Pour les devis, ils ne devront jamais perdre de
I . Miîriméc a consacré un article & la iiouvcUc salle de leaurc du British Muséum, dans le Moniteur du 26 août 1857.
a. Il existe dans les mêmes archives an rapport de 6 pages écrit par Mérimée sur les Monumenu historiques, daté du i) décembre x8$6.
vue que c'est i la consolidation que Ton doit surtout s'attacher, et devront s'appliquer « à concilier avec l'économie la plus scrupuleuse le soin de conserver les monuments. » — Dans les propositions les travaux seront indiqués « par ordre d'urgence » et l'on iera en sorte c de n'avoir jamais à revenir sur une réparation exécutée. C'est un système complet et gradué de réparations que l'on demande et non point des mesures provisoires ». « Toutes les fois que des parties d'ornementation ancienne pourront être conservées en place », elles devront être gardées. Les architectes sont invités « à ne jamais modifier dans les projets le système de construction primitif. Le système d'appareil, celui de l'écoulement des eaux, la forme de la toiture, la nature des matériaux, tout cela doit être rigoureusement respecté... »
« 3. Dans le devis des réparations à exécuter pour l'année courante, une somme pour les cas imprévus devra toujours être réservée.
« 4. A la fin d'octobre au plus tard il doit être adressé un relevé des travaux exécutés.
« 5 et 6. La surveillance doit être continue, le choix des entrepreneurs fait avec beaucoup d'attention. »
7. Il faudra dresser un inventaire c des objets mobiliers curieux pour l'histoire de Tart » et en envoyer une « copie cotlationnée par l'Evêque. »
« 8. Je ne doute pSis, M., que vous n'apportiez toute la déférence convenable dans vos relations avec les Evêques et les Préfets. Vous n'oublierez pas d'ailleurs que c'est de moi seul que vcus avez à recevoir des ordres, et que toutes les modifications qui seraient demandées à vos projets ne peuvent être exécutées qu'avec mon autorisation.
14^ M0T6S SUR FROSPEH MËHmÊE
Voua prendrez des mesures pour que les réparations à faire dans les églises tie gênent que le moins possible l'exercice du culte, et que vos ouvriers observent soigneusement les biunsL\inccs dans les édificca religieux oit ils travaillent- MM. les Evoques ont été invilés par moi à ne plus admettre dans leurs églises des autels, des rétables et en général des objets mobiliers en désaccord avec le style du monument, J 'espère que peu à peu il sera possible de fliîrc disparaître des contrastes qui ehoqucnl les gens de goût. Je suis assuré, M^^ que vous serez toujours empressé de donner vos conseils et d*oiîrir votre concours au}i prélats pour que mes instructions soient exécutées 1 cet égard, »
Avant même de faire partie de la Commission de la Bibliothèque nationale» Mérimée eut i s'en occuper pour LenornianL Voici ce qu'il écrivait A Madame Lenormant :
ta Cannes, a janvier 1857.
ff Madame,
a Je vous souhaite une bonne année à vous et aux vôtres. J*espère que cet arrête Roulland est un de cespro* jets comme en font tous les débutants et qui s'en vont en fumée avant Texécution. J'ai eu Tbonneur de voir ce grand Ministre une seule fois. 11 m'avait paru avoir trop de 2éle, infirmité fort dangereuse comme disait M* de Talleyrand. J'ai depuis reconnu qu'il se laissait mener comme ses prédécesseurs par ses commis, et il en est résulté entre nous une petite correspondance assez aigre dont M. Guîzot pourra vous parler. Quant k TEmpereur je ne le vois presque jamais et il n*cst pas de ces gens
avec qui on cause facilement. Il me semble que si M. Naudet demandait une audience... Mais M. Naudct, me direz-vous... Pourquoi les conservateurs ne lui adresseraient-ils pas une réclamation en masse ? Une démarche semblable a produit quelque cfl'ct dans l'affaire des Archives.
« Jcsuisf^ché que M' Hcrculano ait fait fiasco *. M. de G... n'est pas un si mauvais choix quoiqu'il y ait bien quelque chose à dire non sur Térudît mais sur sa famille. Madame sa mère que j'ai vue autrefois et Mad"« sa sœur ont peut-être séduit les )eunes membres de l'Acndcniic. Ln première tenait une maison de jeu à Madrid et la seconde se plaisait à consoler les joueurs qui perdaient. Mais cela ne fait rien à l'arabe du fils. Je me recommande à vous pour M. Herculano lorsqu'une autre occasion se présentera.
