‹ Notes sur Prosper MériméeChapitre 143 sur 197 · I. Bibl. Maarine, ioc. dt.^ VIII · texte numérisé non relu

I. Bibl. Maarine, ioc. dt.^ VIII

le résumé de la conversation. Il ajoute c si M. T. n'a pas mis dans TafTaire la bonne grâce que j'aurais désirée, qu'on s'en plaigne à [moi. Je serai toujours charmé de montrer à M. A. toute l'amitié que j'ai pour lui, mais qu'il ne me rende pas moi, ni le Théâtre français, responsable de manquer de formes où je ne suis pour rien. Tout ce qu'il sera possible de faire pour témoigner i M. A. le cas que je fais de son talent et de sa personne, tous les dédommagements matériels que je pourrai lui offrir, je les lui donnerai, mais qu'il ne me demande pas de mano'ier aux règlements que je dois faire observer ». J'ai parlé de la question générale, de la liberté des théâtres, et il est assez prés de notre manière de voir, mais il dit toujours que pour un ami et dans un cas particulier il ne peut enfreindre le décret de Moscou. Comment un ministre peut-il demander une subvention pour le Théâtre français, lorsqu'il 6te â ce théâtre les avantages que lui donne une loi existante, lorsqu'il permet aux auteurs applaudis d'aller porter leurs ouvrages ailleurs?

« Tout s'est passé exactement comme je l'avais prévu. Ses objections ont été celles que je vous faisais et que vous feriez peut-être si vous étiez ministre. Je crois que vous feriez bien de le voir, car il m'a témoigné la surprise que vous prissiez un ambassadeur pour communiquer avec lui. Mais je ne crois pas que vous en obteniez rien.

« Et voilà. Je serai â Paris très probablement jeudi

prochain.

Maître Guirin fut représenté au Théâtre Français le 29 octobre.

Mérimée apprit le succès de la pièce en Espagne; il écrivit aussitôt i un de ses amis (Charles Giraud?) :

« Madrid, 6 novembre 1864.

< Mon cher ami,

c Je savais déjà par les journaux le triomphe de notre ami. Je lui ai écrit avant hier, mais faute de savoir son adresse, j'ai envoyé ma lettre â l'Institut. D'après ce que vous me dites c'est un bon et solide succès. J'avais bonne, très bonne opinion de l'ouvrage, mais mauvaise du public ; je craignais les dévots et les honnêtes gens. Heureusement ils sont en minorité à ce qu'il parait... ■

c Je suis ici pour 8 jours encore. Nous avons eu un temps affreux et des malades nous ont retenus i Girabanchel plus que nous ne voulions. Jusqu'à présent je ne me suis pas porté trop mal à quelques rhumes près. Probablement je serai à Ginnes le 20 de ce mois si les inondations n'ont pas détruit tous les chemins de fer. Après 10 jours de pluie nous avons aujourd'hui un temps de juin. [Tout est dans l'agitation pour les élections. Les progressistes, c'est-â-dire les rouges s'abstienv^nt. L'union libérale, c.-â-d. M' Thiers et ses amis minent en dessous Narvaez et, s'ils le culbutent, ils seront pendus par la République qui a beaucoup plus de partisans ici qu'on ne le croit, sans parler de 15.000 français, bottiers, perruquiers, cuisiniers, etc., la fleur des drôles qui un jour d'émeute se distinguent entre tous *,]

c Cette charmante personne que Penguilly admirait a

I. là neuf Ugtm réUtnm à un hmU t à longs cheveux. » a. Toat ce pasMge a été publié dans nos iMtrn inàiites is P. if., p; 144, à la note.

disparus Elle avait donné du chloroforme à sa tante et essayé d'étrangler un petit enfant. C'était d'ailleurs la plus douce créature et la meilleure dans la position horizontale. Je la regrette beaucoup... Tout le monde parle ici comme M^'^ Léontine. Adieu, mon cher ami, je vous souhaite santé et prospérité. Veuillez me mettre aux pieds de la princesse Mathildc et dire à Augier combien je suis

content.

Lorsque Mérimée revint en France, il fut, un moment, question de lui pour succéder à Mocquard ' ; mais, à sa' grande joie, cela ne se réalisa pas, et il put rester tranquillement A Cannes, d*où il allait rendre visite au D^ Maure '.

Au mois d'avril 1865, Mérimée écrivait â Jenny Dacquin :

« Voilà votre ami Paradol académicien par la volonté des burgravcs, qui, ;\ cet effet, ont obligé le pauvre duc de Droglic à revenir à Paris malgré sa goutte et ses 80 ans Ce sera une séance curieuse ; Ampère 3 a fait une histoire de César trcs mauvaise, et en vers par dessus le marché; vous comprenez bien toutes les allusions que M. Paradol trouvera A -l'occasion de cette œuvre, oubliée aujourd'hui de tous, excepté des burgraves. Jules Janin est resté â la porte, ainsi que mon ami Autran, qui étant Marseillais

Page 1