‹ Notes sur quelques manuscrits du musée britanniqueChapitre 10 sur 24 · Verjaus. — III · texte numérisé non relu

Verjaus. — III

i88 w*. — Endrainville vel Endreville. — III, 72.

Je regarde donc comme à peu près établi qu'un écrivain du xiv siècle s'est servi de notre ms. 5925 pour vérifier et compléter le texte des Grandes Chroniques contenu dans le ms. 16 G VI de Londres, et que, par des notes marginales, il a mis le ms. 5925 en rapport avec les Grandes Chroniques. Ce parallélisme m'a suggéré la pensée que le ms. 5925, ou un équivalent du ms. 5925| doit avoir été Tune des sources principales auxquelles le rédac« teur des Grandes Chroniques a puisé les éléments de sa compila*^ tion.

La question sera discutée à fond par les critiques qui ont à étudier les origines des Grandes Chroniques, et qui ne sauraient se dispenser de soumettre le ms. 5925 à un examen approfondi. Ils ne manqueront pas de remarquer que le ms. 5925, venu de l'abbaye de Saint-Denis, nous offre la réunion de beaucoup de textes dont s'est inspiré le rédacteur des Grandes Chroniques ; que ces textes y sont groupés dans le même ordre, et que Tua d'eux, Fouvrage d'Aimoin, s'y trouve combiné avec les Gestes de Dagoberty absolument de la màne façon que dans les Grandes Chroniques. Une particularité m'a surtout frappé. Dans le cours du xiii^ siècle, le ms. 5925 a été révisé par un écrivain qui a tracé sur les marges des manchettes et des observations tout à £siit dignes d'attention. En effet, l'auteur des Grandes Chroniques a connu et s'est approprié plusieurs de ces remarques^ qu'il est &u:ile de ne pas confondre avec les observations de l'annotateur du xrv® siècle. Donnons-en la preiave.

Aimoin a dit, en parlant de Sisebut : % Cantabriam... sibi

DU MUSéE BRITANNIQUE. 27

subjugavit^ » Le réviseur du ms. 5925 (fol. 77) a ajouté en marge : « que nunc Catalonia dicitur^ » ce que le rédacteur des Grandes Chroniques a rendu par : a Cantabrie, et ore est apelée par autre nom Cateloigne ^. »

Dans la continuation d^Aimoin la fondation des colonies saxonnes par Cbarlemagne est ainsi racontée : « Omnes qui trans Albiam et Vuihmuodi habitabant Saxones, cum mulieribus et infantibus, transtulit in Franciam '. » — Le réviseur du ms. 5925, fol. 107, ajoute au bas de la page une observation complémentaire dont il a marqué la place par un signe de renvoi après le mot Franciam : « Hinc dicunt quod -Brabantini et Flandrenses orti sunt, qui Franciam inhabitant, et saxonice locuntur. » De là cette phrase des Grandes Chroniques^ : a De celle gent sont ores estrais les Brebançons et les Flamens, et ont encore celle meisme langue, j»

A ce que dit Egtnhard^ delà soumission des Bretons à Charle> magne, le réviseur du ms. 5925, fol. i25 v», a cru devoir joindre une remarque ainsi conçue : <c Licet scriptum sit in Gestis régis Dagoberti, primi ecclesie Sanai^D^nisii ftmdatoris, capitulo XV, quod rex Britannie, nomine Judicail, fecerit homagium eidem r^i Dagoberto, subtciendo se et totam Britanniam perpetuo dîtioni Francorum. » Cette incidente est fidèlement rendue dans les Grandes Chroniques : a Ja soit ce que nous trouvons escript es Gestes du roy Dagobert que le roy de cette Bretaigne, qui avoit nom Judicael, lui fist hommage de tout son royaume *. »

Un peu plus loin, Eginhard ^ parle des campagnes entreprises par Charlemagne contra Avares vel Hunos, Telle est bien la leçon du ms. 5925, fol. 126 v* ; mais le réviseur a rois en marge : qui modo Ungari dicuntUTj et le rédacteur des Grandes Chroniques ® a compris ces mots dans sa traduction : Contre les Huns qui ores sont appelles Hongres,

Eginhard^ a dit du grand empereur : « Inter cœnandum aut

Page 1