FER
Pour abréger» nous parlerons des séries, par ordre de gisements géologiques des localités; et nous indiquerons très sommairement» les exploitations qui s'y rattachent et les conditions industrielles.
. La série des fers de la proidnce de Léon, exploités par la même compagnie que nous avons citée à l'article de la houille» offre une grande variété de minerais où le fer se trouve dans divers états d'oxidatibn et carbonate. Il j a aussi des fers appela argileux et ^es grès ferrifères» très abondants. Le prix de ces minerais est aussi variable que leur richesse respective ; depuis celui de 5 mar»yédis, ou moins d'un sou le quintal» de celui où la chaux domine» jusqu'à 22 maravédis» ou 4 sous le quintal du fer hidroxidé.
La fonte s'obtient dans de hauts foiimeaux à l'anglaise. L'affinagp se fait au charbon de bois, assea abondant dans le pays. La fonte grise» destinée à la forge et au moulage, se vend à 11| réaûS le quintal ; la fonte blanche-grise, est employée seulement pour la forge. Le fer forgé et raffiné» dont on obtient 72 pour cent, se vend à 64 réaux le quintal.
Ce remarquable district est très abondant en kaolin» grès réfractaire et d'autres matières céramiques» dont nous ferons mention.
Sur le versant du nord de la même chaîne des montagnes» se trouvent les gisements de fers des Asturies. Leur nature est identique à ceux de Léon ; des oxides, des peroxides» der hydroxides. Les prix de ces variétés sont, presque partout» 3 réaux le quintal. Les filons sont très riches. La grande fabrique de Trubia, emploie rhydroiide pour la fimte des caooivi et d'i^itreii objets» qui ont été
exposés à la dernière exposition de Madrid : c'est de cet hydrozide qu'a été fait le buste du Roi qn^on a envoyé à Londres.
La série astnrienne présente aussi du fer olignite du Mont Aranio, et un grès ferrifère, très riche de St. Andres, qui se vend au même prix des bjdroxides, 3 réaux le quintal.
Sur la même région, nord de l'Espagne, mais plus à Test, nous possédons de riches mines dans les provinces de Alava et de Guipuzcoa. Elles donnent les célèbres fers de Biscaye, si bien élaborés dans les forges catalanes, et du produit desquelles on peut admirer, dans la grande galerie du Palais de Cristal, deux pièces d'artillerie, forgées par les partisans de Don Carlos, dans la ville d'OBate en 1837.
Les minerais de la série Biscayenne sont des fers spathiques de la Sierra d'Arbalan, où il existe en exploitation un filon de près de 4 mètres d'épaisseur, vendus, au pied de lamine, à 2 réaux le quintal, et des hématites réniformes. La houille, pour ces usines, est celle des Asturies. On obtient du fer de bonne qualité, qu'on vend au prix de 40 réaux la fonte, et 80 le fer malléable. Cette mine est moderne ; et elle pourrait produire 25,000 quintaux par année. Elle possède de hauts fourneaux et des fours à pudier et d'affinage, des marteaux et des laminoirs convenablement disposés. Dans le même pays on travaille le fer si renommé de Somorrostro dans des forges à la catalane et cilindrés à la Maestu, On voit à l'Exposition des échantillons de ces produits.
Les minerais exploités dans la province de Guipuzcoa dans la jurisdiction du village de Mutiloa, sont ordinairement mélangés avec trois parties des minéraux de Somorrostro et fondus dans des forges à la catalane ; l'exploitation de Aldaes-Iturri, près du village de Cerain, est tout-à-fait semblable. Le fer est vendu à 104 et 108 réaux le quintal de 150 livres. Le prix des mméraux ne d^asse pas 2 réaux le quintal du même poids.
Du oetttre de l'Espagne, la collection espagnole n'oAre que des échantillons de fer hydroxidé et carbonate de la province de Salamanque* Les filons de Ueregnijuela et les couches des Alamos d'oii ils procèdent, sont très riches et donnent de 40 à 45 pour cent de fer malléable, au moyen du charbon de bois dans des forges catalanes.
Des séries du midi, sur la côte de l'Andalousie, nous citerons, eu pfftmière ligne, le fer magnétique de Marabella, employé dans les deux grandes usines que Mr. Heredia possède à peu de distance de
la mine et dans la ville de Malaga. Ce minerai donne, en moyenne, 60 pour cent de fer, et le produit annuel monte à 180>000 quintaux.
Le district de Malaga o£fre aussi d'anciennes exploitations de fer carbure, vulgairement nommé mine de plomb. Les échantillons de l'Exposition proviennent de la Sierra Bermeja, canton de Benahifl. Il se trouve dans la serpentine ; il est exploité depuis un siècle, et son existence est reconnue sur une profondeur de 70 vares, ou 58 mètres.
Une mine de fer micacé avec hydroxide, est exploité à Bacarés, province d'Alméria. Il est fondu dans une forge catalane avec le charbon de chêne, et donne un fer excessivement malléable, qui est vendu dans l'usine pour les besoins du pays, à 120 réaux le quintal.
Une autre mine de fer argileux est exploité à Beires, et produit l'excellent fer doux de Ohanes, travaillé de la même manière que le précédent, et vendu à 64 réaux le quintal.
Les minerais de fer, employés dans les hauts fourneaux du Pedroso, province de Séville, sont des espèces olignites, magnétiques et hydratés, qui ne sont pas venues à l'Exposition. Mais on trouve une série des fontes et des fers doux qui en sont obtenus. La première se vend à 38 réaux le quintal, et les fers doux forgés à 12^.
Les hauts fourneaux que l'usine du Pedroso possède, marchent avec du charbon de bois, et les autres fourneaux avec de la houille des mines de Yillanueva del Rio. Les produits annuels de cette mine montent à 50,000 quintaux de fonte, dont la plus grande partie passe à l'affinage. Un des hauts fourneaux est en repos, à cause du défaut de commandes.
Nous terminerons la revue des fers espagnols par celle de quelques échantillons envoyés du centre de la Péninsule. Ils appartiennent à deux espèces minéralogiques : le fer hydroxidé et le fer carbonate. Le premier provient de la mine de St. Antoine, près des Alamos, province de Salamanque. Il est en couches qui donnent à la fonte 45 pour cent de fer. Il est fabriqué dans des forges catalanes.
Le fer cabonaté, de la même province, n'est pas si riche que le précédent ; il est travaillé de la même manière dans les forges de Notre Dame du Carmen, près de Hereguijuela.
Avant de finir ce chapitre, nous devons faire mention de la série de fontes et de fers forgés et étirés de l'usine de M. Giro, à Malaga, et de la belle série d'aciers de la Société Lenense Asturienne. La. cherté de la houille, et la rareté du charbon végétal, sur la côte de
rAndalousie^ sont un grand obstacle au développement avantageux des grandes mines ëtablies sur la côte de l'Andalousie, et c'est pour cette raison qu'elles ne peuvent travailler qu'à l'abri protecteur des tarifs. Mais un pareil obstacle n'existe pas pour les exploitations des Asturies et de Léon, où la houille^ le charbon de bois, les castines» les terres réfractaires» se trouvent avec la même abondance que les minerais ferrif ères. La sërie d'aciers, qui se trouve à l'Exposition» mérite d'être étudiée sous le point de vue industriel et commercial.