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frictions, les fumigationset l'administration du calomel à doses réfractées. Ce n’est pas, selon toute vraisemblance, parce que l’'onguent mercuriel ou le calomel exercent, plus que les autres préparations, une action élective sur la muqueuse buceale; c’est plutôt sans doute parce qu'ils sont plus fréquemment administrés à fortes doses. Dix centigrammes de calomel, s'ils sont résorbés, représentent plus de mercure que dix cuillerées à bouche de liqueur de Van Swieten ; il est donc permis de dire qu'ils constituent une dose considérable. Si le bi iodure et le sublimé produisent moins fréquemment la stomatite aiguë, c’est qu’on les prescrit généralement à doses minimes. Donnez, comme on est souvent obligé de le faire pour obtenir un effet réellement curatif, 4 centigrammes de sublimé, et vous verrez le médicament provoquer la salivation comme les autres préparations mercurielles. »
M. Panas évite la salivation, ou tout au moins en atténue les effets dans la généralité des cas. « Il faut, dit-il, non pas combattre, mais prévenir la stomatite mercurielle, Il ne suffit pas de suspendre le traitement pour arrêter la stomatite lorsqu'elle apparaît. Il importe, dès le début, d'examiner avec soin l’état de la bouche du malade; certains dentifrices astringents peuvent être fort utiles. Un autre moyen fort employé par M. Panas, consiste à faire suer le malade auquel on donne dès le début du traitement un ou deux bains de vapeur par semaine. Il faut enfin cesser ou restreindre l’usage du tabac, et supprimer toute autre cause locale d’irritation. Chez les enfants nouveaunés, ou chez les personnes édentées, la stomatite ne survient jamais. C’est un fait bien connu à Almaden et à Idria : « plus de dents, plus de mal dans la bouche, »
L'on sait que le point de départ de la stomatite mercu- Combret, 9
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rielle est une périostite alvéolo-dentaire, et que la si la sa= livation peut se produire en dehors de la stomatite, elle lui estle pius habituellementliée de sorte qu’ellesse maintiennent et se prolongent réciproquement, comme cause et effet l'une de l’autre. Les soins locaux soigneusement institués avont toute inflammation sont donc de la plus grande utilité, puisque le gonflement commence presque toujours par les gencives entourant une dent cariée, lorsqu'il en existe, ou bien par le collet de la dent la plus rapprochée d’une cause d’irritation quelconque.
Notons enfin une observations curieuse rapportée par Foot. Il s’agit d'une paralysie radiale, chez un jeune bouvier, qui avaitavec la main nue frictionné des bœufs et me s'était pas débarrassé avec suffisamment de soin de l’onguent mercuriel employé. Cette paralysie était-elle d’ordre périphérique? En tous cas, les quantités probablement énormes de composé mercuriel, et le défaut de notions exactes sur la durée de son emploi et de la négligence du bouvier à se débarrasser les bras de ces masses d’onguent, s’opposent à ce que l’on puisse faire de cet accident particulier un argument quelconque contre la méthode
des frictions.
En résumé, l’on a voulu charger avec complaisance cette méthode d'une foule d’inconvénients qui ne lui appartiennent pas en propre. Si l’on considère les faits en les interprétant exactement, les abjections soulevées pourraient l'être aussi justement contre tout autre mode de traitement mercuriel : en effet, les accidents invoqués peuvent se retrouver également après l'administration interne par n'importe quel procédé, si l’on dépasse les limites très précises du mercurialisme léger. — Il ne reste-
mm pÊ Tu rait debout que les objections tirées de l’incommodité de l'emploi.
Mais, outre que l’on peut atténuer:beaucoup cette incommodité, et que des considératiens de: cet:ordre sont parfaitement. secondaires, est-il donc démontré que les diverses méthodes d'administration par l'estomac et les intestins soient exemptes, de leur côté, de tout incenvénient ?
« Tous les composés mercuriels dit M. Panas, et en « particulier les iodures et les chlorures doubles, sont « caustiques et fort irritants. Administrés à l’intérieur, « 1ls provoquent des diarrhées, des gastro-entérites, des « gastralgies, ou dyspepsies, qui forcent, à suspendre le « traitement. Tout ce qui a:été écrit contre l’abus du « mercure, comme apte à détériorer la nutrition et la « santé générale, ne peut s'appliquer qu’à la médication < interne. Car, ainsi que Liégeois l’a constaté pour les «injections hypodermiques du sublimé, et comme il:m'’a « été donné de le voir pour les frictions, les malades, à «mesure qu'ils sont saturés de mercure, loin de dépérir, « reprennent des couleurs et engraissent d’une, façon « très notable. » |
« On a soutenu que, comme la muqueuse gastro-intestinale était plus apte à absorber que la peau, la voie intestinale était la meilleure. Regrettable erreur. Des quantités considérables de pilules ou de liqueurs mercurielles peuvent être prises sans provoquer,de salivation, tandis qu'une-seule friction à suffi parfois pour. déterminer une salivation intense du jour au lendemain.
« Si l'on réfléchit à ce qui se passe lorsque la préparation mercurielle arrive, dans, l'estomac, on est: aussi
édifié,
« On sait en effet que, tout sel mercuriel s’y transforme plus ou moins en un chlorure insoluble ; que celui-ci mis en contact avec un excès de chlore, peut passer à l’état de sublimé dans une proportion variable, et qu’enfin celui-ci, au contact des matières albuminoïdes, est susceptible de former des chloro-albuminates, insolubles à leur tour. Dans ces conditions on ne peut prétendre à la fixité des
résultats.
« Une considération non moins importante en faveur
du traitement externe, c'est que le mercure arrive directement dans le torrent circulatoire sans passer par le système porte et par le foie, donc sans préjudice pour cet organe, celui où les substances métalliques se fixent le plus longtemps, d’après Orfila.
« Un autre avantage, c'est de laisser l'estomac libre pour l'administration d’autres médicaments souvent nécessaires pendant le traitement de la syphilis.
« Voici cequi ressort des faits par moi observés (plusieurs centaines d'observations à l'hôpital du Midi seulement).
« Des malades traités inutilement pendant des mois par des pilules de proto iodure ou de sublimé, ont recouvré la santé par le traitement des frictions après vingt-cinq à trente jours. Des malades porteurs de vieilles plaques hypertrophiques et condylomateuses, les ont vues disparaitre au bout de dix, quinze, vingt frictions en moyenne après un traitement de treize jours. Il va sans dire qu’aucun traitement local n'avait été fait contre ces plaques.
« Les formes graves de la syphilis, surtout celles qui s'attaquent aux os, au système nerveux, à l'œil (choroïde et rétine) et aux parenchymes, ne sauraient être mieux et plus promptement traitées que par les frictions. Telle est l’opinion de Fournier : « En face jd’une ophthalmie pro-