‹ Notes sur ParisChapitre 16 sur 37 · UN DINER · texte numérisé non relu

UN DINER

« Madame est servie. »

— La maîtresse de la maison se lève avec une certaine lenteur et va prendre le bras du plus qualifié des convives. Celui-ci arrondit le bras, courbe gracieusement le dos, cherche une phrase, et trouve un sourire. Cependant un petit désordre se fait; les hommes cherchent des yeux une console pour y placer lestement leurs chapeaux; la politesse et la modestie les tiraillent. Offrirais-je le bras? Ma cravate est-elle bien mise? Passerai-je le second? Passerai-je le troisième? L'urgence se déclare; trois habits noirs à la fois se précipitent autour d'une jupe; la jupe choisit au hasard, et le défilé commence. A la queue, l'excédent mâle avance, d'un air demi-content, demi-réservé, devant les beaux laquais raides. Ah! qu'ils ont l'air dignes! qu'ils sont bien poudrés! quelle tenue d'am-

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bassadeurs ou de ministres! J'ai vu des ambassadeurs et des ministres; les laquais sont mieux; la belle prestance est une portion de leur état ; leur gravité n'a pas d'égale. Mais surtout, ils ont l'organe essentiel, aristocratique, le mollet; des mollets complets valent en plus cent francs de gages : ce mollet blanc au-dessus d'un soulier à boucle reporte l'esprit aux plus beaux jours deMarlyetdeVersailles. Hélas ! si nous relevions notre pantalon, combien d'entre nous, bourgeois desséchés, enflés, déformés, seraient dignes d'être des laquais!

Les dames s'asseyent, arrangeant et étalant leurs jupes. Les hommes, discrètement, le lorgnon à l'œil, cherchent à lire leur nom sur le petit papier blanc qui leur indique leur place; ils la prennent en saluant, et toussent pour éclaircir leur voix, à demi-ensevelis sous deux robes. Sur toute la lignej'armée des verres et des bouteilles scintille; chaque assiette a son petit bataillon ; les candélabres jettent par milliers leurs clartés blanches sur cet arsenal luisant; les corsages de soie, les rubans, les diamants chatoient ; un large vase d'azaléas et d'arums lève, au milieu de la table, ses panaches satines et la délicate frange de ses fleurs épanouies ; le petit bruissement des cuillers et des plats s'élève, semblable au givre qui grésille contre des vitres. Qu'est-ce que je vais dire à ma voisine?

Mon neveu Anatole Durand qui dîne ici pour la première fois a l'air empêtré ; il va trop dîner; dans

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un quart d'heure, ses yeux seront allumés et ses joues rouges; il se battra les flancs pour trouver une idée et il accouchera d'une sottise. Mon neveu Anatole, à votre dernier bal, après six minutes de silence, vous avez dit à votre danseuse, une fine et charmante fille qu'en imagination je vous destinais pour femme : « Mademoiselle, vous habitez Chatou ?» — « Oui, monsieur. » — « C'est un bien vilain endroit. » Et la conversation en est restée là. Mon neveu, quand on parle si peu, on doit trouver autre chose.

Moi, je me sens au large; j'ai le porc salé et les huiles. D'un plat ou d'une lampe, je passe aux viandes et au pétrole, et je lâche une ou deux histoires; ma phrase, une fois attelée, va toute seule comme un cheval d'omnibus qui sait son chemin. Vers le Champagne, je décris l'Américaine osseuse et puritaine, versée dans la Bible, l'économie politique et l'anatomie; j'établis un parallèle entre cette prêcheuse et qui de droit ; on daigne me sourire, et, la conscience satisfaite, je me lève pour aller au fumoir. Infailliblement, comme j'ai cinquante-trois ans sonnés, ma voisine dira tout haut en rentrant au salon : « Ce monsieur Graindorge est un peu singulier, mais il est fort aimable. »

Au centre de la table est un ancien ambassadeur, sénateur aujourd'hui ; c'est le principal personnage. Figure de bois, pas un muscle ne bouge. J'ai

