Nihil prœtermisi quadam epistola. C'est la lettre
2. — Obnunciationibus. La déclaration faite par les augures que les auspices étaient contraires était la grande machine avec laquelle on suspendait à Rome l'action des lois. L'homme qui mettait alors la machine en mouvement était Q. Mucius Scévola, tribun du peuple, et l'ajournement des comices qui en résultait avait pour objet de laisser aux candidats consulaires le temps de distribuer assez d'argent pour acheter les suffrages du peuple. Cicéron est entré dans tous les détails à ce sujet, 1. 145 et 149. — 3. — L't Mcssala nostcr sahus sic. M. Valérius Messala fut en effet nommé consul. V. 1. 119, n. 4.
LETTRES DE CIGÉRON.
4. — P. S'jlla. Neveu ou parent quelconque du dictateur. C'est le même cité 1. 18, n. 24. Il avait épousé la mère de Memmius, lequel était son subscribens ou subscriptor, comme on appelait les personnes qui adhéraient à l'accusation, et appuyaient l'accusateur.
5. — Fratre Cœcilio. Frère utérin de Sylla, sans doute, puisqu'il était de la gens Cécilia, et Sylla de la gens Cornélia.
G. — L. Torquatus.lï était très jeune en 6S8 quand il intenta une action de ambitu contre P. Sylla, lui arracha le consulat et le fit donner à son père (De Finib., II, 19). En 692, il traduisit en jugement le même Sylla qui fut défendu par Cicéron dans le discours qui nous reste, et en •099, s'étant opposé au consul M. Crassus à l'occasion du tirage au sort des provinces, il en reçut un coup de poing sur la figure qui le força à se retirer. Borghesi, I, p. 365, qui rapporte ce dernier fait, cite Plutarque, Parallèle de ISicias et M. Crassus; mais Plutarque, là même, ch. 3, nomme L. Annalius comme la victime de cette voie de fait. En 700 L. Torquatus voulut accuser Gabinius, mais il fut devance à cet égard par P. Sylla qui lui disputa et lui enleva la gloire de cette accusation (1. lo2 et loo). En 705 il obtint la préture. Il se trouvait à Albe avec six cohortes, lorsqu'il s'enfuit à l'approche des Césariens (César, De Bell. Civ., I, 24). Retiré à Formies, il passa la mer peu après pour suivre Pompée (1.310,340). Chargé de défendre Oricum, ville d'Épire, il fut obligé, les habitants lui ayant refusé leur concours, de se rendre prisonnier à César, qui le mit en liberté (De Bell. Civ., III, 1 1). Fidèle au parti républicain, il en suivit les enseignes en Afrique, après Pharsale. Les affaires n'allant pas mieux là qu'ailleurs, il s'enfuit avec Métellus Scipion en Espagne. Mais rencontré en mer par la flotte de P. Sittius , il fut enveloppé, pris et mis à mort avec Scipion et d'autres personnes de marque qui les accompagnaient De Bell. Afric, 96j. Il était de la doctrine d'Épicure (Cic, De Finib., 1, 5). Cicéron {Brut., 76) fait un grand éloge de sa science, de son érudition, de sa mémoire, de son style et de ses mœurs.
7. — Sciemus de majestate triduo. V. sur cette accusation 1.149, n.39 et 46. — 8. — A^^us.V. 1. 49 et n. 57. — 9. — Pœonius. Un rhéteur. — 10. — Magna enim nobis a te proposita mcrces. V. 1.
1. — Sahimpudens videbare. Voir la I. 150, pour comprendre mieux la portée de cette épi-
thète. — 2. — Eos... qui venissent Alexandriam. Allusion aux créanciers romains de Ptolémée Aulète, qui, depuis sa restauration par Gabinius, le poursuivaient jusqu'à Alexandrie pour s'en faire payer. V. 1. 42, n. 6; 92, n. 2, 3 et 4; 118, n. 1; 121, n. 4.
3. — Quoad opinatus sum me in provinciam profectunim. V. 1. 133, n. 2. — 4. — ISeque œtatis magis idoneum. Cependant Trébatius vieillissait, témoin cette épithète que Cicéron lui applique ailleurs, mivetule (1. 150), et qui n'est pas seulement un terme d'amitié. — 3. — Hoc idem Q. Cornelio videbatur. Y. 1. 148, n. 1 ; et sur Q. Cornélius, I. 142, n. 4.
