X. Ltttrtt à unêincimmm, l, 134 [du ix février X
l'institut 189
qu'il en dise : « Je fais des visites fort consciencieuse* nient. Je trouve des gens fort polis, fort accoutumés à leurs rôlesy et les prenant très au sérieux ; je fais de mon mieux pour prendre le mien aussi gravement, mats cela m'est difficile... > »
Il ne compare plus les académiciens au blaireau, et il suit scrupuleusement les instructions que lui donne son ami Royer-G>llard. Il lui envoie pendant cette période la lettre suivante :
« Mon cher ami, ce n'est pas moi qui ai fait les invitations si invitations il y a. Mareste devait s'entendre avec vous, et avait proposé samedi. Je ne pense pas qu'il y ait eu rien d'arrêté. Au reste je verrai Saulcy et La Saussaye, et je les préviendrai; chargez-vous de Mareste.
« Votre conseil de ne pas voir votre oncle avant jeudi me plait fort. M' Lebrun > me l'avait déjà donné. Voici où en sont mes affaires. Je n'ai vu que les gens que je rencontre souvent dans le monde. On a parlé de moi à un assez grand nombre d'académiciens. J'ai promis à S««-Beuve, peut-être un peu trop généreusement, de ne pas lui faire concurrence s'il se représentait après avoir échoué jeudi. Je ne m'en repens point cependant; je crois même que l'honnêteté du procédé me sera fort utile. Si S<«-Beuve est nommé jeudi, ou s'il boude pour n'avoir pas été nommé je commencerai sérieusement mon siège. Voici mes patrons : Thiers et Cousin se démènent comme s'il s'agissait de politique. M** Mole, M' le chancelier
I. Ultra A mtu inceunne, I, 152 [du i* mars 1843?] 3. Lebrun fréquentait l'abbaye aux Bois et c*est 1&, sans doute, que Mérimée avait fait sa connaissance.
(Si... VOUS savez), M^ Lebrun» Mignet. J'ai grand espoir du côté de l'Abbaye aux bois. A peu près promesse de M. de Barante et de M. de Tocqueville. M' Patin est fort bien disposé. M' Villemain et M' Guizot hier chez le duc de Broglie se déclaraient pour moi. M^ Thiers me promet l'appui des académiciens classiques du ConstUntionnel. Par Béranger, je puis en accrocher quelques autres de la littérature impériale. Bref, si S*^-Beuve est nommé j'hériterai suivant toute apparence de ses protecteurs et j'en aurai d'autres par dessus le marché.
«Ilyai5oui6 voix sûres. La maladie du chancelier a pris une assez grande influence à l'Académie. II aurait entraîné probablement deux ou trois voix au dernier moment. Dans l'état des choses, l'élection me parait dépendre de M. Thiers, qui peut donner à S'^Beuve l'appoint qui lui manque. Ccst de ce côté que j'ai fait de très grands efforts >. M. Th. était fort irrité contre S««-Beuve. J'espère l'avoir adouci, et j'avais emporté presque une promesse. S<«-Beuve a dû le voir hier. S'il a bien manœuvré il l'aura déridé. Vous m'obligerez de dire tout cela à votre oncle avec l'éloquence qui vous caractérise.
« Tout à vous.
« Mardi,
« Prennons un jour de la semaine prochaine. »
Cette autre lettre, — toujours au même correspondant — montre bien les craintes que Mérimée avait :