X. L'original nous appartient
2, E. du Sommerard, hc, cii,, p. 561-7.
espérer encore que rintégrité du territoire n'eût pas été compromise, si l*on avait confié i un architecte la direction des travaux exécutés récemment dans le couvent des Dominicains i Toulouse. » Et Mérimée qui avait dit dans un rapport du i} janvier 1849 : « En admettant que MM. les officiers du génie soient des architectes, ils ne sont pas assurément des archéologues », Mérimée disait en 1850 : « Toute l'Europe a pu apprécier le savoir comme le courage de nos officiers de génie ; toutes nos provinces attestent qu'ils s'entendent beaucoup mieux à renverser des forteresses qu'i conserver des monuments. » Du reste, il ne se plaignait pas seulement des militaires : il signalait avec la même énergie la « barbare décoration » de l'église de Cognac, et les peintures de S**-Radegonde de Poitiers, « qui ne se distinguent des badigeonnages les plus médiocres que par quelques réminiscences archéologiques ». Pour l'église de Laon « le moment approche où il faudra opter entre deux partis : ou bien démolir l'église dans l'intérêt de la sûreté publique, ou bien accorder les fonds nécessaires pour la réparer ». Enfin Mcrinicc terminait son rapport en demandant de faire connaître à l'Assemblée « les besoins pressants de ces nobles édifices, qui sont une des gloires du pays ».
Un rapport de 12 pages (avec croquis) sur S.-Remi de Reims et la maison des Ménétriers e^t de cette époque. Enfin avant de partir en tournée, il écrivait i M. Léon Allègre * la lettre suivante :
I. Sur cet archéologiie, cf. abbé DclacroU, NafK» smr Um Attègrt, dans les Mimoirts 4é TAeaiimU de Nimes, 1886, p. cv-cxx. Nous devons l'aimable communication de cette lettre, conservée dans la Bibliothèque Léon Alègre, de Bognols (Gard), à Tobligeance de M"* Garidel Alègre.
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^gll JtSiC Affi flOMX Jc|P«ii I^HMIBS iBBte 7I S.ÛOO
iii«crifrtjaiit et qsHi ttak tm mesiife ée &tic oe tmaL MlHlfiiriwitBUfiit k Mmbi^fe 11*3 pas lo ibadi oèoe»' «dr» et je oiias que la pablicaiioQ ot soit cnoorc afoiir* née po«r lofffKnpft.
m yt$pèi€f Môftiicor, ^yc vous D'en coQtîaacra pis Biojfis voi utilei rccberchcf et je dc pub que voos mgs* gtr i im communiquer au Ministre <k rin&tnKtû»!
t Vaut m'ifincHicez, Monsieur, que irons ayez dessïoè yn cenâln nombre d'in^criptians, je ne dotite pis que verni n'ayez appûité tout le soin possible à les copier l;Mactcmcnt, maïs cependant le meilleur dessin ne vaut jim«ii lifie imprcink sur papier. Vous trouverez dans les Inftnictions du Comité des arts et Monuments, rindîcatlon de dilTérenti procédés d'estampage* Permettez moi de vous en recommander un, usité en Angleterre, et qui réumit fort bien. Il faut avoir un morceau de cire vierge, méléo d'un peu de vernis et de noir de fumée, de forme carrée et de la grosseur d'une brique de savon. On étend
sur la pierre une feuille de papier sec, un peu mince, et on frotte le papier avec la cire. La surface du papier devient noire, les lettres seules paraissent en blanc. On obtient ainsi très rapidement des empreintes qui sont ineffaçables.
« En voici un échantillon : (le mot Victor).
« Quand les inscriptions sont sur des pierres très frustes, il est quelquefois difficile d'en avoir une empreinte, alors il faut avoir recours au dessin.
« Dans ce cas, je vous conseillerais de vous servir de papier rayé verticalement afin de pouvoir mieux observer les distances relatives entre les lettres, c'est là le point important.
« Veuillez agréer. Monsieur, avec tous mes remerciements, l'assurance de ma considération la plus distinguée.
« P. Mérimée.
« P. S. — Le mélange de cire, de vernis et de noir de fumée doit être assez dur pour ne pas s'étaler trop facilement sur le papier. Vous pourrez trouver chez les cordonniers des pelotes de ce mélange tout préparé et dont ils se servent pour noircir les talons de bottes. »
Quelques jours après il partait pour l'Auvergne. Le i8 septembre il envoyait des notes sur l'église de Mozat, la Sainte-Chapelle de Riom, l'église d'Ennezat. Il était au Puy le 2} septembre, où il découvrait la célèbre fresque des arts libéraux ■. Le aS, anniversaire de son jour de
I. Cf. Les arts li^ranx, fresque daot la cathédrale du Pay-eo-Velay, dans VArt^ 1879, ^* I^* P- 8$-90* ^^n Giron (Piimlmrês mmrmUs Jk U fP^-Lûir* dm XV* au XVIII* s, dans Rémnim in Spciités in Beaux-ArU^ Vlll (1884), p. 154-5)1 date la découverte de 1860.