1. — A. d. VI Kal. Oct. Le 26 septembre. — 2. — Salvius. V. 1. 149, n. o3. — 3. — Luculente calcfecerat. Le goût de Cicéron pour les jeux de mots, on pourrait dire l'entraînement qu'il subissait à cet égard, se montre ici manifestement par le rapprochement de calefecerat et de Calidius.
4. — Calidio. M. Calidius, le même que 1. 63, n. 9. — S. — Apud Catonem. M. Caton, préteur.
6. — Inter Memmium, Ti. Neronem et C. et L. Antonios. Ce sont les mêmes dont Cicéron dit 1. 149 : Gabinium ti'es adhuc factiones postulant, moins Lentulus, et plus les Antoine qui n'y sont pas nommés. Ceux-ci étaient les frères de Marc Antoine, le triumvir, et les petits-fils de Marcus l'orateur. Us disputaient à qui aurait l'honneur d'être l'accusateur en titre de Gabinius. — Tiberium Neronem, V. 1. 149, n. 41. — Metnmiuîn,
7. — Nisi Pompeius... negotium everterit. On a vu, 1. 149, n. 46, jusqu'à quel point Pompée s'intéressait à Gabinius.
8. — In urbem, hostium plane. C'est-à-dire qu'il entra de nuit dans Rome, absolument comme dans une ville ennemie, et au moment où les habitants s'y attendaient le moins. (V. 1. 149, à la fin.) Hostium n'a donc pas ici le sens qu'il a un peu plus loin dans cette phrase : oportebat hostium numerum renuntiare, car il fallait avoir ce renseignement pour décider si Gabinius avait droit au triomphe auquel il disait partout avoir de légitimes prétentions.
9. — Satis est quod instat de Milone. La lettre 161 donne l'explication de cette parenthèse. V. cette lettre, à la fin.
10. — A Mcmmio Domitius. C'était candidat contre candidat. Mais Cn. Domitius Calvinus dut être absous, puisqu'il fut nommé consul avec '
NOTES
M. Valérius Messala (I. 119, n. 4). Les autres caiuliilats furent absous également, comme semble l'indiquer celte phrase de la lettre ICI : Messalam jiostrum reliquosque molestia Icvatos vehementer gaudeo.
H . — Q. Curtiu. On ne sait quel est cet adolescent qui dobutait dans la carrière politi(|uc par une accusation de ce genre, et qui eut le crédit de faire condamner l'accusé.
12. — Q. Pompcio. Q. Pompéius Rufus, petit-fils du dictateur Sylla par la fille de celui-ci, selon Asconius. Tribun du peuple l'année d'auparavant, il avait fait des harangues séditieuses, dans lesquelles il avait cherché à rendre odieux Cicéron, parce qu'il avait pris la défense de Milon, son ennemi. Q. Pompée fut exilé après son tribunat.
i3. — Triario. P. Valérius Triarius. Il accusa deux fois, dans cette même année 700, Émilius Scaurus, qui fut défendu les deux fois par Cicéron. On a un fragment assez étendu du premier plaidoyer, à la suite duquel Scaurus fut acquitté. Il ne reste rien du second plaidoyer. V. notre t. IV, p. GOfi et s. Pour plus amples détails sur ces deux procès, voyez Valère Maxime, VIII, i, 10; Quintilien, IV, 1; De Omt., 39, et 1. l.o9.
14. — Doînitius cum Messala certus. En effet, ils furent élus tous deux. — lo. — Appuis sine Icge curiata. V. 1. loi, vers la fin.
1 . — Buthroto. Ville d'Épire, où Atticus avait de grandes propriétés. On verra plus tard tout le mal qu'il se donna pour en soustraire le territoire à certaines dispositions de la loi agraire.
2. — M. Paccius. Inconnu autrement. Mais on trouve M. Paccius Vitalis dans les inscriptions.
3. — Varro... includetur in aliquem locum. Varron est un des interlocuteurs dans les Acadcndques, lesquelles lui étaient en outre dédiées. Des quatre livres de cet ouvrage, il ne reste plus qu'un fragment, assez considérable. V. notre t. III, p. 423 et l'Avant-propos. — hi Africani personam. Scipion Émilien, le second Africain (l. 12, n. 4). — Manilii, V, I. 142, n. 3. —4. — De rcpublica... disputationem. C'est le traité même de la République, tiré d'un palimpseste par Angelo Mai, et toujours admirable, malgré ses nombreuses mutilations. — P. liutilium. Rutilius Rufus, questeur de Q. Mucius Scévola. V. 1. loi,
5. — Non eam temere dimovi. Outre l'exemple de Céphale que Cicéron allègue, il se justifie par cette raison que Q. Mucius Scévola étant très
versé dans la connaissance du droit civil , il était tout naturel (pi'il figurât dans le premier livre où ce sujet était traité, mais qu'il n'était pas convenable de l'introduire dans les deux autres livres purement technologiques, parce que la matière n'ayant aucun intérêt pour Scévola, elle eût peut-être provoqué la raillerie de la part de ce vieillard qui y était assez enclin.
