Arrio. Q. Arrius. On le voit ici mêlé par rancune contre César, aux intrigues des Optimatcs.y.l.'i2, n. 4; 1. 31, 33 et 41.

. 12. — xYe ille versus. Cicéron craignait que son frère ne fût accusé de brigues, pour avoir, contrairement à la loi Aurélia , donné de l'argent lorsqu'il demandait l'édilité, circonstance qui lui avait attiré quelques vers satiriques ou quelque épigramme.

13. — Messalam. M. Valérius Messala qui avait été consul avec Pupius Pison en 693. V. 1. 18, n. 26.

1. — Nain qiiod me tam sœpe et tam vehemcntcr objurgas. On a trouvé dans cette lettre de nouvelles raisons d'insister sur la faiblesse de Cicéron. Rien ne me paraît plus déplacé que cette insistance, et ce qui me le persuade, c'est de voir avec quelle éloquence, quelle force et en même temps quelle précision, l'illustre consulaire expose les mécomptes de sa carrière politique, les amertumes de sa vie privée, la douleur qu'il en a ressentie , et qui s'est aggravée par la nécessité oîi il a été réduit de se dérober aux siens, à son frère surtout, pour que celui-ci

ne fût pas, comme il le dit, témoin de son deuil, et pour lui épargner le spectacle de sa propre ruine et de son affliction. Un plus ferme que Cicéron y eût succombé, et Cicéron après tout était de ces caractères moyens et honnêtes qui, parce qu'ils suivent naturellement la ligne droite, n'ignorent pas sans doute qu'ils rencontreront des obstacles et s'y attendent, mais qui ne voient bien les embûches qu'après qu'ils y sont tombés. Selon moi, Atticus était moins fondé que tout autre à reprocher à Cicéron sa faiblesse, puisqu'il en a le plus abusé pour lui persuader de partir. Un tel reproche n'était pas généreux. Cicéron, danstoutes les lettres qu'il lui écrit depuis sa disgrâce, le lui fait assez sentir, malgré tous les ménagements dont il tempère ses plaintes, et Atticus ne s'y méprenait pas. De là ce redoublement de reproches de sa part, que Cicéron a tant de peine à accei)ter, qu'il accepte pourtant à la fm, mais en nous laissant décider si c'est à cette soumission ou aux remords d'Atticus d'avoir contribué à le mener où il est, qu'il faut attribuer tout le zèle que déployait Atticus à Rome pour le faire rappeler.

LETTRE 6o.

1. — Comolari jam desine -j objurgare vero noli. En effet les reproches après les consolations gâtaient singulièrement celles-ci , et les uns comme les autres finissaient par être également insupportables. V. la note ci-dessus.

\. — Quare in senatii dici nihil liccat. Telle était en effet une des clauses de l'abominable loi de Clodius : défense de rien proposer qui concernât Cicéron.

2. — Eodem tnbuno plebis. Cicéron, sachant que Clodius n'obtiendrait celte même année aucune autre fonction honorifique, conjecturait qu'il serait réélu tribun l'année suivante. En effet, il était établi, par une loi, qu'à moins que les tribuns du peuple qui sortaient de charge ne fussent appelés immédiatement à une autre, ils pouvaient se porter aux prochains comices tribunitiens, pour être de nouveau élus tribuns. Tel était le cas de Clodius. Mais il ne se représenta pas et rentra dans la vie privée.

3. — Inimico consule designato. Q. Métellus Népos, frère de Métellus Celer, qui était consul avec P. Lentiilus. Il oublia depuis son ressentiment, en se joignant à ceux qui demandaient le

NOTES

rappel de Cicéron. {In Sen. post red., 10.) V. aussi 1.82 et 86, n. i.

4. — De orationeinolata. Ce discours est celui qui a pour litre In P. CloJium et Curioncm, et dont le sujet se trouve exposé et esquissé, 1. 21. Voyez-en les fragments au t. IV, p. 604 de cette édition. PiUo posse probari non esse mcam. « Je pense » veut dire ici « j'espère », et cette espérance peut sembler n'être pas très noble, ni très courageuse. Voy. plus loin la 1. 70, n. 1.

{. — Nos muîtis peccatis in hanc œrumnam incidisse. Ces fautes se réduisent à trois, comme il le dit lui-même dans sa lettre à Tcrenlia du 30 novembre (V. 1. 81) : le refus de la lieulenance que lui offrait César, celui d'engager la lutte contre Clodius, et l'occasion manquée de périr avec courage : vel cadcre fortiter. — 2. — A Plancio. V. 1. 16, n. 10.

