‹ Notes sur quelques appareils à extension pour la réduction des fractures de l'avant-brasChapitre 10 sur 18 · AP | MD · texte numérisé non relu

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Un modèle improvisé consiste à utiliser plus simplement comme traction un tube de caoutchouc passé dans l’anse d’adhésif et tendu sur un clou planté dans l'extrémité débordante de l’attelle anti-brachiale.

‘— Citons encore quelques appareils analogues dans leurs principes : attelle métallique du Service de Santé, appareil de PÉCHARMANT, appareil de FOURMESTRAUX, appareil de Miss GASSETTE pour avant-bras. -

- DELBET, avec son appareil pour avant-bras, nous

présente un ensemble plus moderne, plus séduisant d’allure : c’est, avec ses deux colliers noyés dans deux petits plâtres, un appareil d’écartement ; un collier supérieur est juste en-dessous du pli du coude, le collier inférieur est au niveau du poignet. Ces deux colliers sont reliés par deux tiges coulissanies, une interne, l’autre externe, sur lesquelles agit la force d'expansion de ressorts.

-Un appareil analogue est celui de SANTA-MaRiaA. Il

comprend un corps et deux tiges terminées par des « aïilerons ». Le corps est un manchon taraudé à droite à l’une de ses extrémités, à gauche à l’autre et dans lequel entrent deux tiges filetées également en sens inverse : la rotation du manchon permet alors, suivant son sens, soit l’élongation, soit le raccourcissement du système. Aux extrémités libres des tiges, deux plaques minces, modelables, dites ailerons, sont destinées à être incluses dans des plâtres : l’une au poignet, l’autre en-dessous du pli du coude. Le système est complété par des jeux de rotules

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articulant les ailerons et par des vis de serrage. Les rotules permettraient l’orientation des fragments.

Il est évident qu’à l’usage ces méthodes ne sont qu’approximatives, exigeant une surveillance assidue et patiente : patience à demander au malade incommodé par l'appareil, autant qu’au chirurgien qu’elles obligent à de fréquentes retouches, quand ce n’est pas à un renouvellement complet. Pour les fractures à grand déplacement, il est illusoire d’en espérer la réduction.

On devait donc chercher d’une part à assurer une prise meilleure que celle que donne un adhésif ou un collier de plâtre, et d’autre part à maintenir d’une façon plus efficace la réduction obtenue.

Un gros progrès semblait réalisé par l’emploi de deux fines broches de KIRSCHNER, transfixant l’une l’olécrâne, l’autre le radius et le cubitus au tiers inférieur : c'était là une prise solide, ne dérapant pas, capable de supporter une traction énergique.

C’est le principe de l’APPAREIL A EXTENSION A VIS DE BÔHLER : deux étriers sont vissés sur les broches. L’étrier au niveau de l’olécrane sera le point-mort et servira à la contre-extension, étant relié de façon fixe au cadre métallique de l'appareil. Ce même cadre, contournant de chaque côté l’'avant-bras, sera traversé en avant par la tige du second étrier, l’étrier de la broche radio-cubitale, Un volant agit sur cette tige, qui est filetée, et permet d’exercer une traction progressive. La réduction obtenue, les broches sont noyées dans le plâtre.

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A peu près identique est le cadre inextensible de CLEARY, utilisable également pour le membre inférieur. -

Analogue encore l'appareil de CUENDET, où extension et contre-extension se font par des tiges coulissantes.

BECKER le faisait d’une façon, plus simple encore, presque sans appareil, avec une extension continue avant-bras au Zénith, réalisée par une seule broche trans-radio-cubitale.

Mais ces appareils, qui par leur action nous rapprochent des appareils suivants, pêchent par leur principe même : autant il est efficace de mettre des broches de KiRsCHNER une fois la réduction obtenue pour en assurer la fixité, autant il est illogique de solidariser avant réduction des fragments osseux qui n’ont pas des déplacements équivalents et sur lesquels on s’interdit donc toute action.

— Citons en passant un vieil « appareil » qui, bien que dénommé appareil à extension continue est, lui aussi, voisin par son action des appareils suivants : l'appareil de MoucHEeT, où tout l’appareillage consiste en deux lacs de toile: l’un autour du coude fléchi à angle droit, l’autre autour du poignet. La traction se fait sur chacun d’eux à l’aide de poids, de sacs de sable, par l'intermédiaire de deux poulies. L'appareil présentait peu d’avantages sur la traction manuelle, — REED, en 1938, a repris le même principe en remplaçant toutefois le poids par des tiges filetées passant dans deux petits supports fixés à la table et sur lesquelles on agit

par deux vis à ailettes.