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remarqué souvent cette expression chez les hommes politiques, surtout chez les hommes officiels; à force de représenter, ils ont acquis l'immobilité d'une figure décorative. Celui-ci ne s'amuse pas, ne s'ennuie pas: il est là, passif, fixe, vide de sensations, comme un factionnaire dans sa guérite. Ce qui est encore plus beau, c'est qu'il n'a pas d'absences ; sa pensée ne vagabonde pas ailleurs, elle s'est figée, elle ne s'occupe qu'à maintenir la physionomie à l'érat majestueux, et le corps à l'état rectiligne; même elle ne s'occupe point à cela ; l'état rectiligne et l'état majestueux sont désormais des habitudes ; il n'a plus besoin de se contraindre et ce s'observer pour y atteindre. La bête prend toute seule l'attitude grave, sans que l'âme ait besoin de s'en mêler; délivrée de tout souci, l'âme se dispense d'être. Un demi-sourire terne habite uniformément sur les lèvres magistrales ; des rides imposantes descendent le long du nez; le long visage nettement coupé semble celui d'un buste. Spectacle auguste! Véritablement, aveeson cordon rouge et sa plaque, il est admirable à voir, surtout à table et au whist, mieux encore quand il salue; en ces moments-là, on se demande pourquoi il ne salue pas toujours; certainement, il ne peut pas se fatiguer, ses courbures et ses redressements sont trop parfaits; on n'imagine pas des tendons et une échine si disciplinés, si sûrs d'euxmêmes ; c'est la correction et l'élasticité d'un automate. Ce soir, il a de la conversation; en belles phrases bien écrites, il cause avec un banquier, son voisin, des queues de mouton, plat remarquable, fort étudie en

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Autriche et en Angleterre, mal compris en France, et qui, pourtant, après diverses tentatives, a rencontré un interprète convenable dans le cuisinier de M. de Rothschild.

Première dame à gauche, une vraie Parisienne ; ennuyée d'être à côté d'une bûche diplomatique, elle s'est retournée vers son voisin qui est jeune. Vingtquatre ans, trois rangs de grosses perles dans la coiffure, deux larges boucles de cheveux retroussés sur les tempes, qui lui donnent l'air le plus fantasque et le pius piquant; une taille fine, des épaules toujours en mouvement, et la plus légère, Ja plus mignonne, la plus bruissante robe lamée et satinée qu'on puisse imaginer; le nez est un peu long, mais les dents sont parfaites, et ses yeux noirs ont un feu, une verve, une allégresse continue qui illumine toutes ses idées et tous ses mouvements. Sa supériorité consiste dans sa franchise. Elle veut s'amuser, vivre parmi des choses brillantes, et elle l'avoue. Pour elle, la vie ne commence qu'aux lumières, à onze heures du soir, au milieu des conversations, parmi les parures et l'ondoiement des jupes lustrées, argentées, brodées, qui se froissent et s'étalent sur les poufs roses. Deux, trois soirées chaque soir, cinq ou six dîners par semaine, les Italiens, TOpéra, et, pour surcroît, le Bois chaque après-dînée ou les visites reçues et rendues: ce n'est point trop pour elle. Jamais de lassitude ni d'affaissé-

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ment; elle est dans le monde comme un navire er\ pleine mer, en beau temps, à pleines voiles. L'envahissement est si fort que toutes les parties de sa pensée ont reçu l'empreinte de sa passion. Les autres jeunes femmes sont hypocrites à l'endroit de la musique, celle-ci point. Elle joue du piano et se moque de son jeu ; au lieu de se pâmer devant Beethoven ou Mozart, elleécoute Verdi ou Rossini et seulement pendant dix minutes, rien de plus; un morceau lui plaît comme un sorbet glacé qui occupe agréablement un quart d'heure ; elle n'aspire pas au sentiment, à la profondeur d'une âme incomprise. Toutes les importations allemandes ont glissé sur elle sans la pénétrer. Elle est parfaitement Française, et du xviii8 siècle, semblable à cette marquise qui, avant de recevoir un grand général, demandait : « Est-il aimable? » Bien loin de s'incliner gravement, avec componction, devant les choses respectées, elle les touche du bout de son ombrelle, regarde une demi-minute, fait une petite moue et passe à côté. En politique, il n'y a pour elle que deux partis, celui des mains gantées et celui des mains saies. La religion est une chose admirable, mais le vicaire a de si mauvaises façons! Rien de plus beau que les vertus domestiques, mais qu'est-ce qu'une femme qui fait des comptes de cuisine? La peinture est un grand art, mais pourquoi les peintres ont-ils le plus souvent les yeux clignotants et des lunettes? M. de... est le premier politique du siècle, mais il a une tete de casse-noisette et l'encolure d'un tonneau. Gela va si loin qu'elle n'est pas même vaniteuse ; elle

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ne perd pas son temps à se comparer à ses voisines ; leurs jolies toilettes ne l'irritent pas, au contraire, elle en jouit ; ces toilettes font partie de l'éclat qu'elle aime; la jalousie et les rivalités sont de vilains intrus, grimés et grognons, qui ne trouvent point d'accès chez elle; son esprit est trop gai, trop semblable à une salle de bal, toujours rempli par les idées bourdonnantes, par les alertes et changeantes images du divertissement. Il faut la voir et l'entendre conter une histoire la plus mince, un simple détail de la vie ordinaire; il y a un tel entrain dans toute sa personne, un accent si vif et si net dans chaque parole, un tel élan dans chaque idée, qu'on ressent, par contre-coup, le plaisir de vivre.

