‹ Notes sur les principales méthodes d'administration du mercure par la peau Du Mercure Par La PeauChapitre 17 sur 28 · DES BAINS, DES LOTIONS ET TOPIQUES DIVERS · texte numérisé non relu

DES BAINS, DES LOTIONS ET TOPIQUES DIVERS

Des bains. — Les bains mercuriels ne sont guère employés chez les adultes que comme adjuvants d’un traitement interne. On s’en sert beaucoup plus volontiers pour combattre la syphilis infantile; c’est alors le sublimé que l’on emploie, en le faisant dissoudre à l'avance dans un mélange d’alcool et d’eau, et le tout est versé au moment voulu dans l’eau ordinaire d’un bain, qui doit être pris seulement dans une baignoire de bois. ;

Mais ce mode de traitement ne mérite pas la faveur: avec laquelle certains médecins l’ont accepté. Les expé-— riences les plus concluantes, démontrent, en effet, que l’absorption cutanée, pour les matières salines ainsi dissoutes

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dans le bain, est nulle ou infinitésimale lorsqu'il n’y a pas de lésions cutanées ou d'érosions superfñcielles de l’épiderme. Il serait trop long de rappeler ici toutes les controverses qui ont élucidé cette question: s’il y a eu des discussions fort compliquées au sujet de l’iodure de potassium, l’accord a été presque unanime au contraire pour nier formellement l'absorption dans le baïn, par la peau saine, des sels mercuriels dissous, et en particulier du sublimé, le plus employé. (Parisot, Hebert, Krause, Lehman, Duriau, Barthélemy, Murray Thomson, Delore, Deschamps d’Avallon, Rabuteau, Roussin, etc,).

Dans l’état pathologique, au contraire, toutes les fois que l’épiderme corné est altéré ou fait défaui par un procédé quelconque, les conditions sont absolument renversés et l'absorption superficielle peut devenir à ce point considérable, que le médecin ne doit plus administrer les bains médicamenteux de sublimé, ou appliquer tout autre substance toxique, qu’avec une mesure, une surveillance, une graduation au moins égales à celles qu’il apporte dans l’emploi de ces substances à l’intérieur ou en injections hypodermiques,

Donc, absorption nulle, ou des plus minimes et des plus incertaines, si la peau n’est pas modifiée dans sa continuité; absorption pouvant être énorme et très dangereu-— sement toxique, dès que l’épiderme fait défaut en quelqu’endroit : voilà les objections capitales qui s'opposent à ce que les bains mercuriels puissent devenir une méthode générale de traitement. |

Il faut donc en réserver l’emploi, comme traitement local seulement, dans certaines maladies de peau ne produisant pas d’excoriations, ou d’ulcérations quelconques. Par exemple, le pityriasis versicolor, qui est dû au déve-

loppement dans l’épiderme du microsporon furfur, peut être traité avec avantage par les bains de sublimé. M. Lailler les formule avec 20,30et même 50 grammes de subiimé, mais seulement quand la peau est intacte.

Bœrensprug avait aussi vanté les bains de sublimé comme capables de guérir toutes les variétés de prurigo; mais Hébra, par ses expériences, a prouvé que les résultats diffèrent peu de ceux que donnent les bains simples, et déjà, les excoriations produites par les grattages constituent un danger réel en ce cas. Enfin, les plaques de psoriasis les plus plâtreuses et les plus torpides, les placards de l’eczéma, les uicérations de tout ordre absorbent avec une extrême facilité les substances médicamenteuses

et toxiques. C’est ce qu’à montré M. Lailler à l’hôpital Saint-Louis (1).

Des lotions. — Dès 1497, alors que les frictions avec le mercure métallique éteint dans l’axonge, d’une part, ainsi que les fumigations de cinabre, d’autre part, avaient déjà donné lieu à bien des abus, Torrella conseilla les lotions de sublimé contre les douleurs et les pustules vénériennes,; « Aqua decoctionis argenti sublimati aufert, sed post lotionem lavetur cum aquâ ros. (2) »

On a essayé sans succès d’en faire un moyen général de traitement antisyphilitique. Félix Plater, Etienne Blancard (de Middelbourg), les ont préconisées. Mais leurs tentatives n’ont pas eu plus de résultats que l’exemple plus récent de Meyrieu, qui conseillait de frictionner la plante des pieds, les jambes et les cuisses, avec une forte solution de sublimé.

