‹ Notes sur Prosper MériméeChapitre 104 sur 197 · I. VioUet-le-Duc, 1^. eii,, p · texte numérisé non relu

I. VioUet-le-Duc, 1^. eii,, p

Puii il rédigeait une note sommaire % suivie bientôt d'un rapport au Ministre de rinièrieur ».

« C'est le devoir de toutes les administrations, écrivait-il, de combiner leurs efforts pour soulager la détresse des classe» ouvrières que la crise momentanée du tiédit public laisse sans occupation... Tout [e monde est d*accord siir ce point que le travail qu'il s'agit de donner aux ouvriers doit (îtrc utile à TEtat,.. Enfin, Il est essentiel de ne pas condamner des hommes qui ont laborieusement acquis la pratique d'une profession, à une lâche ingrate où leur intelligence et leurs études ne trouvent point d'applic«ition. Or, les monuments historiques répondent à tous les desiderata, car les réparaiions qu'ils exigent offrent à un grand nombre de professions des travaux intéressants par leur variété et par leur difficulté même. Tailleurs de picrrCj sculpteurs, maçons, vitriers, charpentiers, menuisiers, couvreurs, peintres, serruriers, en un mot tous les auxiliaires de rarchiiecturc sont appetés à la restauration des monuments historiques. Toute cette classe nombreuse dWvriers trouvera dans de tels travaux nou seulement des moyens d'existence, mais des occasions de s'instruire et de se perfectionner. »

Et il soumettait une liste des réparations les plus urgentes.

Au milieu de toutes ces occupations, Mérimée se voyait obligé de recevoir Ampère 3 à l'Académie. Voici ce qu'il écrivait à H. Royer-Collard :

I. Arch. de la Commis, des Mon. liistor., ) pages x/a în-fol. a. Id,t $ pages in-fol. Daté de juin.

). Mérimée, comme Ton peut penser, avait pris un réel intérêt à la candidature académique de son ami. Dans une lettre s. d. [dimanche.

« Mon cher ami, une tuile accessoire me tombe sur la tête; Lebrun est trop occupé de son imprimerie, et ses ouvriers qui l'ont renonimé sont si exigeants qu'il n'a pas une heure, dit-il, pour faire sa réponse au discours d'Ampère. Il faut que je fasse une tartine. Dieu sait si j'ai l'esprit à l'éloquence ! Mais il n'y a pas â regimber. Tout le monde me dit qu'il faut parler de notre sacro-sainte république '. Je me donne au diable ou plutôt, je n'ai d'espoir qu'en vous, qui me trouverez dans Bossuet et les sœurs de Port-Royal quelques beaux mots pour la circonstance. Il ne faut rien dire parce que je ne veux faire que 4 ou 5 pages et avoir l'excuse de la précipitation.

« Voici i peu près ce que je voudrais mettre en style i douze.

« i<* M' Lebrun se consacre tout entier i de vertueux ouvriers et je n'ai pas eu le temps de me préparer. Je n'ai pas voulu retarder votre entrée dans la compagnie où vous nous manquez.

« 2^ Vous êtes un grand homme. Vous avez fait ci et ça.

1847] ^ LenonnAnt, où il s*excusAit de ne poavoir accepter une invitation de M"* Récamier, éunt obligé d'aller i un rendei-vons d'affaires « pour le procès de ses amis espagnols », il ajouUtt : « On me dit que rélection d'Ampère marche aussi bien que possible. Je vais essayer demain mon pouvoir sur un de vos conservateurs que l'on dit récalcitrant. » Dans une lettre inédite à Lebrun, du 16 mars 1848 : « Je lis jusqu'au corps de garde les œuvres de notre confrère |e prends des notes et {e travaille où et comme je peux. » (Bibl. Mazarinc, he, ai,, XI, 6). I. Voici la péroraison du discours : « Il y a un demi-siècle, la France enfantait quatone armées victorieuses pour défendre son indépendance : aujourd'hui, en reprenant avec orgueil le grand nom de République française, elle n'a besoin, pour conquérir les sympathies de l'Europe, que de déployer sa bannière et d'y montrer ces deux mou écrits : Ordrt tl UberU ».

2^0 NOTES SUR PROSFHR MÈRtMâE

« \° Vous avez si bien apprécié les ouvrages de votre prédécesseur que je me dispense d'en parler (je me suis d* aï Heurs toujours dispensé de les lire)*

« 4^ M. Guérard était un vrai homme de lettres; vous en êtes un autre. Dans un temps comme celui-ci, vous nous avez fait passer une heure agréable l'un portant l'autre. Les lettres sont une bonne cliosc* La République ne les tuera pas, ni nous non plus. Vive la République.

« Trouvcï-moî done quelques unes de cas plirascs que vous faites si bien. Songez du moins un peu i cette diable de corvée, et s*il vous vient quelque bonne idée, faites m'en part, Adieu.

« Vendredi soir [i t mai 1848] ».

La réception eut lieu les premiers jours de juin *. Le 5, Mérimée en rendait compte à Madame de Lagrené : *.., Le public n'était pas des plus imposants et le Président pour la première fois depuis 20 ans a éprouvé Ta flVont de n'avoir pas de dames assises sur ses pieds.*. »

A la fin du mois de septembre Mérimée partait en tournée *. Il commençait par Reims. Le 2 octobre il

1. Cf. MhrinUêtt us amii, p. 197. Le discours de Mérimée se trouve dans ses Portraits littéraires, p. 147-55.

2. La leure inédite suivante à M. de Witte a été écrite peu avant son départ : « Mon cher ami, je suis obligé d*aller pour affaires de mon métier à Toul et je ne sais si je serai vendredi à l'Institut. Je vous envoie ce croquis que i*ai fait à votre intention hier. C'est d'après un dessin qu'on nous a envoyé à l'instruction publique. — On a trouvé cela parmi un assex grand nombre d'autres débris de frises et de bas- reliefs d'un caractère tout impérial, à peu de distance du camp de César à Orrouy, Oise. Plusieurs des fragments paraissent avoir appartenu à des bas-reliefs

envoyait de Toul un rapport détaillé sur les monuments de cette ville *, et le même jour il écrivait â Lenormant que la cathédrale de Toul lui paraissait « bien malade ». Lorsqu'on voulut â la fin de ce mois d'octobre réduire 200.000 fr. sur le fonds des monuments historiques, ce fut Mérimée qui fut chargé de rédiger la protestation *.

mythriaqoet. Du moins on voit des génies tenant un flambetu et le bts d'une figure en costume phrygien. Mais que dites-vous de ceci? Il me semble voir là la purification de Démophon par Gérés. Vous allei me dire qu*Orrouy n'est pas Eleusis, et que c'est tout bonnement Thétis baptisant Achille. Observez mon cher maitre que Tobjet vers lequel le moutard a la tête est en saillie sur le sol, ou plutôt sur une pierre d*autel, ou une plaque de cheminée. Adieu mille amitiés et complimentt. — Mardi (septembre 1848). P. Mérimée ». — Annexe : lUssin reprhemlant mm femme lenanl un enfant h iite en hûs,

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