1. — Eum nuntiant , qui veniunt, nullum esse. Ces porteurs de mauvaises nouvelles à Thessalonique se trompaient. Le mouvement indiqué par Cicéron eut des suites. Le consul Gabinius que Clodius avait insulté, lui et tous ceux qui l'accompagnaient, Gabinius dont ce même Clodius avait brisé les faisceaux et consacré les biens aux dieux (Dion, XXXVlll, 30;, las enfin de tant d'outrages, et au risque d'être agréable à Cicéron, se déclara contre le tribun et, d'accord avec Pompée, travailla à le ruiner entièrement.

2. — In tribunis designatis reliqua spes est. Ces tribuns n'entraient en charge que le 10 décembre.

3. — Mentis errore ex dolore offici. Il ne manquait plus à Atticus, pour se débarrasser des plaintes de Cicéron, que d'accuser sa douleur de lui avoir fait perdre la tète. Avec quelle noblesse son ami lui répond !

1. — Us credidi, a quibus ne fus putaram esse me decipi, etc. Cicéron a beau revenir sur les mêmes plaintes, elles ont toujours je ne sais quoi de plus pénétrant. Qui ne se sent le cœur serré en l'entendant dire qu'il n'avait voulu compter que sur la fidélité de ses amis, mais que les uns ont eu peur pour eux, et que les autres n'ont pas été fâchés du mal qui lui arrivait? Quelle vérité plus grande et plus commune! Et qui de nous, dans son étroite mesure, n'en a fait l'épreuve?

2. — Adhuc Thessalonicœ retinuerunt. C'est-àdire qu'ils lui écrivaient de s'y arrêter, car ils n'y étaient point avec lui.

3. — Sestius ou P. Stxtius, tribun du peuple désigné, que Cicéron défendit depuis contre l'accusation de violence. Nous avons ce plaidoyer.

4. — Piso noster. Gendre de Cicéron. — 3. — Cursius. Orelli donne Curtius et croit que c'est une fausse Icron pour Curius. \. la 1. 167 adressée à ce Curius dont le prénom est Manius.

C. — Milo. T. Annius Milon, le sujet de la fameuse harangue qui porte son nom, celui qui expia le meurtre de Cludius, en mangeant de si bon poisson à Marseille.

7. — Fadius. T. Fadius Gallus. C'est à lui qu'est adressée la lettre 18i. V. l'en-tète de la lettre 124.

8. — Fabricius. Q. Fabricius. C'est lui qui, devant proposer le rappel de Cicéron, s'assura de la tribune un peu avant le lever du soleil, mais en fut chassé, non sans péril pour sa vie, et avec la perte «l'une grande partie de ses gens. Voir le tableau de ce coup de main dirigé sans doute par Clodius, et où Q. Cicéron faillit être égorgé, les ch. 26 et 27 du plaidoyer pro Sextiù.

9. — Lentulum qui erit consul. P. Cornélius Lentulus Spinther. V. I. 92, l'en-tète.

1. — SedquidCurio an illani orationem legit? V. 1. 66, n. 4. Le Curion dont il s'agit ici et qui fut avec P. Clodius l'objet de ce discours ou plutôt de cette invective, est Curion le père. Car, outre que dans les fragments indiqués à la note 4 de la lettre G6, ce Curion est désigné comme ctant à Baies le patron des débauches de Clodius, patronus libidinis, et que cette grave qualification ne peut convenir à un jeune homme, Cicéron, toutes les fois qu'il nomme Curion, le fils, le père étant encore vivant, ajoute à son nom quelque mot par lequel il marque l'intention de le distinguer de l'autre. 11 dit ainsi Curio adolescens (1. 34 et 44), Curio meus (1. 36), filiola Curio (lett. 19), Curio filius (1. 43 et 50). Au contraire, en parlant du père, il dit toujours Curio tout court. A celte observation topique on peut joindre celle de l'abbé Mongaull, savoir que Curion le fils ne pouvait pas alors être sénateur, puisqu'une fut questeur qu'en 699. Cicéron fait voir ici qu'il serait bien étonné si Curion, le fils, n'avait pas lu son discours contre Curion le père, discours qui semblait oublié; et il serait heureux qu'il en fût ainsi, afin que sa liaison

avec le fils n'en souffrît pas d'altération. — Scd Ajcius. V. 1. 16, n. 3.

2. — Legem de collegils. Une des lois portées par Clodius, qui avait pour objet le rétablissement des corporations Supprimées depuis dix ans, et à laquelle Cicéron avait adhéré, sans prévoir que Clodius recruterait ainsi, et sous la protection d'une loi, les bandes qu'il emploierait à son gré pour l'exercice de ses attentats criminels.