(1) Doyon et Besnier, notes à la traduction de Moritz Kaposi. (2) Citation de Proksch (Vienne, 1876), rappelée pariM. Hallopeau.

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Il est évident aujourd'hui que l'emploi des lotions, comme méthode d'absorption générale, ne peut avoir qu'un intérêt historique; tandis que leur action topique, irritante, parasiticide, etc., peut être mise à profit très fréquemment avec grands avantages. Nous donnerons donc quelques formules de lotions, parmi les plus usitées, au formulaire forcément très borné,que nous annexerons aux présentes notes.

Des topiques divers. —- Nous donnerons de même un certain nombre de formules, parmi les plus connues et les plus utiles, des diverses espèces de préparations mercurielles topiques, telles que : pommades antiherpétiques, antiophthalmiques, antisyphilitiques, etc. On se servait beaucoup autrefois d’emplâtres mercuriels, qu’on appliquait souvent sur de vastes surfaces, de manière à produire la salivation. Le plus célèbre, et le seul’ usité encore aujourd’hui, est celui de Jean de Vigo, dans lequel entraient au commencement des grenouilles vivantes, de la graisse de vipère et une foule d’autres ingrédients en même temps que du mercure. Les vieux auteurs n’ignognoraient pas que la plupart de ces substances étaient inertes, et que le mercure seul agissait. Cependant, on a eu beaucoup de peine à simplifier ces étranges formules.

Les topiques mercuriels ne sont plus guère employés maintenant que pour produire des lotions locales, parasiticides, irritantes, caustiques, antisyphilitiques, etc.; mais ils rendent couramment de très grands services. Nous devons enfin signaler un emploi tonique des mercuriaux, dont l’importance est considérable, pour atténuer ou empêcher la formation des pustules varioliques.

Huxham, Boerhaave, van Swieten, Cotugno, avaient

PE US préconisé l’usage interne des mercuriaux à haute dose contre la variole; cette médication est abandonnée aujour— d’hui : mais l'efficacité de l’application externe et incon— testable. Zimmermann est le promoteur de cette méthode; ayant observé par hasard qu’une malade de son service, atteinte de la variole, eut la peau couverte de pustules et de cicatrices, sauf en une seule partie du corps, qui avait été recouverte d’une emplâtre de Vigo pour une affection d’un tout autre ordre, Zimmermann sut profiter de ce fait, pour l’ériger en méthode. Ses expériences furent répétées avec succès par MM. Serres, Trousseau, Briquet, Nonat, Grisolle, et sa méthode s’est généralisée depuis lors.

On a dit que le mercure n’avait, en pareil cas, aucune action spéciale; qu’un corps gras, un enduit protecteur quelconque auraient le même effet. Mais Grisolle disait au contraire : « C’est en vain que j'ai comprimé les pustules avec des bandelettes de diachylon:; je n’ai jamais pu réussir à les faire avorter, tandis qu’on peut arriver à ce résultat en faisant des onctions ayec une pommade mercurielle; l’emplâtre de Vigo n’agit pas par compression,mais uniquement par la préparation mercurielle qu’il contient. »

M. Briquet a démontré de son côté que, suivant l’époque à laquelle on fait l'application des emplâtres mercuriels sur les éruptions varioleuses, et suivant l'intensité de l’éruption, on peut obtenir ou la résolution complète, ou la transformation en vésicule, ou enfin l’induration tuberculeuses des pustules, et que dans tous les cas, en atténuant l'inflammation de la peau, on prévient la formation des cicatrices. |

C’est surtout l’emplâtre de Vigo que l’on a employé jusqu'ici comme absorptif des pustules. Nous citerons aussi

plusieurs autres préparations dans notre formulaire, Mais le savon napolitain nous semble devoir être dans ce cas la préparation la plus commode.

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