‹ Notes sur Raoul de CambraiChapitre 15 sur 19 · II · texte numérisé non relu

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(3) Longnon, Raoul de Cambrai , Introd. xxxi, note 2. — Je rappelle le procédé que nous avons eu à constater en étudiant les légendes monastiques de Waulsort. Charles le Simple et sa captivité sont mêlés à une ridicule histoire de béryl. Un cornes Hadericus devient l’époux de la femme du noble seigneur Ibert. Cet Ibert luimême devient frère d’Herbert le Grand et de Gérard d’Audenarde, personnage du milieu du XIe siècle (Wauters I, p. 487). Le grandpère d’ Ibert est pris à un diplôme de Charles le Simple (Bédier, p. 393, n. 5). Les moines de Waulsort ne cherchent que des noms historiques pour leurs fictions. Il leur importe peu comment ces fictions se concilient avec l’histoire.

Pour ce qui est d’Ernaut de Douai, j’estime, avec M. Bédier, que le plus prudent est d’y voir une coïncidence fortuite. Je me refuse à le croire emprunté à Flodoard parce que je ne vois pas ce qui aurait pu attirer l’attention des moines de Waulsort sur lui. Quant à admettre que l’Ernaut épique se rattache à l’Ernaut historique par une tradition épique ininterrompue, je n’y puis songer. Car l’Ernaut historique est un personnage peu recommandable. Vassal d’Hugues le Grand, puis d’Herbert, il vient enfin au roi qui est obligé de le chasser peu de temps après- (1). llicher (II, 25) l’appelle in proditione promptissimus. J’auraisi compris que la tradition épique en fît un Ganelon, mais j’ai peine à croire que cet homme versatile et félon se soit transformé en l’intrépide Ernaut de la chanson.

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