« Je me trouve si bien du soleil que les charmes du jour de l'an n'ont pu me rappeler à Paris. Je mène une vie de lézard et je m'en trouve assez bien. Je fais des courses prodigieuses dans les montagnes, je mange comme un ogre, et le soir je tâche de lire un livre anglais sur l'économie politique; malheureusement le sommeil me surprend presque toujours au plus beau moment d'une dissertation sur le capital. Vous ne savez peut-être pas Madame que j'étais fort malade et que c'est pour me soigner que je suis à Cannes.
« Si la mer m'inspirait plus de confiance je serais allé en Egypte, mais la perspective d'une semaine de mal de
I. M. Hercultno avait posé sa candidature pour une place de correspondant de FAcadémie des Inscriptions. Cf. lettre de Mérimée à Lenorniant, du 25 décembre 1856, dans RwHt de Paris, loc. cit., p. 444-$.
}^ KOTJËS SUE FROSPlft MÊHIMÉË
cœur m'efiraye toujours horriblement, j'atlcnds que M* Lenormam recommence une expédition aut bords du Nil pour l*y accompagner»
« Adieu Madame, j'espère que ni les patpiiatîcmt de M, L\ ni les sottises de M^ Roulland ne feront tort au Cratyle et à TEutyphron, Plus je rL'Bichis k V'Aihirc dus logements et plus je me persuade que c*est une iditc en Tair qui nest pas destinée ,\ devenir jainais une r^uliic. Veuil* lez me rappeler au souvenir de toute votre (ami Ile et agréer Tcxpression de tous mes respectueux bommages»
« P^ Mérimée*
e P. S. A tout hazard j*aî écrit aujourd'hui à M. Fould pour lui parier de nos monuments, et je lui ai conté rafTaîre de la bibliothèque. Je doute qu'il y puisse quelque chose, mais l'occasion s'en présentant, il pourrait peut-être dire un mot i TEmpereur, s
11 écrivait peu après à Damas Hinard :
« Mon cher Monsieur,
« Mes deux vieilles femmes me tourmentent horriklçment et me font des calculs déchirants d'où il résulte que les pommes de terre ont augmenté d'un tiers, tandis qu'elles ne peuvent vendre leur couture un centime plus cher qu'autrefois. Vous aveis eu la bonté de faire obtenir un secours à une d'elles. Je ne sais si c'est à M™^^ B.-. ou à M*** B**, Comme elles sont également misérables, je vous envoie leurs deux pétitions, très honteux de vous importuner si soiivent.
« J'y joins une lettre d'une femme sage ou plutôt d'une sage-femme que je ne connais point mais que mon élo-
quence a séduite lorsque j'ai parlé de S. M. Tlmpératrice devant la statue de Froissart *. Elle parait avoir quelque démêlé avec la justice. Son style vous amusera peut-être, et si elle n'a pas fait trop de bêtises, vous en aurez compassion. Je ne sais qui elle est ni ce qu'elle a fait, je ne lui connais d'autre mérite que celui d'apprécier mes discours ce qui la rend tara avis in terris.
« Veuillez agréer, cher Monsieur, avec mes excuses, l'expression de tous mes sentiments dévoués.
« P' Mérimée.
« Un homme occupé comme vous ne répond pas. Il est bien entendu que vous ne prendrez pas cette peine. Je sais que vous aurez fait ce qui était possible. « 16 mars 1857. »
Et pourtant, il était occupé en ce moment * avec la candidature académique d'Emile Augier. Tocqueville écrivait à Ampère, le 7 avril, que Thiers et Rémusat avaient voté pour Augier contre de Liprade, présenté cependant par V. Cousin. « La cheville ouvrière de l'élection, ajoutait-il, a été Mérimée; il y a mis, dit-on, une ardeur incroyable. Toutes les passions que vous lui connaissez étaient en efiet ici en jeu '. » Il y avait surtout l'amitié étroite .qui unissait les deux littérateurs.
1. Discours prononce au nom de l'AcAdémic française, à Valencicnncs, le ai septembre 1856, reproduit depuis dans les Porirûitt Hth' riques et littéraires,
2, Le même jour, il faisait au comité des Travaux historiques un rapport sur des communications de Champollion-l'igeac et Carro, concernant Cely (Seine-et-Marne) et Rumont. Cf. Bulletin du Cotniti it tt langue, IV, 45.