Ullresà une antrtintmnne^ p. 103 [21 mai
). H faisait quelquefois des lectures chci elle. Gnixot écrivait le 26 novembre 186; à M"** Lenonnant : « J ai regretté de ne pas assister à la lecture de Mcriméc chcx M"** de Doigne. 11 a toutes les qualités de ses opinions et point leurs défauts. » (Ui années i* reîraiUi de M. Gni" lol. Lttlra h M. el Af^ Charles Lenonnant, — Paris, Hachette, X902, 16, p. 248). Il s'ai^it sans doute de la lecture des Apparitions de Toarguéneff qui ont paru dans la Rei*ueâes Dens-Momiei du 1$ )uin 1866.
4. Mérimée allait asseï souvent chez elle & Tronville. Cest de ce pays qn*est datée une lettre de M"* de Boigne, où il est question de Mérimée, que nous avons trouvée dans les papiers d'Ampère. 11 nous semble intéressant de la reproduire :
« Trouvillc/Mer (Calvados).
« Vendredi 17 avril.
« En voyant la mer si hostile, Monsieur, j*ai un grand remords de vous avoir épouvanté de l'avenue de M"* de Chastenay; car an fond c'est l'effroi de cette perspective qui vous a fait jeter tête baissée dans les bras de ma belle voisine, très peu accorte en ce moment. Le pauvre M. Mé> rimée que vous auriez dû rencontrer sur la jetée du Havre ne s'est pas montré aussi impassible que vous h son courroux, et noas est arrivé dans un ctat pitoyable après une traversée de prés de deux heures, la plus mauvaise certainement de Tannée : aussi a-t-il repris le chemin de Lisicux, et toutes les awnues du monde l'attendraient sur la route qu'il ne se rendrait pas & Cherbourg par mer.
« Voilà un bien beau temps qui se fait pour la traversée de la reioe d'Angleterre. Je suppose que l'enthousiasme en profitera : hier ici, après
Il avait bien d'autres soucis.
L'Empereur commençait à changer sa politique intérieure et Mérimée ne voyait pas ce changement sans inquiétude, car il désapprouvait la politique libérale. « Conseiller sceptique de l'impératice, dit A. Houssaye, il ne voyait que des nuages, tant il avait de nuées sur le front. > » A une soirée de la princesse Mathilde, il disait maussadcment, voyant danser le prince impérial, qu'un prince ne devrait apprendre qit'à faire des armes *. 11 prévoyait la fin du régime, et faisait part de ses craintes â ses correspondantes : « Il me semble, écrivait-il à la princesse Julie, qu'on prend le plus mauvais moment pour donner des libertés beaucoup trop étendues, et bien supérieures â celles que ce pays-ci peut supporter. M. Thicrs nous a menacés du danger de tomber au rang de puissance de y ordre, mais je crains que nous ne tombions plus bas encore. ) » Et deux ans après, à la même : « Il me parait prouvé que ce pays-ci est indigne de la liberté et qu'il ne peut supporter le despotisme. Je le vois s'en allant à tous les diables. 4 »
le Tt Dtum, on a joué dans l*églis« 1« Goi Sam Iht Quêem, cela aurait para un peu (^tnngc %i le Prince Murat n'avait autori»^ cette innovation en M pr<^scuce,
• je me suis acquittée de tous vos messages et je suis chaigée de réponses fort reconnaissantes. Quant aux deux vieux de la Plage, ils veulent ajouter à mille amitiés, les expressions de leurs regrets ^^ ne vous avoir pas conservé plut longtemps et l'espoir de vous voir an
retour.
■ Osmond de Boigne. •
t. A« Houssaye, lis Cw/rotMU, V, 209.
a. W., IV. i',r
{. 19 mars 1B67, dans JUiw i* Pûris^ loc cit., p. 260.
4« Il no\*cmbrt i86<), iV., p. aja
INTRIGUES ACADÉIIIQUES 405
A M"« Przedziecka, il disait : « Paris est aussi triste que possible. Il n'y a plus de gens du monde, et les gens d'affaires, qui en font les honneurs ont des mines longues et désolées. Tout le monde a peur sans trop savoir pourquoi. C'est une sensation comme celle que fait éprouver la musique de Mozart, lorsque le Commandeur va paraître. M. de Bismarck, qui est le G)mmandeur, ne paraîtra pas cependant, â ce que je crois, et les bruits de guerre n'ont rien de sérieux. Mais il y a un malaise universel et on est nerveux. Le moindre événement est attendu comme une catastrophe. Enfin, on est béte et ennuyé... > »
En juin * 1868, la cour est â Fontainebleau. « On a joué à la dictée, écrit Octave Feuillet à sa femme. C'était M. de Montbrun qui dictait des mots impossibles. Chacun écrivait en se torturant l'esprit. L'Empereur a fait onze fautes, moi je ne sais combien j'ai pu en faire. C'est M"« de Sancy qui a remporté la victoire i. b La dictée était un jeu fréquent â la Cour.
On a souvent parlé de la fameuse dictée attribuée à Mérimée, que l'on ne connaît intégralement que depuis peu, grâce à M. Léo Qaretie'4. Il n'est pas inutile de la reproduire :