PM
Voici l'impression qui lui resu de cette lecture :
« Qnnes, 7 janvier 1867.
« Madame, c Je viens de finir cette « passion ». J'en suis profondément surpris et je n'aurais jamais deviné l'auteur. Le bien et le mal qui m'ont frappé m'étonnent Clément, car de Madame de B. je n'aurais attendu ni l'un ni l'autre. D'un côté une sensiblerie exaltée et de l'autre des hardiesses qui me confondent. J'ai lieu d'être surpris, car c'est la règle que les gens du monde qui crient toujours contre le manque de tact des gens de lettres cassent les vitres lorsqu'ils prennent une plume. Jamais un plébéien n'aurait été aussi amer contre l'aristocratie, ni n'aurait exposé plus crûment ses préjugés, ses vices et leurs conséquences. Au fond cela m'a intéressé et je trouve des situations de caractères bien faites. Je regrette que Mad. de B. ait pris la forme de lettres. Cela rend l'exposition difficile, et amène des longueurs funestes. Personne n'écrit plus dans ce siècle de fer où les lettres se perdent et s'impriment, des confidences comme la princesse de Sispona et madame d'Aniezaga s'en permettent. Je doute que M"><d'Osmond ait une amie à qui elle fasse des confidences semblables à celles que M"« de Bcauréal adresse à la duchesse de Soissons née Du val. Tout cela tient à la forme. Les caractères d'homme me paraissent manques. Le Romuald est plus niais qu'il n'est permis à un héros.
et les brillants officiers du premier empire, bien que dix fois plus adonnes h la bergerie que les cocodès d'aujourd'hui, ne s'amourachaient pas des demoiselles qu'on voit sur un lac de Suisse. L'histoire du M** de Loulc est gAtée. (Si vous connaissez quelqu'un qui tienne aux Lasteyrie, faites-vous prêter la relation de cette anecdote morale par Jules de Listcyric.) La reine de Portugal était la fleur des drôlesscs, mais elle n'avait pas de poisons, comme Mad. de B. lui en prête. Je vous écris à bâtons rompus, Madame, encore tout étonné de ma lecture. Je ne vois pas matière à en faire quelque chose. Je me demande comment dire du bien de l'auteur sans dire du mal du livre. Cela m'embarrasse fort. J'y songe, cependant, car que faire en un gitc, comme Cannes, à moins que l'on n'y songe. Si mes songeries aboutissent. Madame, je vous en avertirai. Après avoir lu ce premier roman, je vous conjure de mettre à la préface du second l'article du testament de Mad. de B., cela me semble plus nécessaire ' que jamais. Courmont et sa femme sont toujours florissants. J'ai diné hier avec le premier chez Edouard Fould avec M. Cousin, et nous avons mangé et bu plus que des philosophes. Adieu, Madame, veuillez agréer l'expression de tous mes respectueux hommages.
« P. Mérimée. »
9. a) Borrow (Rev. G.). — Esquisses de la vie des gitnvos (TEspagtie^ trad. par M"« L. Dufresne*.
b) The Wild IVales, « Ouvrage qu'il avait acheté 30' et qu'il serait charmé de céder pour 15 *. »
I. Lettre à Grasset du 21 aoât 1844, dans VlnltrmiAmn an 10 oc. tobre 189a.
a. Ltltret h une fircufrnw, II, J29.
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