‹ Notes sur Prosper MériméeChapitre 110 sur 197 · LE CARROSSE DU SAINT-SACREMENT 2J · texte numérisé non relu

LE CARROSSE DU SAINT-SACREMENT 2J

nimes pour blâmer ce titre sur l'afEche; d'abord, parce que c'est un voile trop transparent, puis parce que cela me donne deux torts au lieu d'un, celui de présenter au public une vieillerie, et celui de n'avoir pas le courage de l'avouer...

« Veuillez donc, Monsieur, si vous persistez à donner mon proverbe, vous en tenir au terme de ma convention avec M"" Brohan, c. à d. que la pièce sera arrangée^ et ne portera pas mon nom, mais celui de Varrangeur. Bien entendu que je renonce à tout droit d'auteur et que je garantis l'arrangeur contre toute poursuite de la société des gens de lettres. »

La première représentation eut lieu le 15 mars : ce fut un échec, et Mérimée donna sa démission de membre de la commission des théâtres. Il en informait Bixio en ces termes :

« Mon cher Président,

« Il parait qu'on n'a pas arrangé. Vous savez quelles étaient les conventions. M'en prendre i M' Houssaye après un fiasco, ce serait béte, ce me semble; le plus simple, c'est d'écrire au Ministre la lettre ci-jointe.

« Conservez-moi votre bonne amitié, bien que je ne sois plus votre présidé.

« Je vais demain de bonne heure i Poissy, mais je passerai chez vous à prima sera et vous me conterez l'horreur causée par l'entrée de Mgr. in poniificalibus.

« Mille amitiés et compl.

« P' Mérimée.

« 14 mars [1850]. »

2JÛ NOT^ Slil PftÛSPER VÉRIHÉB

Tels furent les uniques débuts de Mérimée au théâtre '. Ses autres comédies ne furent jamais jouées de son vivant : il consentait cependant à les lire à ses amis et il les mettait souvent dans un grand embarras. Témoin ce qui arriva à M'"^ Bocher, quelques jours après la chute du Carrosse,

Mérimée avait promis de lire chez elle une comédie — probablement les Deux Hértiagn », Elle invita Victor Cousin à assister i h lecture :

«Je ne vous ai jamais vu cnez moi, mon cher Monsieur j voulez-vous y venir lundi prochain à 8 h, 1/2. Mf Mérimée consent i lire une comédie de lui lout à fait inédite, et je serais heureuse de vous compter parmi le très petit nombre d'amis que je réunis ce jour là.

« Recevez, mon cher Monsieur la nouvelle assurance de mes bien affectueuik sentîmcns,

« Labordë BocitBit.

u 50 mars [1850]. n

Elle avait compté sans Tauteur et elle dut envoyer au philosophe cette autre lettre :

^ Je me suis avancée étourdiement, Monsieur, dans mon désir de faire jouir mes amis de hi lecuirc de M, Mérimée* Il m'a si formdUmenî redit hier qu*ïl ne voulait pas de monde pour l'entendre, que je suis obligée de res-

X. En 1859, ^^* *^°^ \txxn du 22 janvier à Jenny Dacqain (II, 57), Mérimée écrivait : « ... mon ami Augicr veut faire un grand mélodrame avec le Faux Démétriuict je dois y travailler aussi... » Le projet fut tant doute abandonné.

2. Publ. : Revue des Deux- Mondes du i** juillet 1850, et en volume en 1853. (

Page 1