‹ Notes sur quelques appareils à extension pour la réduction des fractures de l'avant-brasChapitre 11 sur 18 · ARE: MR · texte numérisé non relu

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Ces défauts, nous allons d’ailleurs les retrouver, en partie, dans les appareils que nous étudierons à présent : .

L'APPAREIL DE MASMONTELL :

MaAsMoNTEIL présentait en 1933, à la Société des

Chirurgiens de Paris, « un appareïillage pour lPappli-

cation des plâtres de l’avant-bras sous extension con-

tinue » :; à vrai dire, l'extension dite continue ne dure que jusqu’à dessiccation de l'appareil plâtré.

L'auteur utilise le principe de traction sur les doigts fléchis enseigné par Borver. Mais il apporte quelques modifications.

Tout d’abord une modification de détail quant au

préhenseur digital : BOEVER appliquait les deux pla-

quettes articulées, l’une sur les phalanges unguéales, l’autre sur les phalanges métacarpiennes. MASMONrer. les appliquent réciproquement sur les deux pha-

langes terminales, laissant libres les phalanges méta-

carpiennes.

Mais, et c’est là l'innovation à noter, le volant de traction ne s’exerce pas sur un point fixe du préhenseur digital : un arc en anse de panier surmonte le préhenseur digital et coulisse dans l’anneau du volant de traction : suivant que l’on appliquera ]la traction au centre ou aux extrémités de cet arc, nous aurons une prise se faisant soit en inclinaison eubitale, soit en inclinaison radiale : on peut ainsi par exemple placer la main en inclinaison cubitale en cas de fracture de l'extrémité inférieure du radius.

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: Pour la contre-extension, une autre modification de détail : les plaques de contre-extension sont articulées à angle droit, la plaque brachiale pouvant coulisser verticalement sur la plaque anti-brachiale. Le plâtre sec, pris par dessus ces plaques, il suffira de desserrer un écrou : la petite plaque brachiale coulisse en se dégageant du plâtre dans l’axe du bras, libérant ainsi la plaque brachiale que l’on attire vers soi, retirant ainsi l’ensemble de l'appareil de contreextension.

Quant au ste de lappareil, il ne comporte que des variantes avec celui de BOEVER.

MAsMoNTEIL nous présente donc un principe nouveau : faire varier le mode de traction suivant le type de fracture.

RETTIG, dans son système d'extension, utilise ce même principe mais avec un appareillage des plus élémentaire, qui se compose uniquement d’un arc préhenseur percé de quelques orifices servant à l’accrochage d’une part des deux plaquettes digitales, d’autre part du crochet reliant l’appareil à un poids fixe au zénith, une poutre par exemple. Les quatre derniers doigts, par un curieux système de laçage, sont fixés sur une plaquette, le pouce sur l’autre: mais toutes deux tiennent au même arc préhenseur. Suivant l’orifice dans lequel on fera passer chacun des crochets, on ira de l’inclinaison radiale à l’inclinaison cubitale, La traction se fait par des poids accrochés à une sangle passée autour du bras.

L'appareil de SoKkoLOWSKY (cité par ZENO), avec l’aspect général de l’appareil de BOEvER, utilise aussi un arc préhenseur identique à celui de MASMONTEIL.

Mais pourtant, les variations possibles de position du préhenseur de l’un ou l’autre de ces appareils ue suffisent pas à assurer des tractions efficaces sur le radius ; négligeant l’action sur le pouce, il néglige un mode actif d’action sur le radius ; il nous faudra l'appareil du docteur BoPpe pour trouver cette innovation capitale. Mais, avant d’en arriver à son appareil, disons quelques mots d’un autre appareil, qui se trouve un peu à part dans cette lignée.

L'appareil que ArNoLD GriswWoLp (de Louisville, U.S.A.) nous faisait connaître par le « Journal International de Chirurgie », s'applique sur le malade couché, son avant-bras étant à angle droit sur le bras, mais dans un plan horizontal (schéma p. 30).