Mariée depuis quatre ans. Le mari l'a promenée d'abord sur le Rhin, puis en Italie; ensuite il a fallu arranger l'hôtel, les voitures, la maison de campagne; cela a suffi deux ans. Maintenant elle joue avec lui comme avec une balle; non qu'elle soit méchante, mais elle s'amuse de tout, même de lui quand elle l'a sous la main. Il devient gros et s'essouffle vite; elle le persiffle après dîner, quand il s'endort ; elle lui fait faire ses courses. Le pauvre homme, sanguin et replet, n'y peut mais, et depuis un an devient amoureux d'elle; il la regarde à table, il est inquiet, elle est trop aimable avec tout le monde. Achetez un joli couteau bien damasquiné et de trempe fine ; plus il sera affilé et bien emmanché, mieux il s'enfoncera dans votre poitrine.

Ce soir, elle tourmente un grand homme de fraîche

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date, un compositeur. Ce malheureux musicien vient de publier trois nocturnes; il n'en dort plus; il est oppressé par son oeuvre; il ne sent plus le goût du chevreuil ni des truffes; il se verse des verres de vin dans le gosier, croyant boire de l'eau ; il a besoin qu'on lui parle de ses nocturnes. Elle lui cause de musique depuis le potage, mais sans arriver jusqu'aux nocturnes; elle s'arrête juste sur le bord et regarde sa mine alléchée, puis, d'un saut, rentre dans les phrases générales. A chaque quart d'heure, elle devient plus brillante et lui plus morne. Vers le Champagne, il est tout à fait désespéré : a Mes pauvres nocturnes! » A ce moment, elle entame l'éloge de Gounod. Il s'essuie le front avec la main et, en manière de consolation, demande du Champagne.

Le premier service est fini. Petite pause. Un vague sentiment de béatitude se répand comme un parfum autour de l'âme. On n'a plus faim, mais on peut manger encore. On digère bien, et on sent qu'on digérera mieux. L'estomac est la conscience du corps, et, quand il est heureux, tout le reste le devient par contre-coup. On voit, avec mie tranquillité voluptueuse, arriver le second service. On ne réfléchit pas, on ne fait pas de remarques expresses, mais on sent vaguement le luisant des porcelaines, la gaieté des parures, le moelleux des étoffes, l'arrangement fin et ingénieux de tuut le luxe environnant. On s'oublie à regarder une jolie tête

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penchée, à suivre le scintillement d'un diamant au bout d'une oreille, à contempler longuement quelque riche rose épanouie et posée parmi des cheveux blonds. Tout ce monde cause vivement, sourit, semble dans la joie. C'est ici la vraie fête, l'assemblée solennelle, la plus vénérée entre toutes les cérémonies mondaines, et la vapeur odorante des plats monte en spirales délicates,comme l'auguste fumée d'un sacrifice.

Quatrième convive à gauche; un gros propriétaire, ancien financier , maintenant député de province , échoué sur un banc de la Chambre comme un phoque. Passionné pour le pâté de poisson, gourmet supérieur; il a des serres et fournit des ananas à ses amis. Son voisin , jeune référendaire encore neuf, essaye de l'amadouer, de l'amuser, de l'entraîner dans la politique et la littérature. Il répond peu, et son sourcil froncé semble dire : « Cet animal-là, avec ses phrases, m'empêche de sentir la qualité du sauterne. »

Une femme de quarante ans, mélancolique. Pas d'emploi, et son nez devient rouge.

Qu'est-ce que ce menton rasé et ces favoris noirs au bout de la table? Ce courtisan de D... ! il est partout.

Professeur suppléant à l'École de droit/long, mince, l'échiné courbée, toujours saluant, présenté à tout le monde, faufilé partout, assidu partout, le parfait intrigant. Pas une idée, pas une apparence de talent ni

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de conversation, ni de plume, ni de parole, et il arrivera. Il vient ici, comme dans dix maisons, deux fois par semaine, il s'étale devant la cheminée, il va s'incliner devant toutes les femmes, il échange trois phrases vides avec tous les hommes; il se montre, on le voit; l'idée de sa tête blafarde et de sa forme oblongue se grave, à force de répétitions, dans tous les esprits. Impossible de l'oublier, on l'a trop vu; il habite dans l'imagination de chacun. comme la Revalescière Dubarry, ou le siccatif de Raphanel. On a beau le juger à son taux, le déclarer nul, on ne peut s'empêcher de l'avoir dans la tête. La maîtresse de la maison le trouve sous sa plume quand, dans sa liste d'invités, elle a besoin de boucher un trou. Le ministre, embarrassé entre deux candidats, le rencontrera dans son souvenir comme un en-cas; c'est un homme commode, il ne fera pas parler de lui, on peut le nommer sans se compromettre. Il est patient, il sourit bien et longtemps, il peut rester collé au mur, avec bienséance, toute une soirée; il regardera les tableaux, il fera danser les délaissées; ses habits sont corrects, il fait nombre, honorablement, comme une potiche sur une étagère. Prenez exemple, mon neveu Anatole, voilà une graine d'académicien.

