‹ Notes sur Prosper MériméeChapitre 157 sur 197 · I. UHritàum imotmui, II, ^ai · texte numérisé non relu

I. UHritàum imotmui, II, ^ai

I, UUrt inédite dont r»iiinûl m'appQTtUfU.

Seulement veuillez me dire si la sensation est désagréable ? D'après ce que vous me dites je vois que vos crises venaient avec régularité ; les miennes sont tout à fait irréguliéresy et, sauf les changements de temps brusques, je n'ai pas encore pu découvrir la cause qui les produisait. Autrefois c'était toujours la nuit. A présent, c'est en général le matin, et après le petit travail de faire ma toilette, je passe une heure à haleter, duand je suis en mauvaise disposition, la plus petite marche m'est pénible ; d'autres fois, après avoir marché un kilomètre avec assez de peine, je me sens tout à fait soulagé et je vais comme un chat maigre. Veuillez me donner le nom du médecin que vous avez consulté à Montpellier, et ditesmoi combien de bains de cloche il faut prendre et le temps qu'on passe ainsi enfermé.

« J'ai consulté tous les médecins de Paris, pas un ne m'a parlé d'air comprimé. Mon cas tient, je crois, à une trop grande dilatation des lobules du poumon, ce que ces Messieurs appellent je crois emphysème.

« Adieu, mon cher ami. Rappelez-moi au souvenir de votre fils. Je serai bien heureux le jour où je pourrai manger une bouille-abaisse avec vous. Mille remerciements et amitiés.

Aussitôt après avoir reçu la réponse de son ami, Mérimée écrivait au D' Robin le 5 mars :

« Je suis toujours souffreteux malgré le plus beau temps du monde. Je n'ai pas de crises longues et violentes, mais je suis toujours ou presque toujours oppressé, et je

n*ai cœur à rien. Dans cette situation je reçois une lettre d*un de mes amis, homme d'esprit quoique marseillais. Il me dit qu'il a eu le poumon droit emphysème, qu'il ne pouvait respirer et se voyait sur le point de renoncer i son métier (très lucratif) d'avocat à Marseille» lorsqu'on l'a envoyé à Montpellier» où un D' Bertin l'a mis sous une cloche pleine d'air comprimé. On l'y tenait une heure, puis on laissait l'air s'échapper petit à petit afin qu'en sortant de la cloche il se trouvât sous la même pression atmosphérique qu'à l'air libre. Mon Marseillais me jure qu'il a été guéri radicalement au bout de 12 ou 15 stations sous cloche. Deux ans après sa guérison il fut pris d'une fluxion de poitrine et l'asthme revint. Nouvelle entrée sous la cloche et même effet. Qp'en pensezvous? La question qtu) modo ne me parait pas claire, mais que dire contre un fait r II dit qu'on est sous cette cloche comme dans sa chambre, et que le seul inconvénient qu'on éprouve, c'est un petit bourdonnement dans les oreilles, du même genre que celui qu'on sent sur le haut d'une montagne. Ainsi deux causes contraires produiraient le même effet. On entre sous cloche de deux jours l'un. Il y a, dit mon ami, une cloche à Lyon, et on va en installer une à Paris. Voyez-vous quelque inconvénient à essayer de la chose? Je pense qu'à la fin du mois je serai obligé de retourner à Paris, mais si vous approuvez j'aurais quelque envie d'aller au mois de juin essayer de la cloche de Montpellier.

« Boeswilwald m'avait fait espérer sa venue. Du Sommerard aussi. Je suis en peine de lui. Sa femme nous écrit qu'il est très souffrant et qu'on lui fait une opération. En avez-vous des nouvelles?».

Il informait aussi ses correspondants de ses projets, mais il hésitait entre Lyon et Montpellier.

Le 10 mars, il écrivait encore à Robin :

« Mille remerciements de votre lettre. Je partirais tout de suite pour Montpellier, mais voici Tembarras. Il faut que je sois à Paris pour la discussion de la loi sur la Presse, car étant, ou ayant été, dans cette partie, il serait étrange que je m'abstinsse. C'est ce que je me dis, et ce qu'on m'écrit de Paris. On me parle de quinze enclochements, â un jour d'intervalle ; c'est donc une trentaine de jours qu'il me faudrait passer à Montpellier. Je suis à présent, sinon bien portant, du moins dans un état assez tolérable. Vers la (in du mois, je pourrai revenir à Paris, voir la fin de la session, et m'en aller ensuite à Montpellier pour y rester tout le temps qu'il sera nécessaire. Approuvez- vous ce plan ? Si vous m'ordonnez la cloche je partirai tout de suite, si vous croyez que je puis attendre nous remettrons l'aflaire au mois de juin. Dans ce dernier cas Bocswilwald ou Du Sommerard seront les très bien venus.

