‹ Notes sur un cas de cancer étendu de la lèvre inférieure: Intervention chirurgicale – guérison; étude du résultat anatomique et de l'adaptation fonctionnelleChapitre 13 sur 17 · DEUXIÈME INTERVENTION · texte numérisé non relu

DEUXIÈME INTERVENTION

Sous anesthésie générale au chloroforme :

1° On sépare la face inférieure de la langue de la cicatrice cutanée ;

2° Puis on sépare la muqueuse de la face inférieure de la langue des muscles sous-jacents; sur les côtés, on explore les branches du maxillaire inférieur, qui ne présente pas de signes d’ostéite grave ;

3° On suture le lambeau cutané à la muqueuse linguale dédoublée ;

4 On taille un grand lambeau cervical sus-hyoïdien

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de thaque côté, que l’on remonte par-dessus un îlot cutané, que l’on a soigneusement gardé comme point de départ au-dessus de la corne du cricoïde.

Suites excellentes. Les lambeaux ont repris dans toute leur étendue. La langue né peut encore rentrer dans la bouche.

Le 12 février 1921, dans la nuit, le malade présente une crise qui semble avoir été une crise d’épilepsie avec cri initial, secousses convulsives et généralisées sans qu’on puisse retrouver de signes de début localisé, émission d’urines. On se demande si le malade ne présente pas quelque métastase. Cette crise n’eut pas d’autres suites. |

Depuis cette époque, l’état fonctionnel du malade s’est amélioré progressivement. On a bientôt pu supprimer l'alimentation par la sonde et nourrir le malade en versant directement les aliments liquides dans la profondeur de la cavité buccale.

De temps en temps, à la visite, il s’approchait pour demander quand aurait lieu le deuxième temps de l’autoplastie. Puis, peu à peu, il espaça ses demandes, et depuis six mois on ne le voit pour ainsi dire plus dans la salle, et il ne demande plus rien, car il se trouve satisfait de son état fonctionnel. Et maintenant il ne désire qu’une chose, quitter l’hôpital et revoir son pays.

Le malade est examiné longuement par le Profes-

seur agrégé Bonnet, le 16 mai 1922, dans le but de préciser l’état actuel des différentes fonctions.

a) OCCLUSION DE LA CAVITÉ BUCCALE

Le malade examiné bouche fermée se présente avec

des joues pleines, roses, un peu bouffies. Cela tient en

| grande partie à la rétraction des deux branches du

maxillaire inférieur, qui toutes deux ont basculé en

dedans, s’inclinant à la rencontre l’une de l’autre, et font ainsi saillir la joue en avant d’elle.

On pourrait croire, en effet, qu’il ne reste rien du maxillaire inférieur, car au-dessus de lapophyse il n’y a plus trace d'angle de la mâchoire; l’emplacement de la branche montante, qui existe cependant, est devenu de chaque côté un sillon déprimé.

Il n’y a plus trace de menton ; le cou est marqué de brides cicatricielles, de plis, du fond desquels émergent encore quelques poils.

Le malade présente ainsi un « profil d'oiseau » comparable à celui que donnent quelquefois les troubles de développement dans la constriction des mâchoires (figure 2). Le massif facial s'arrête à la lèvre supérieure, et alors commence le cou.

Il y a cependant un plancher de la bouche. Il est formé de deux parties :

L'une, postérieure, est formée par les téguments de la région sus-hyoïdienne resserrés entre ce qui reste des deux bords du maxillaire inférieur rapprochés l’un de l’autre ;

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