‹ Notes sur Prosper MériméeChapitre 95 sur 197 · ROYBR-COLLARD ET LE DISCOURS DE RÉCEPTION I · texte numérisé non relu

ROYBR-COLLARD ET LE DISCOURS DE RÉCEPTION I

Gcrmîgny-les-Prés et la Charité. Le 8, il était à Niort d*oii il envoyait un rapport de 10 pages sur St-Etienne de Nevers, Bourges, Fontgombault et Poitiers. Le même jour il écrivait à H. Royer-CoUard :

« Niort, 8 sept. 1844

« Mon cher ami, vous me désolez avec les détails que vous me donnez sur votre maladie. Vous en voilà donc au feu d'Hippocrate, c'est là comme il semble le dernier mot de la médecine. Je n'ai rien à dire contre le traitement que vous suivez, mais je souffre d'y penser. Croyez vous que le changement d'air, de climat, ne vous (It pas autant de bien. Un hiver passé à Paris ou à Naples fait une grande différence pour la santé générale de gens de notre âge. Or rien ne vous serait plus facile que d'aller à Naples sans fatigue. De Paris à Orléans chemin de fer, d'Orléans à Nevers bateau à vapeur. Vous iriez en voiture à petites journées de Nevers à Chalon, et de là, jusqu'à Naples, vous trouvez des bateaux. Considérez les avantages que vous auriez à faire ce voyage. Vous serez dans un pays où il n'y a ni froid ni humidité. Vous y pourrez avoir des médecins habiles. Vous êtes entouré d'eaux minérales énergiques. Vous aurez les moyens de travailler et moins de tentations que vous n'en avez à Paris. Je ne parle pas des chances de guérison plus rapide, qui cependant doivent être plus grandes dans un pays où le climat ne fait pas souffrir les gens bien portants pendant six mois de l'année. Ce serait quelque adoucissement du moins que de voir un beau ciel, de belles choses et nouvelles, qui renouvelleraient vos idées et peut-être leur donneraient une couleur moins triste. Il y a quelque

aOO NOTES SUR PROSPER MÉRIMÉE

temps que je causais de vous avec M^ votre oncle, qui paraissait vous regarder comme un fainéant incorrigible. Je crois que votre maladie pourra vous être bonne à quelque chose. Vous voilà pour longtemps obligé de

renoncer à votre vie qui vous a empêché de £iire ce

que vous auriez pu et dû faire...

« Travaillez de votre plume, c'est encore une occupation très agréable et moins fatigante. Pourquoi n*aurais-je pas dans quelques années d'ici le bonheur de vous recevoir et de vous faire votre éloge en face. La scène serait excellente je pense, et ce serait le plus beau jour de ma vie.

t Vous avez eu la bonté de penser à ce malencontreux éloge de Nodier. J'ai des objections contre la citation que vous me proposez. La première et la plus forte c'est que je Tai faite tout récemment dans ma préface de Catilina, en examinant la valeur du témoignage des différents historiens qui ont parlé de cette époque. La seconde c'est que Courrier était un bien autre homme que Nodier, et qu\ine des hontes de l'Académie est de n'en avoir pas voulu* U me semble que, tout nouveau imioctocarpore^ il ne iaut pas fuin^ comme M. de Tocqueville qui commence par tancer ses confrères dés la porte d'entrée. Depuis^ mon d«^part de Paris \a\ eu tant de choses i faire que je n'ai pa» encore regardé mon discours, et que j'y ai pensé Ji peine. Peut-être pour le corriger vaut-il mieux me reposer quelque temps que de m'achamer i le limer toiU chjtud. Au reste» le temps ne me manquera pas. Ou m'écrit que S^ Mite ne sera re>;u qu'en novciubre, ce qui me reuKt au moins a la dn de l'axuiée.

*^ Adieu, mon cher ami, soigiH» vous» songez un pea

Page 1