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est bien marquée dans la moitié postérieure de ce qui en reste ; mais dans la moitié antérieure , jnsqu*aux pointes , il n'y en a point de traces appréciables, les deux os sont soudés ; leur surface postérieure est assez bombée et à peu près tîsse.
Du lacrymal , il ne reste que la pointe antérieure , du côté gauche ; il a été enlevé du côté droit. Le trou , placé non loin de la pointe antérieure , et qui touche au bord su-* périear du maxillaire, est ovalaire, grand et bien marqué. J'ai dit ailleurs, dans mes autres ouvrages sur les Téléosaures, que je regardais ce trou comme Fanalogue du trou sousorbitaire des Mammifères; il paraît manquer entièrement chez les vrais Crocodiliens vivants et fossiles, il est un peu plus grand et situé un peu plus en arrière , en mesurant de la pointe des os du nez , que chez le Tel, Larteti , auquel l'espèce que je signale dans cette note ressemble beaucoup.
Les deux palatins sont assez entiers ; cependant leurs extrémités postérieures sont absentes dans une longueur de 8 à 10 centimètres, si j'en juge d*après la longueur des palatins du Tel. Larteti^ auxquels ils ressemblent beaucoup; mais ib sont plus bombés , leur courbure est régulière et font une saillie plus considérable à la voûte palatine. Leur extrémité antérieure est arrondie et garnie de denticulalions minces qui s'appliquent sur le maxillaire supérieur. Cette extrémité ressemble encore beaucoup à celle des palatins du Tel. Lcarteti; mais , pour ceux-ci , Tangle antérieur est plus aigu ; cette extrémité est distante de la troncature antérieure de 9 centimètres , c'est-à-dire que les palatins se prolongent moins en avant , de cette quantité , que les os propres du nez » dont la pointe atteint la troncature antérieure. Chez le Tel. Larteti y la pointe des os du nez dépasse Textrémité antérieure des palatins de VI centimètres; ainsi, chez ces deux espèces, la pointe de ces os se prolonge de 3 centimètres
plus en avant. Je ne vois pas non plus , sur te tronçon de Longues , deux appendices osseux , étroits et minces qui se touchent , sur la ligne médiane et sont couchés sur les maxillaires , dans retendue de 5 centimètres. Enfin , chez le Tel Larteti se voient , à Forigine des deux appendices osseux, deux trous assez petits, auxquels succèdent, en avant, deux petites gouttières de 2 ou 3 centimètres de long, qui ne se voient pas non plus sur le Téléosaure de Longues. Enfin , on voit à la troncature postérieure, entre la sature des palatins D et des maxillaires supérieurs B , une échancrure anguleuse qui marque l'extrémité antérieure du grand vide représentant le trou palatin postérieur , existant chez les Crocodiliens et les Téléosauriens.
Tels sont les éléments peu nombreux qui nous restent pour caractériser le Téléosaure de Longues et le comparer avec les autres espèces qui me sont connues ; cependant , je les crois suffisants pour arriver à un résultat certain.
Le Tel, Chapmarmi du lias supérieur , de Boll en Wurtemberg , a le museau beaucoup plus aplati et plus rugueux.
Sa grandeur ne permet pas de le comparer au Tel. tem^ poralis , dont le palais est d'ailleurs aplati , et Tensemble des caractères particuliers de la tête de celui-ci repousse toute comparaison.
Il en est de même du Tel. Cadomensis , qui , quoique d'assez grande taille , a une tête si petite et d'une forme si particulière en outre , que son museau est très-aplati.
Le Tel. megùtorhynchus a le museau beaucoup plus plat dans l'étendue correspondant aux os palatins ; les os propres du nez sont bien plus étroits et plus allongés, quoique d'une taille assez analogue ; on ne peut confondre ces deux espèces dès qu'il est possible de comparer deux spécimens en bon état. Nous possédons presque toutes les parties du squelette du Tel. megistorhynchus. Nous n'avons encore rien de celui
-^iode Longues. Il est à espérer que i*on poorra plus tard comparer les restes des squelettes de ces deux espèces.