Cne des dix plus jolies femmes de Paris, la figure la plus régulière, toilette toujours nouvelle; mais c'est une simple poupée; son mari est un titi élégant. Pas

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un souci ; ils semblent faits l'un pour l'autre, pour aller au Bois, pour danser, pour entrer et sortir, saluer, être en visite. Ils envoient sept cents cartes au jour de l'an. Elle a tant souri, qu'à vingt-huit ans elle a des commencements de petites rides imperceptibles autour des yeux et des lèvres.

Quand je m'approche d'elle, je prévois intérieurement le geste, l'air de tête, la réponse que ma phrase va produire. Tirez la ficelle d'une serinette, vous savez d'avance l'air qui va sortir. Joli serin pimpant, coquet, qui trottinez sur vos barreaux polis, dans votre cage dore'e, près d'une mangeoire bien pleine, votre plumage est lissé, vos mignonnes petites pattes dansent tout le jour et sans fatigue, votre bec attrape d'un air mutin les grains de mil choisi qu'on vous prodigue, votre gosier a son répertoire de petits cris gentils et aigres, et je vous achèterais bien cent francs avec la cage: mais je vous aimerais mieux empaillé que vivant .

Il me semble qu'on rit un peu, quoique décemment, à l'autre bout delà table. Un attaché d'ambassade, placé auprès d'une authoress anglaise, personne morale, essaye de défendre le roman français, qui est accusé de corrompre les mœurs. Après plusieurs passes et ripostes, il lui dit, avec un air d'honnête homme : « Miss Mathews, vous nous jugez sévèrement, c'est « faute de nous avoir assez lus ; permettez-moi de

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« vous envoyer demain un roman français, récent, « célèbre, le plusprofond et le plus utile entre tous les « écrits moraux de notre temps. Il a été composé par « une espèce de moine, un vrai bénédictin, qui est « allé dans la Terre-Sainte, et qui même y a reçu des « coups de fusil des infidèles. Ce moine vit dans un « ermitage près de Rouen, enfermé jour et nuit, et « travaillant sans relâche. Il est fort savant, et il a pu- « blié un ouvrage d'archéologie sur Carthage. Il dea vrait être déjà de l'Académie ; on espère qu'il succé- « dera à Msr Dupanloup. Non-seulement il a du « génie, mais il a de la conscience. Il a disséqué long- « temps sous son père, qui était médecin, et connaît « le moral par le physique. S'il a un défaut, c'est d e- « tre trop exact, trop laborieux, de ne point chercher « à plaire. Son but est de mettre en garde les jeunes « femmes contre l'oisiveté, la vaine curiosité, le dan- « ger des mauvaises lectures. Il s'appelle Gustave « Flaubert, et son livre a pour titre : Madame Bo- « vary ou les suites de V inconduite. »

Miss Mathews s'est rassérénée : — « Dites-moi le « nom du libraire; je traduirai le livre tout de suite « en revenant à Londres, et nous le ferons distribuer « par la Société Wesleyenne pour la propagation des « bonnes doctrines. »

On verse du Champagne pour la seconde fois; l'abandon commence ; les chaises se sont un peu dépla-

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cées; plusieurs convives s'appuient à demi sur la table; les conversations se sont engagées, plus familières, plus vives, par deux, par trois, au hasard, en petits groupes. Les valets inoccupés, la serviette sous le bras, songent à la dessert, et, dans le bruit confus de voix qui se croisent et montent, on entend des résumés comme ceux-ci : « Gounod n'est qu'un « demi-talent, un grain d'Allemand délayé dans une « sauce française. — Achetez des Graissessac, ils vont « baisser. — La vraie queue de mouton ne se mange « qu'avec du poivre. — Il n'y a qu'un poète contem- « porain, Lecomte de Lisle. — On n'a pas voulu « d'Henriette B... aux Français, il y aurait eu trop « de claqueurs à l'orchestre. — Ne me parlez jamais <c de Meyerber, c'est du génie, soit, mais cuisiné dans « de la patience. — Ces rubans vous vont si bien ! Il « n'y a qu'une taille si fine pour porter des rubans si « larges! — J'ai eu tort d'accepter une glace, j'aurai « mal à l'estomac. — M. Thiers est le premier ora- « teur du siècle. — Comme M. Scribe est le premier « comique du siècle. — Comme M. Auber est le pre- « mier musicien du siècle. — Comme Horace Vernet « est le premier peintre du siècle. — Mon dîner me

pèse

dlons au fumoir. »

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