fi. — Piliœ. Femme d'Atticus. Il s'agit sans doute ici de l'achat de quelque bien pour elle, fait ou à faire sur les indications de cet Aurélien.
7. — Tulliœ me venditabo. Parce que TuUie avait une grande amitié pour Pilia. V. 1. 105. — 8. — Vestorio non desum. C. Vestorius. V. l. 140, n. 1. — 9. — Lege Junia. V. 1. 35, n. 9.
10. — De C. Catone. C'estj de C. Caton, l'ancien tribun du peuple sous le consulat de Lentulus et de Philippus, qu'il s'agit ici. Il avait alors cité Milon devant le peuple.
11.— Drusus. V. I. 145, n. 31. — 12. — Q. Lucretio. Sénateur, partisan de Pompée. Il était à Sulmone, lorsque les habitants de cette ville se rendirent, malgré lui, à César. Il se jeta du haut des murs. (César, Bell. Civ., I, 18.)
13. — A. d. V Non. Quint. Le 3 juillet. — 14. — De Procilio. V. l. 145, n. 5.
15. — Iliirus. C. Luccéius Hirrus. Brouillé d'abord avec le consul L. Domitius Énobarbus, il se réconcilia avec lui, de peur que celui-ci ne l'empèchàt d'obtenir le tribunal qu'il demandait pour l'année suivante.
16. — Senatus consultum. On ne sait point quel était ce décret. — 17. — Cœsari displicere. On verra la raison de cela l. 160. — 18. — Avtc comitia fieret. De peur que les jugements ne fussent pas libres, lorsque les consuls seraient désignés.
19, — Opimius, Veien. Tro. Anfius. Dans les actes publics on mettait en abrégé entre le nom de famille et le surnom celui de la tribu. Opimius Antius était des deux tribus Véienlina et Tromentina. — Comme preuve de cette disposition voy. la 1. 228 où Célius envoie à Cicéron un décret du sénat avec les noms des sénateurs présents à la séance. — 20. — Terentius. Tribun du peuple.
21. — Hic Abdera. ^ Les Abdéritains étaient de tous les peuples de la Thrace les plus grossiers. — 22. — Scaurus. V. l. 144, 145, 147, 154. — 23. — Scœvolam. Q. Mucius Scévola, gouverneur de l'Asie en 654 et grand pontife (l. 151, n. 38). Un autre du même nom mais plus jeune que lui était augure. Us furent tous deux consuls.
24. — Nam profeclo rem habes nuUam. Ce qu'on entrevoit clairement dans ces paroles et celles qui suivent, c'est, dit l'abbé Mongault, qu'elles ont rapport à la manière dont Atticus faisait valoir son argent, dont les brigues faisaient monter l'intérêt très haut. La difficulté roule sur le sens de ces mots negotia multarum nundinarum. Ils semblent ne signifier autre chose, sinon une affaire qui traîne en longueur. Cicéron s'est servi de cette expression, parce qu'on marquait par le nombre des foires l'espace qui devait être entre le temps auquel on proposait une affaire au peuple, et celui auquel on l'assemblait pour la décider.
2o. — Kal. Oct. Le 1" octobre. — ^0. — Antium. Il s'agit ici d'Antius, surnommé Restio. 11 avait gardé, comme M. Caton, quelque chose des anciennes mœurs romaines. — 27. — Nam Cato œgrotat. M. Caton, préteur. — 28. — Domitius a Memmio. V. 1. 154, n. 10. — 29. Messala a Q. Pomponio Rufo. Y. 1. 119, n. 4. — 30. — A Triario aut a L. Cœsare. Sur Triarius, v. 1. 154, n. 13, et sur L. César, 1. 10; n. H.