L'appareil, composé de tubes de métal, est très dégagé : à la base, un support fait de deux tubes de métal à coulisse permettant d'adapter l'appareil à la longueur du membre ; à l'extrémité distale se dresse un tube vertical, support du système d’extension ; à l’autre extrémité, c’est l’ensemble de contre-extension. Ce dernier système se compose de deux plaques métalliques en arc de cercle : la première de ces plaques et la plus externe étant au contact de la face antérieure du bras, la seconde et la plus interne au contact de la face postérieure ; ainsi la première réalise la contre-extension proprement dite, la seconde empêche l'effort d'extension de redresser le bras dans

l'axe de l’avant-bras. s

Quant au système principal, celui de l’extension, il est basé sur le système de traction par « filet ».

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Chaque doigt est en effet pris dans un cône fait d’une sorte de filet à grandes mailles qui le coiffe ainsi qu’un doigt de gant resserré à la base. La traction s’exerçant, les mailles s’allongent dans laxe longitudinal , diminuant dans l’autre axe et rétrécissant ainsi l’orifice du cône : le doigt se trouve pris dans un filet, et plus Ja traction se fait forte, plus la prise se fait solide ; le doigt, en principe du moins, ne pourrait se dégager, la traction serait efficace et non traumatisante. Chaque « doigt de gant » se termine par un fil commun à tous les doigts, mais articulé sur un système de poulies; sur le pouce, la traction serait double de celle s’exerçant sur les autres doigts, grâce à un double système de poulies. |

Un volant de traction agit sur tout cet ensemble solidaire de poulies ; enfin, il est possible d’orienter la main dans toute position allant de la supination à la pronation par rotation autour de l’axe du volant.

L'appareil avait été conçu par son auteur tout d’abord uniquement pour la réduction des fractures compliquées des deux os de l’avant-bras, fractures irréductibles par d’autres méthodes. L'auteur a bientôt constaté l’avantage évident qu’il y avait à appliquer cette méthode également aux fractures ordinaires, si bien qu’il employa bientôt son appareil pour toutes les fractures de l’avant-bras et même pour les fractures isolées du radius ; dans ce dernier cas, il applique la traction uniquement sur le pouce, l’index et le médius.

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Citons simplement trois autres appareils très voisins de celui de GRISWOLD : l’appareil de SHACKMAN, celui de HoLmax et BODEN, et celui de FITTE, Pour le premier, l’extension se fait sur le pouce d’une part, sur les trois doigts suivants d’autre part; pour le second, elle se fait en trois groupes distincts : pouce seul, index avec médius, annulaire avec auriculaire ; quant au troisième, il réalise une traction isolée sur chacun des cinq doigts, mais la dissociation des forces ne nous semble pas suffisante pour avoir une action isolée sur le pouce par exemple. Ils utilisent pour la traction des doigtiers connus en France sous le nom de « doigtiers chinois », système analogue à celui de GRISWOLD.

Il nous reste maintenant à voir un appareil qui, issu des principes de BoEvER, nous apporte la modification capitale d’une traction séparée agissant sur le pouce seul : c’est l’APPAREIL DU DOCTEUR BoppE (schéma page 31).

Le support en est, soit un système de potence comme pour l’appareil de BoEvER, soit un cadre rectangulaire s’adaptant à la table d’opération, comme dans un autre modèle de l’appareil.

La prise sur les doigts se fait par un petit étau caoutchouté emprisonnant les quatre derniers doigts fléchis et par un collier caoutchouté prenant solidement le pouce au niveau de sa première phalange. La traction est orientable en tous sens par rotation autour d’un axe vertical ; un petit volant de traction excentrique et indépendant agit sur le pouce.

La contre-extension se fait par une lame métallique à cheval sur le bras et maintenue par ses deux

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