‹ Notes sur les lettres de CicéronChapitre 8 sur 172 · Cœcilius. Q. Cécilius, chevalier romain · texte numérisé non relu

Cœcilius. Q. Cécilius, chevalier romain

LETTRES DE CICÉHON.

ami de LucuUus. Il était fort riche^ quelque peu usurier et d'humeur très difficile; mais Atticus, son neveu, sut si bien le ménager et lui plaire qu'il s'en fit aimer, adopter et qu'il en hérita de dix millions de sesterces (2,000,000 francs). Tel fut, dit ingénument Cornélius ^'épos, le fruit de sa piété {Vie d' Atticus, 5). Une pareille piété chez les Romains, n'était pas rare; elle était presque une profession, et s'exerçait surtout à l'égard des célibataires ou des veufs sans postérité et opulents.

21. y. Yario... A. Caninio Satrio. Comment, ne portant pas le même nom, étaient-ils frères? Étaient-ce des cousins germains, degré de parenté qui permettait, comme on l'a vu ci-devant (1. 1, n. 1.) de s'entr'appeler frères? Ktaient-ce de frères utérins, ou l'un des deux était-il entré dans une autre famille par adoption? En tous cas, ils étaient gens de finances ou gens d'affaires, et Cécilius, Lucullus et d'autres créanciers considérables semblent avoir été dupes et victimes de leurs opérations.

22. — LucuUus et P. Scipio et... L. Pontius. M. Lucullus, père de L. Lucullus Ponticus (V. 1. 23, n. o) ; P. Scipion dont Pompée épousa la fille, qui fut adopté par Q. Métellus Pins, fils du Numidique et qui prit les noms de Q. Cécilius Métellus Plus Scipion; L. Pontius, surnommé Aquila, qui fut aussi depuis lieutenant de Cicéron en Cilicie, et fut un des meurtriers de César.

23. — L. Bomitius. Lucius Domitius Enobarbus, mari de Porcia, sœur de M. Caton, et ami dévoué de Cicéron.

24. — 'Enîi oj/', etc., Iliade, XXII, v. 139. Achille poursuit Hector qui fuit, et sa course est d'autant plus précipitée que le prix n'en était pas une de ces récompenses vulgaires décernées aux athlètes vainqueurs, mais la vie même d'Hector.

i. — L.J. Cœsare... C- MarcioFigulo (V. 1. 10, n. H et 14). Il semble que par consuUbus, Cicéron veuille dire qu'ils étaient consuls actuellement : mais tous les commentateurs, excepté Saint-Réal, s'accordent à dire qu'ils n'étaient que consuls désignes et ils en apportent des preuves assez concluantes. Les consuls en exercice, quand la femme de Cicéron accoucha, étaient L. Aurelius Cotta, et L. Manlius Torquatus.

2. — Catilinam... defendere cogitamus. V. la 1. précéd., n. 8. Ajoutons ici que Catilina fut absous, mais qu'il n'est pas démontré que Cicéron, quo-i qu'il en dise, ait plaidé pour lui. Un des der-

niers biographes de Cicéron, M. Anthony Trollope, le nie formellement. {Life of Cicero, t. 1, p. 118.)

1. — s. T. E., etc. Ce qui veut dire : si tu exercitusque valetis bene est, ego valeo. Cette formule est donnée en toutes lettres au commencement de la 1. 14.

2. — Quas publiée misisti. 'Sous appellerions ces lettres un bulletin ; elles informaient le sénat de l'issue prochaine de la guerre contre Mithridate, et de la paix qui en serait la suite.

3. — Vetercs hostes, novos amicos. On n'est pas certain des personnes ainsi désignées. On croit avec assez de fondement que les principaux de ces anciens ennemis étaient M. Crassus et L. Lucullus à qui la gloire et la puissance de Pompée étaient insupportables, et qui ne se réconcilièrent avec lui qu'à la surface, ou rancune tenante.

4. — Africanus. Le second Africain, ou Scipion Émilien, le destructeur de Carthage et de Numance.

a. — Lœlium. L. Lélius, le principal interlocuteur du traité de l'Amitié, et un de ceux du traité de la République.

1. — V. la notice sur Q. Métellus Celer, t. V, de notre édition, p. 695. — Ob dictum. Cicéron, dans la lettre qui suit, indique le mot du tribun Métellus, consul plus tard en 697, qui justifiait ses attaques contre ce frère de Métellus Celer. On trouvera aussi dans la même lettre la réponse de Cicéron à tous les griefs qui lui sont reprochés dans celle-ci, et que cette même réponse fera comprendre suffisamment. Métellus Celer qualifié ici de proconsul, l'était en effet de la Gaule citérieure dont il avait obtenu le gouvernement après sa préture.