31. — Tribus libi^is. Les trois livres de V Orateur. — 32. — Quomodo absolutus. C"*ést Gabinius, acquitté du crime de majesté pour avoir rétabli Ptulémée sur son trône, malgré la réponse de la Sibylle qui le défendait. Pompée ne s'intéressait si fort à Gabinius que parce que celui-ci n'avait agi dans cette circonstance qu'à son instigation. — 33. — L. Lentuli. Le fils de L. Lentuïus Mger, le flamine. Y. 1. èJO, n. o; 91, n. 3; 109, n. 1; 149, n. 39, 40.
34. — Nondum est plane expeditus. Gabinius avait à répondre encore à deux accusations, celle de brigue (L 132), et celle de concussion pour avoir reçu de l'argent de Ptolémée. Cicéron plaida pour lui à la prière de Pompée, mais il ne le sauva pas. Gabinius fut condamné à l'exil.
35. — Rcs fluit ad interregnum. C'est-à-dire que la république, faute de convocation des comices, allait se trouver sans consuls. On parla de la nomination d'un dictateur et on désigna naturellement Pompée qui laissait dire et ne demandait pas mieux. Ce projet, grâce aux menées sourdes de Pompée et à la connivence des tribuns, fut nourri pendant près de six mois, et il était sur le point d'aboutir au gré de Pompée, lorsque le sénat prenant tout à coup une résolution vigoureuse, après avoir intimidé les partisans de la dictature par des coups d'autorité qui atteignirent plusieurs d'entre eux, força Pompée à consentir à ce que Domitius Calvinus et M. Messala fussent déclarés consuls.
36. — Queyn P. Sylla. V. 1. 152. — 37. — Nil obtinente Torquato. V. 1. 152, n. 6. — 38. — Fulvius Nobilior [Q.). Chevalier romain, partisan de Catilina, condamné pour crime de parricide, suivant Corradi. — 39. — Antiochum Gabinium, affranchi de Gabinius, d'origine étrangère et à qui, en cette qualité, il était interdit par la loi Papia de s'établir à Rome.
40. — Sopolidis. Sopolis, peintre renommé du temps de Cicéron, et dont il est parlé dans Pline, XXXV, 40. — 41. — "Aprjç Sl^ia nacpîr). On ne comprendrait rien à cette exclamation, si l'on y cherchait autre chose qu'un mauvais jeu de mots sur Papia et Ilacpt/i.
42. — Pomptinius (C). Il avait été préteur sous le consulat de Cicéron, et il attendait depuis quatre ans aux portes de Rome un triomphe qu'il croyait lui être dû, pour avoir rangé à leur devoir par la force des armes, les AUobroges qui remuèrent à l'occasion de la conjuration de Catilina. 11 obtint effectivement ce triomphe, comme on le voit à la fin de la lettre suivante. Il fut depuis lieutenant de Cicéron en Cilicie.
43. — A. d. IV Non. Nov. Le 2 novembre. — 44. — Q. Mucius. Q. Mucius Scévola, cité plus haut, n. 23. — 45. — Pacciana epistola. C'est le Paccius nommé n. 2. - 4G. — Paullus. L. Émilius Paullus (1. 50, n. S). C'est à ses frais qu'il restaurait cette basilique (V. sur les basiliques, 1. 40, n. 4, et Vitruve, V, 1), et l'argent qu'il recevra plus tard (1. 230, n. 10), pour ne pas s'opposer, comme consul, aux desseins ambitieux de César, lui servira à payer les frais de construction de la superbe basilique qui porta son nom. Voy. Appien, Guer. Civ., II, 26.
47. — Oppium.Y. 1. 127 et iid.Inmonumentum illud. Les commentateurs pensent qu'il s'agit ici du forum que César, selon Suétone, Cœs., 20, commença à construire de manubiis, et qui, lorsqu'il fut achevé sans doute, avait coûté 100,000 grands sesterces, ou 1,937,500 francs. On serait alors bien loin de compte avec Cicéron qui estime la première dépense à 60 millions de sesterces, ou 12,000,000 de francs, à 20 centimes environ le sesterce. Il y a de part ou d'autre quelque grosse erreur que j'avoue ne pouvoir rectifier. J'ajoute que, quelle qu'ait été la dépense, elle était apparemment trop forte pour les fortunes réunies de Cicéron et d'Oppius, et que l'un et l'autre devaient être les mandataires de César. Cependant Cicéron a l'air de revendiquer pour soi l'initiative et la gloire de cette opération, et prévoit qu'Atticus (voir un peu plus bas) lui demandera sans doute quel profit
NOTES
il en retirera : quod {tihi) hoc momimentum pro-
dcrit.