282 HOTES SITR PROSPEIt UËRIIIÉB
naissance, étaii « très embêtant 9 pour lui, U écrivit à Requicn pour lui annoncer son départ pour Avignon ', C'est de cène ville que k 28 septembre il envoyait à P^rls la lettre suivante :
« Avignon^ iS septembre
a Mon cher directeur!
« Vous rendriez un vrai service à un honnête architecte *, à voire serviteur, peut-être même aux monuments historiques, si vous faisiez un peu mousser la belle trouvaille qui vient d'être faite au Puy, dont j'arrive. Vous en trouverez la relation dans un rapport * que j'adresse au Ministre* Il serait bon, sauf votre avis, de le faire mettre dans un journal * et de faire de resbrouffc. Franchement cela en vaut la peine. Mais il faudrait que vous revissiez Ti^preuvc, car je vous ai écrit A la hâte et il serait bon de iourmr cela par h passif ^ comme nous disait notre professeur de rhétorique. [Je va]is à Toulouse faire votre affaire, d'autant mieux que K», pour ta Turquie,
« Mille amitiés et compls.
t P^ Mèriméb. 1
De là, il allait au Pont du Gard et écrivait de Nîmes « à Lenormant cette lettre désolée :
I. BiUct de Mérimée i Re^^ukti dans LiU¥tt inMîki, etc., p. 19,
a. M. Miilby,
). L'original du rapport àsX^ du Poy, 27 septembre i&^o (6 pages 4*") est conservé axiit Afcliivcs de la Commission des Moaiiments liistûriques.
4. Le npport a paru dans le Moniteur du 18 octobre i8$o, et a été réimprimé dans la Rtvuê archéologique du 15 novembre. — Cf. aussi Bulletin dis Comités historiques, etc., II, 250.
$. Une déchirure au bas du papier a enlevé un mot ou deux.
6. Il avait envoyé le } octobre un rapport sur le palais des papes à Avignon (E. du Sommerard, p. 342).
« Nîmes, 6 octobre au soir.
« Mon cher Confrère,
« J'arrive du Pont du Gard fort triste. Cet admirable monument se détraque et je crains qu'il ne veuille se jeter dans le Gardon. J'écris un rapport touchant que Courmont vous montrera. Si la Commission se réunit, veuillez lui faire donner un tour de faveur.
« J'ai trouvé à Nimes M. Pelet notre correspondant et M. Durand, l'inspecteur de M. Questel, i couteaux tirés. M. P. prétend qu'oq détruit les arènes, M. Durand dit fort bien qu'il n'a d'ordres à recevoir que de son chef. Le sujet de la querelle est un pissoir, révérence parler. M' Questel a fait élever un mur pour soutenir des gradins qu'on remet en place et dans ce mur il n'a pas laissé de place pour une porte, par où, dit M' Pelet devaient passer les dames qui avaient trop bu. M. Pelet allègue un pissoir qui s'est conservé; Mr Durand les amorce haut et bas d'un mur romain, pour moi je n'y ai vu que du feu. Il me semble que M' Questel a raison, mais que l'hypothèse de M' Pelet a de la vraisemblance. Je crois que pour le bien de nos affaires, il faudrait que ces messieurs vécussent en bonne intelligence; mais est-ce possible entre archéologues ?
« Le propriétaire du bassin de jaugeage ne demande plus que 10.000 fr. de son monument, de sa maison et d'un jardin non encore fouillé. Cela vaut la peine d'y songer. Les fouilles du temple de Diane ont été arrêtées par le préfet qui garde 5 .000 fr. non dépensés pour son hiver afin de donner de l'ouvrage aux citoyens indigents. Le département qui allait donner 5.000 fr. en 1850, n'a
2S4 NOTES SUS FftOSfeit MéltrilÈE
rien donné du tout croyant <ju*on s'arrêtait* On a découvert des tonstructions ou substructions fort étranges et sur lesquelles je crois prudent de n'émettre aucune opk nîon jusqu'à ce que Tensemblc *oit découven. Dès i présent nous pouvons dire que notre argent nV pas été perdu.
« tl n*y a rien de plus beau que la porte tt^Augustc. Conuatssei^voui une forme d*H fréquente A Nîmes h ARVSPICI ?par exemple. Hier au château de S* Privai, j'ai trouvé IMs ' suivante avec une forme d'H (si H il y a) lôuîc nouvelle : ÛM 11 Q it ARl! I! VïRILIS I «ARrUS MACRIKVS It Er * ARIVSCAM PANVS II PATRI^ Les leurcs sont belles et la stèle est d'un bon style. Je vous rappone une empreinte de riuicription en charapiat dû temple de Diane, J'ai trouvé un numéro du journal de M. de Giumont, c'est le dernier, où il y a une violente sortie contre nous *, qui pré* tendons en savoir plus que tout le monde et qui restaurons des monuments qui se portent bien, exemple Maurice de Vienne et la tour de la cathédrale d*Angoiïléme, Conclusion qu'il faut nous retirer un argem que nos architectes avides de 5 p. 0/0 dépensent déplorablemcni. Cela me paraît assez grave. On y parle d'un article que je n*ai pas lu, contre la restauration de S» Maurice. Je viens de le voir, et les critiques sont absurdes, si elles