1. — Propinquos tuos. Et plus loin Propinquis fuis.Cicéron veut dire le frère de Q. Métellus Celer, (1. 13, n. l)ou Métellus Népos, ce tribun qui lui ferma la bouche au moment où il se préparait à haranguerle peuple pour lui rendre compte, suivant l'usage, de sa conduite pendant son consulat. Il y a certainement une nuance de mépris dans cette affectation de désigner deux fois sous une forme anonyme et collective ce frère qui lui

NOTES

avait fait une si grande injure, et l'avait assimile en quelque sorte, lui, le sauveur de la réliuMique, aux scélérats qui avaient voulu la détruire.

2. — De mea hiude... reticeres. Cicéron n'avaitil pas raison d'être blessé de n'avoir pas même reçu un compliment de Métellus Célcr, pour ce grand acte de salut public auquel celui-ci avait lui-môme participé? Car Métellus, qui était alors prtteur, avait été envoyé par Cicéron dans la Gaule et dans le Picénum, pour y faire des levées et protéger cette partie de l'Italie contre les entreprises des conjurés.

3. — Me tua causa prœtermisisse provinciam. Cette province était la Macédoine que Cicéron avait échangée avec C. Antoine contre la Gaule; mais comme il n'y avait renoncé que pour rester à Rome, afin d'y étouffer les restes de l'incendie qu'y avait allumé Catilina, et que d'ailleurs il ne pouvait céder sa province à un préteur, il s'était arrangé avec C. Antoine, son collègue, de façon à ce que, dans le tirage au sort des provinces prétoriennes, la Gaule échût à Métellus. II s'était arrangé; cela veut dire que les dés étaient pipés.

4. — Claudia. Ou Clodia, sœur du fameux P. Clodius, trib. du peuple et ennemi de Cicéron. Ce galant homme la viola, dit-on. Soit que cet acte infâme l'eût affolée, soit qu'elle n'en eût pas besoin pour se livrer au libertinage, elle en vint à cet égard à de tels excès « qu'on la surnommoit publiquement Quadrantaria , parce qu'un de ses amoureux luy envoya une bourse pleine de quadrins (quart de l'as), qui sont petites monnoyes de billon, au lieu d'argent. « (Plutarq. Cic. 48.) De tout temps, les femmes de ce genre ont trouvé des épouseurs, et souvent des plus distingués par le rang, la naissance, ou la fortune. Claudia eut cette chance et devint la femme de Métellus Celer. On dit qu'elle l'empoisonna. Céhus Rufus, celui qui fut défendu par. Cicéron, et qui avait l'esprit aussi prompt que les mœurs détestables , l'appelait Quadrantaria Clytemnestra (Quintil. VIII, 6).

5. — Mucia. Femme de Pompée qui la répudia, après en avoir eu deux enfants. V. Suétone Cœs., o. Elle épousa ensuite M. Emilius Scaurus (Asconius, in Scaur. p. 19).

6. — Fridie Eal. Januarias. Le 31 décembre, dernier jour du consulat de Cicéron.

7. — Sedens iis assensi. Attaqué au sénat pour ses lois séditieuses contre le droit d'opposition des tribuns ses collègues, Métellus JSépos y trouva quelques défenseurs. Cicéron vota comme ces derniers et motiva plus ou moins longuement son vote : ce qu'il fait entendre par le mot sedens.

Cependant Népos fut suspendu de ses fonctions (Suét. Cœs. 16).

1. — A p. Sestius proquesteur. V. sa notice t. V, p. 697. 11 était proquesteur de la Macédoine qu'il gouvernait en l'absence de C. Antoine, proconsul.

2. — Cornelia. Fille de Cornélius Scipion, et femme de Sestius. — 3. — 0- Cornélius. Parent de Sestius. —4. — Q. Fufius. Fufius Calénus, tribun du peuple en 693, préteur en 693 et consul en 707. On voit par les Philippiques, qu'il fit dans le sénat une opposition acharnée à Cicéron, et combattit toutes les mesures proposées par celui-ci contre Antoine. C'est vainement que l'orateur en appelait à sa raison, et le reprenait avec toutes sortes d'égards, il n'obtint rien de lui, mais il eut la satisfaction de voir toutes ses propres propositions adoptées, en dépit des chicanes de cet entêté. Fufius était beau-père de Pansa qui fut depuis consul avec Hirtius.

5. — De Crasso domum. Cette maison était sur le mont Palatin. Elle avait été bâtie par Livius Drusus; elle passa de M. Crassus Dives (1. 19, n. a) à Cicéron, puis à Censorinus, et elle appartenait sous Tibère à Statilius Siseijna (Vell. Pater. II, 14). Cicéron l'avait payée trois millions cinq cents mille sesterces, ou 700,000 francs.

6. — jjt cupiam conjurare. Allusion plaisante à la principale cause de la conjuration de Catilina, et au but oîi il tendait, ainsi que ses amis, tous résolus à envahir le bien d'autrui pour payer leurs dettes.