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Parmi les appareils à réduction rapide, nous citerons tout d’abord une ébauche, une esquisse d’appareil qui renferme à l’état rudimentaire des principes nouveaux : |

C’est l’'ATTELLE DE THOMAS, appliquée au membre supérieur. Elle comprend un U en fer, très allongé, dont les branches englobent à leur extrémité libre un anneau destiné à embrasser le membre au-dessus du pli du coude ; cet anneau, capitonné de coton, recouvert de cuir ou d’une bande de toile, fera la contre-extension, alors que l’extension se transmettra à l’autre extrémité de l’'U par l'intermédiaire d’une poulie. Le bras passe au travers de l’anneau; l’avantbras, à l’angle droit sur le bras, est dirigé vers le zénith entre les branches de l’'U; un bracelet d’étoffe transmet la traction au poignet (schéma page 29).

L'APPAREIL DE BOEVER (de Namur) est le premier appareil qui marque un progrès et une innovation ; BoEvER, ainsi qu’il le dit dans son article paru dans le « Scalpel », a voulu trouver autre chose que ces méthodes où figurent « des chaises de cuisine de part et d'autre de l’avant-bras avec des sacs de sable rattachés à des emplâtres adhésifs ». De toutes les méthodes de traction, la traction directe sur l’os, telle qu’elle est réalisée par exemple par les broches de KiRSCHNER transfixant l’olécrâne d’un côté et le poignet ou les métacarpiens de l’autre, lui semblait de

loin la plus agissante, la plus efficace. « Mais, dit-il, il y a moyen d'obtenir une aussi bonne traction plus simplement, sans blesser les tissus et sans danger aucun » et c’est là son innovation essentielle : c’est la traction sur les « doigts crochus », c’est la même traction qui s'opère sur l’avant-bras quand on porte une valise, un seau, etc.

La réalisation pratique des idées de BOEVER nous

a été présentée par la maison Simal.

Son appareil se compose tout d’abord d’un cadre de traction, monté sur trépied ; au sommet de ce cadre, un volant de traction permet d’exercer une action progressive et douce sur les « doigts crochus ». Comment est réalisée cette fameuse position des « doigts crochus » ? Par une tige qui passe contre la face palmaire des deuxièmes phalanges des quatre derniers doigts, qui semblent s’agripper sur elle, une double plaque articulée et serrée par des vis les empêchant de se redresser en s'appliquant sur les faces dorsales des premières et troisièmes phalanges.

Quant à la contre-extension, BOEVER la réalise par sa « semelle » de traction analogue à sa semelle de traction pour fracture de jambe. Cette pièce métal-

lique, pivotante, est fixée à la partie inférieure du

cadre par l'intermédiaire d’une simple broche amovible : que lon tire la broche et la « semelle » se trouve libérée. Cette « semelle » sera en contact avec

le triceps et fixée par une bande qui encercle le bras

du pli du coude jusqu’au deltoïde.

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Le malade est couché sur une table, son avant-bras dirigé vers le plafond restant libre sur toute sa longueur, La traction se fait aisément, sans le concours d'aucun aide, de façon, constante et progressive ; la pose du plâtre est simple, sans demander une hâte excessive ; le plâtre sec, il suffira de retirer les deux tiges : celle de l’étrier de la main et celle de la « semelle » pour libérer l’avant-bras pris dans sa

gaîne de plâtre.

Cet appareil marque un net progrès, une innovation dont vont s’inspirer les appareils suivants. Nous sommes déjà loin de l’à-peu-près des méthodes précédentes : la manœuvre est facile, l’avant-bras bien dégagé permet la prise aisée de clichés avec un appareil portatif et, si besoin, la réduction sanglante. La traction se fait sans à-coups, sans « dérapage », sans adhésifs encombrants ; le poignet et une grande partie de la main, dégagés, permettent l’application d’un plâtre remontant à la base des phalanges.

Mais cet appareil, à l’usage, nous révèle encore bien des inconvénients : la stabilité bien que grande est encore trop faible, le support et le cadre manquant d’inertie, de stabilité ; la construction frêle ne donne pas un appui ferme pendant les manœuvres de réduction, l’extension se fait d’une manière un peu simpliste puisqu’elle prétend réduire n’importe quelle fracture de lavant-bras de façon uniforme : c'est ainsi que le pouce étant libre, on ne possède aucune action sur le radius.

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