Lf MomU modirm, décembre 1900, XII
406* NOTES SUR PROSPBK MÊRIMtB
Dictée de Mirimie.
« Pour parler sans ambiguïté, ce diner â Sainte- Adresse près du Havre, malgré les effluves embaumés de la mer, malgré les vins de très bon crus, les cuisseaux de veau et les cuissots de chevreuil prodigués par l'amphytrion, fut un vrai guêpier.
« Quelles que soient, quelqu'exigûes qu'aient pu paraître à côté de la somme due, les arrhes qu'étaient censés avoir données la douairière et le marguillier, il était infâme d'en vouloir pour cela à ces fusiliers jumeaux et mal bâtis et de leur infliger une raclée alors qu'ils ne songeaient qu'à prendre des rafraîchissements avec leurs coreligionnaires.
c Quoiqu'il en soit, c'est bien â tort que la douairière» par un contresens exorbitant, s'est laissé entraîner à prendre un râteau, et qu'elle s'est crue obligée de frapper l'exigeant marguillier sur son omoplate vieillie.
« Deux alvéoles furent brisées, une dysenterie se déclara, suivie d'une phtisie.
« Par Saint-Martin, quelle hémorragie, s'écria ce bélître I A cet événement, saisissant son goupillon, ridicule excédent de bagage, il la poursuit dans l'église tout entière. »
Malgré nos recherches, et notre enquête auprès de M. L. Claretie et des personnes de qui il tenait cette dictée, nous n'avons pu réussir â trouver une preuve quelconque d'authenticité.
Ce fut sans doute, une des dernières distractions de Mérimée. Le 2 septembre 1868, il acceptait cependant de
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S"-Beuvc une invitation à dîner avec Giraud » et c'est en sortant qu'il écrivait de son ami : « C'est assurément un des plus agréables causeurs que j'aie entendus ». *
L'année suivante, la santé de Mérimée était très altérée; il manqua mourir, et ne se remit pas vite de cette crise : il perdait aussi Sainte-Beuve; enfin, 1870 allait arriver, emporter l'Empire dans un désastre sans nom, et entraîner Mérimée au tombeau.