7. — Semissibus. Le semissis était l'intérêt d'un capital à 6 0/0. Mais comme il s'agit ici d'usuriers ifeneratores), il est à croire qu'au lieu de prêter leur argent, pour l'intérêt en être paye chaque mois, selon l'usage des Romains, les honnêtes gens le prêtaient à la semaine, ou même, comme nous dirions aujourd'hui, à la petite semaine. Il est probable aussi que le nom de semissis était donné à ceux-mêmes qui exerçaient cette usure, et c'est dans ce sens que le traducteur l'a entendu. Voyez dans Grévms [Ad Fam. I, p. 213, des notes) le commentaire de Manuce sur cette expression.

8. — Antonius. C. Antoine, ancien collègue de Cicéron au consulat et alors gouverneur de la Macédoine, d'où il fut rappelé pour ses rapines. Toutefois, Cicéron avait si bien réussi à émouvoir, comme il dit, le sénat, qu'Antoine garda sa province jusque sous le consulat de J. César et de Bibulus, et môme quelques mois après leur

élection, comme l'atteste lEpitome de Tite-Live ,

cm.

i. — Teuxptç. On a cru généralement que C. Antoine, l'ancien collègue de Cicéron au consulat, était ainsi désigné; Orelli croit qu'il s'agit plutôt de quelque femme, amie particulière d'Antoine, qui avait promis de compter à Cicéron de l'argent de la part d'Antoine, et qui était lente à remplir sa promesse.

2. — Cornélius. Le Q. Cornélius de la lettre précédente, n. 3. Il négociait à la fois auprès de quelque préteur pour l'emprunt dont Cicéron avait besoin afin de payer sa maison, et auprès de Terentia, pour qu'elle engageât son mari à défendre C. Antoine dans le sénat : ce à quoi, ainsi qu'on l'a vu dans la lettre précédente, avait consenti Cicéron.

3. — Considium. Q. Considius, fencrator. fils ou parent du Considius, publicain dont parle "Val. Maxime, lX,i. — Selicium. Q. Sélicius, autre fenerator, ami de P. Lentulus Spinther qui fut, après Cicéron, proconsul de Cilicie. — Axium. Q. Axius, personnage qui faisait le même métier que les deux autres. Manuce le distingue de celui à qui Cicéron écrivit plusieurs lettres qui sont perdues; mais il est évident, d'après Varron, De R. R. III, 2, que c'est le même, ami à la fois de Varron et de Cicéron. Tiron lui écrivit comme à l'ami de son patron (Aul. Gell. VII, 3), et Suétone, Cœs. 9, produit une lettre de Cicéron à lui. On voit sur un denier de sa famille (Cohen, pi. VII, Axsia, n°s i, 2) Diane dans un bige attelé, noo pas de cerfs, ainsi qu'on l'avait cru, mais (ïaxis, espèce de cerfs originaires de l'Inde, par allusion au nom de la famille Axia. C'est M. Ad. de Longpérier qui a fait cette remarque. V. Mémoires de la Société des antiq. de Fr., t. XXI, p. 357. Les médailles romaines offrent de nombreux exemples de cette sorte d'armes parlantes, comme on dirait aujourd'hui.

4. — Centesimis nummum. « On sait assez, dit l'abbé Mongault, que chez les Romains aussi bien que chez les Grecs , l'intérêt se payait tous les mois, avec cette différence que chez les Romains c'était aux ides, c'est-à-dire vers le milieu du mois, et chez les Grecs à la fin. L'intérêt d'un pour cent par mois était exorbitant : cependant, comme le commerce en argent était devenu plus commun que dans les premiers temps de la république, on verra dans la suite :\. 25o, 257, 261) qu'on passait cet intérêt en justice. » Centesimœ. C'était l'intérêt à douze pour

cent. Cicéron parle ailleurs d'un intérêt à quarante-huit pour cent, centesimœ quaternœ.

o. — Ta'JTÔaaTOV îi;j.wv, supp. xaXX-.ov SouXsûîTai. Vers de Ménandre passé en proverbe, ce qui signifie que souvent la fortune sert mieux que la prudence.

6. — Nec... honeste possim hominem defendere. De peur de déplaire à Pompée qui demandait qu'on donnât un successeur à Antoine. Cicéron défendit pourtant celui-ci, et fit retarder du moins (1. 15, n. 8) sa révocation. Il avait d'ailleurs un comgte à régler avec lui, et si Antoine perdait alors sa province, Cicéron aurait probablement aussi perdu son argent.

7. — Clientem tuum. Tout esclave, lorsqu'il était affranchi, avait le droit de se choisir un patron, à l'égard duquel il était cliens. Toutefois son patron naturel conservait quelques droits sur lui.

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