Le Tel. de Longues est encore plus rapproché du TeL Larteti , ainsi qu'on a pu le pressentir par les. comparaisons faites ci-dessus des pièces osseuses du tronçoa de la tête du premier.
Avec des fragn^eiits mutilés de diverses têtes de Téléosaures, ' appartenant à Toolithe inférieure et aux strates qui la précèdent dans Tordre des temps , il est difficile de distinguer les espèces , tant eHes paraissent se ressembler : à force de les comparer, de mesurer les diverses parties , surtout si Ton a quelques pièces d*one bonne conservation , les différeuces se prononcent, et Ton peut arriver à caractériser suffisamment, comme appartenant à des espèces distinctes, des débris que Ton eût été tenté de regarder comme appartenant à une seule.
C'est ainsi que les espèces que je connais , et dont le gisement est au-dessus de la grande oolithe , ont leur arrièrecrâne beaucoup plus élevé que ceux du lias et des oolithes ; la crête postérieure, qui forme la limite de l'arrière-crâne en dessus, au lieu d'être dans une direction presque horizontale, forme un angle très-pronouçé à sa partie moyenne. Pour me borner à une région que je puisse comparer à celle qu'il nous est possible d'étudier sur le tronçon de la tête de Longues, outre que les os propres dunezdes Téléosaures du calloyien et des formations jurassiques qui le surmontent , sont beaucoup plus longs et beaucoup plus larges qu'ils né le sont chez les premiers^, la base de leur museau a beaucoup plus d'épaisseur. Comme pour le Téléosaure de Longues, la voûte palatine est fortement bombée et saillante en arrière. Mais cette même voûte palatine a un caractère particulier <|i9i ne se voit que chez les Téléosaures du callovien et des formations qui le surmontent : à partir de la partie moyenne
do museau et en se dirigeant vers Tarrière , le palais est d*abord un peu concave , c'est-à-dire qu'il a la forme d'une large gouttière superficielle renversée ; mais, en se dirigeant toujours vers l'arrière , le fond de la gouttière s'élève peu à peu , et finit par devenir une protubérance fort saillante , rendu j plus évidente encore par deux fortes dépressions fatérales qui , en se prolongeant vers l'avant , finissent pas se mettre de niveau avec la large gouttière palatine dont je parlais tout à l'heure.
Je ne finirais pas, si je passais en revue les nombreuses différences qui se voient dans les régions équivalentes à celles du tronçon de Téléosaure de Longues , comparées aux espèces du callovien et des autres formations géologiques su})érieures à celle-ci.
L'espèce de Longues , quoique voisine du T. Larteti en particulier , ne peut rentrer légitimement dans aucune de celles qui me sont connues. Je la dédierai à M. Boutillier , qui a bien voulu donnera mon fils le remarquable échantillon qui fait l'objet de cette note , et la nommerai Teleosaurus BoutilUerû La forme toute particulière de sa région palatine, qui offre une courbe bien prononcée, pourrait faire désigner cette espèce sous le nom de palato curvatm , mais ce nom serait un peu barbare et je préfère, à tous égards , la première dénomination. Nous venons de voir que les calloviens et suprà calloviens ont aussi le palais saillant , mais d'une autre manière ; et s'ils n'avaient pas déjà reçu des noms , Tun d'eux pourrait être appelé Tel. palato gibbosus , qui exprime exactement la forme de leur palais
C'est une chose assez remarquable de voir , non pas précisément des espèces différentes pour chaque sorte de terrain, mais que l'espèce de la grande oolithe soit , par la forme de son palais, intermédiaire, jusqu'à un certain point , entre les palais aplatis des Téléosauriens du lias et des oolithes
inférieures , et les palais gibbeux des Téléosaures calloviens et suprà calloviens ; il est probable que lorsque Ton viendra à connaître les autres parties du Tel, BoutiUien , ses caractères d*espèce particulière se manifesteront plus nombreux et plus faciles à formuler.