3. — Minus libérait responso. Cette réponse était que Pompée ne voulait pas combattre contre un tribun armé (Clodius), sans être soutenu par le sénat, mais que si les consuls, autorisés par un décret du sénat, défendaient la république, il prendrait les armes sans balancer. Les consuls n'ayant rien fait de tout cela, Pompée s'abstint, et laissa Cicéron tout à fait découvert devant Clodius.

4. — Culeone scribifi, etc. Q. Tércniius Culéon, alors tribun du peuple, puis admis deux ans après dans le col lègedes petits pontifes (De i7a?'î<S2). ï'esp., 6). Il fut des amis de Pompée ainsi que le Grec Théophane, et ils avaient tous deux une grande influence sur lui (1. 31, n. 3, et 1. 342, 3o8,\ Il n'en passa pas moins dans le parti d'Octave, s'il faut en croire Appien, III, 83. La garde du défilé des Alpes lui avait été confiée par Lépide; il en livra le passage à Antoine qui fuyait après la bataille de Modène. Nous savons d'ailleurs par Cicéron (1. 854) qu'il se joignit à Antoine, mais qu'il retourna peu après à l'armée de son premier général, en compagnie de Silanus, sans doute pour traiter de l'alliance entre Lépide et Antoine, laquelle fut en effet bientôt après conclue.

o. — De privilegio. Le privilegium diffère de la loi, en ce qu'il est pour un seul individu, tandis que la loi est pour tout le monde. Or Cicéron aimait mieux qu'on abrogeât la loi même de Clodius ; car un privilège quelque étendu qu'il eût été, ne la détruisant pas, laissait la faculté d'invoquer cette loi toutes les fois qu'on le voudrait. L'abrogation supprimait cette faculté,

6. — Pi'io)' lex non nos lœdebat. Elle ne nommait personne en effet, et Cicéron fit une faute grave en ne faisant pas comme elle, c'est-àdire en ne se taisant pas. Ce sont ses éclats, son deuil public, celui des siens, de ses amis, qui exaspérèrent Clodius et le poussèrent à lever le masque. Et puisque Cicéron tenait tant à se reconnaître dans la première rogation, Clodius lui donna ce contentement, en le nommant dans la seconde.

7. — Domitius. Le même que 1. 10, oO et '62. Il était alors préteur. — 8. — Nisi de omnium

tnbunorum sententia. 11 suffisait de l'opposition d'un seul tribun pour empêcher le Tote de toute loi portée devant le peuple.

9. — Ut neque videam homincs quos nolim. C'étaient les officiers et les soldats que le consul Pison envoyait devant lui dans la Macédoine, province dont le gouvernement lui était échu.

10. — Totam Italiam erectam. Cicéron n'exagère pas en se prévalant de l'affection de l'Italie entière; mais de là à un soulèvement général en sa faveur il y avait loin. Rien n'est plus facile aux honnêtes gens que d'être unanimes «ur le bien qu'il y aurait à faire; rien ne l'est raoinB que de se déranger et -d'agir pour a-tteindre ce but. C'est là le plus puissant motif d'encouragement pour les scélérats.

11. — Velim eonscribas. Sur cette recomman- (îation singulière, et qui est répétée 1. 77, je donne la remarque de l'abbé Mongault: « Comme on ne signait point alors les lettres, dit-il, At tiens pouvait en faire sous k nom de Cicéron, dnnt on croira aisément qu'il n'avait pas de peine à imiter le style. Il fallait seulement que Cicéro'i lui eût laissé un de ses cachets; c'était la seule marque qui pouvait faire reconnaître si une lettre était "véritable ou «uppcsée. »

i. — De Quinto' nuntii tristes. L'accusation de concussion dans son gouvernement d'Asie, projetée contre Quintus. 'V. 1. 32, n. 30 et 1. 61, n. 5.

2. — Livinciiis. Livinéius Tryphon. — M. Reguli. V. 1. H)'6, n. 1. Manuce remarque avec toute raison que le prénom Marcus est une faute, et qu'il faut lire Lucius comme dans la 1. 165. — G. Clodii fdio. Fils de Caius Clodius, frère de Publius. C'est lui qu'on disait avoir le dessein d'accuser Quintus. — 3. — Sextii. V. 1. 69, n. 3.

4. — Quod Appii quœstio est. Cicéron redoutait d'autant plus l'accusation méditée contre son frère, qu'Appius Claudius Pulcher (1. 48, n. 37), frère de Publius, désigné préteur pour l'année suivante, aurait présidé le tribunal, les affaires de concussion lui étant échues par le sort.

1 . — Omnis actio hujus anni confccîa. L'avortement de cette première [tentative pour rappeler Cicéron, était dû à l'opposition d'un des tribuns, Élius Ligur, que Clodius avait gagné à prix d'argent. V. Pro domo sua, 19.

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