« J'ai vu ce matin M. Dufour qui a l'air de se bien porter, mais qui se plaint de ne pouvoir marcher encore. Je suis bien fâché d'avoir fait si tard sa connaissance. Nous demeurons presque porte à porte...

« Adieu, mon cher Docteur, au cas où vous ne vous opposeriez pas à ma résolution, ne vous donnez pas la peine de m'écrirc, et envoyez-moi Du Sommerard...

« Mille amitiés, très cher Confrère. Ne m'oublies pas auprès de S<*-Beuve. >

Le 20 mars, à une de ses correspondantes % il assure qu'il ne vit plus que de « j^ vf^ tune huître. » Il écrit le 6 avril au D' Robin :

« ...Je suis toujours assez souffrant et découragé. On me faisait une peinture si vilaine du temps qu'il Êtisait à Lyon et même à Montpellier, que le D' Maure m'a conseillé de ne pas bouger d'ici. Du Sommerard vient d'arriver et je resterai encore ici quelques jours *. Puis je me déciderai soit à retourner à Paris directement pour iaire mon métier au Luxembourg, où l'on me dit qu'on prépare des bêtises, ou bien j'irai à Montpellier essayer de l'air comprimé. Depuis trois mois, je souffre le matin et le soir, et l'opération de m'habiller et de me déshabiller parait avoir une grande influence sur ma respiration. Je suis quelquefois obligé de fumer du stramonium et de . me reposer un quart d'heure avant de pouvoir passer mes culottes. Je crois que les plus légères atteintes du froid me donnent des spasmes.

« Du Sommerard m'a expliqué ce que je n'avais pas compris dans votre lettre. Le parti clérical est fou et enragé. Il est fort puissant au Luxembourg, mais heureusement ses prétentions sont trop extravagantes pour qu'elles soient acceptées...

« Si je ne vais pas à Paris ce mois-ci, je compte après la session aller faire un voyage à Montpellier ou bien à Lyon, si vous croyez qu'il y ait vraiment quelque chance de guérison. Lyon me déplaît. Il parait en outre que l'établissement des bains est à 3 kilomètres de la ville, et qu'on n'y arrive que par un escalier si haut, qu'il y a

I. Lettfc à là princcsM Julie, du 10 nuis 1868, ht, eU,^ pt 262. 2* LMm à mm mUrt memtmm^ p. X49 [17 avril 1868].

chance d'étouffer avant d*arriver à la cloche anttasthma-

tique.

« Veuillez, etc.

Il partit le 15 pour Montpellier, d*où il écrivait à M«>« Przezd7ieçka :

« Votre infortuné secrétaire est enfermé dans une boite en fer où il y a deux fauteuils. Il s'assied sur Tun avec une chaufferette sous ses pieds, puis une machine à vapeur pompe dans la boite de l'air qui s'y comprime au point de faire tinter les oreilles assez désagréablement. J'y reste deux heures, regrettant fort que vous ne soyez pas sur l'autre fauteuil. Je m'en trouve assez bien jusqu'à présent... »

Il comparait, du reste, « ce grand cylindre de fer » à « un de ces monuments élevés par M. de Rambuteau ». Le fauteuil est bon, on a assez de jour pour lire. Lorsqu'on refoule l'air, « on sent comme des aiguilles qui vous entrent dans les oreilles. Peu à peu on s'y habitue. Ce qui est plus important, c'est qu'on y respire merveilleusement ■ ».

Il ressentait de ce traitement les meilleurs effets et écrivait à un de ses amis le 28 avril :

« Vous me demandez comment je vais. Il ne m'est pas trop facile de vous le dire. Le D^ Bertin est content. Il a constaté le dégagement d'une grande partie du poumon. 11 y a quatre jours je me croyais guéri. Depuis, sans que le poumon soit repris d'emphysème, je suis très souffrant.

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