‹ Notes sur un cas de cancer étendu de la lèvre inférieure: Intervention chirurgicale – guérison; étude du résultat anatomique et de l'adaptation fonctionnelleChapitre 14 sur 17 · LA BOUCHE · texte numérisé non relu

LA BOUCHE

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L'autre, antérieure, est tout entière constituée par la langue elle-même, qui est devenue en quelque sorte la partie mobile du plancher de la bouche, sorte d’opercule mobile qui, dans la fermeture de la cavité . buccale, obture toute la perte de substance qui existe entre la lèvre supérieure et les téguments de la région sus-hyoïdienne (fig. 3).

Lorsque la bouche se ferme, on voit le bord libre de la langue venir s’appliquer exactement contre la lèvre supérieure, de telle sorte que la cavité buccale se trouve à l’état d’occlusion complète et qu’il n’y a plus du tout d'écoulement de salive. On voit extérieurement la plus grande partie de la face inférieure de la langue, sur une hauteur de 4 centimètres, recouverte de sa muqueuse, qui, tout en conservant sa coloration rosée, tend à prendre l’aspect d’un épiderme.

Quand le malade ouvre la bouche (fig. 4 et 5), on voit la langue se rétracter un peu dans la profondeur de la bouche ; l’ouverture de l’orifice buccal est large, et on aperçoit une muqueuse parfaitement saine. Deux petits bourrelets latéraux de muqueuse s’engagent entre l’arc gingival supérieur et les bords latéraux de la langue, et concourrent peut-être à assurer de façon plus complète l’occlusion de la cavité buccale.

Ces bourrelets représentent la muqueuse qui recouvre le bord antérieur dé ce qui subsiste des deux branches du maxillaire inférieur, dont les tranches de section font saillie dans la bouche et en constituent les parois latérales rapprochées et solides. Le rapprochement des deux branches du maxillaire inférieur

Le po QUE

transforme la bouche en une sorte de canal ou plutôt de tunnel formé d’une voûte solide ét d’un plancher

mobile.

La voûte est formée en haut par le voile du palais, sur les côtés par le bord alvéolaire du maxillaire supérieur et les faces latérales du maxillaire inférieur, qui sont immédiatement sous-jacentes à ce bord sans qu’existe entre eux le voile souple de la joue ; le plancher de ce tunnel est constitué par le corps mobile de

la langue.

Ce tunnel semble la seule partie de la bouche vraiment utilisable pour la fonction de nutrition ; il conduit directement les aliments vers l’isthme du gosier.

En avant, et sur les côtés de cette voûte osseuse, existe, à droite et à gauche, un diverticule de la cavité buccale, situé entre le voile mobile de la joue et les parties constituantes latérales de ce que nous venons d'appeler la voûte du tunnel, c’est-à-dire bord alvéolaire du maxillaire supérieur et moignons du maxillaire inférieur. |

Ce diverticule, qui représente tout ce qui reste de la partie de la cavité buccale normalement comprise entre le voile mobile de la joue et le bord alvéolaire des deux maxillaires, semble exclu, au point de vue fonctionnel, de la cavité buccale. Les aliments ne

viennent cependant pas s’y accumuler.

L’occlusion de la bouche est un phénomène actif qui semble disparaître partiellement pendant le sommeil. Le malade dort bien, mais cependant il éprouve parfois dans la nuit une sensation de sécheresse de la bouche qui suffit à le réveiller.

b) PAROLE

Le malade parle actuellement de façon convenable, et nous avons pu aujourd’hui lui faire répéter en entier son histoire, dans laquelle l’observation prise à son entrée à l’hôpital, dans les conditions que nous avons relatées, laissait des lacunes assez nombreuses.

Au moment où on interroge le malade dans le but de le faire parler, on le voit « se préparer » à la réponse; il penche la tête en avant, ce qui va lui permettre de

fermer l’orifice buccal et d'obtenir locclusion nécessaire à l’émission des sons.

Lorsqu'il parle, on le voit pencher la tête en avant par saccades, ce qui donne à sa voix un caractère un peu explosif, surtout lorsque le malade parle un peu fort. |

La langue fait presque tous les frais de la prononciation. Mais dans l’émission des sons, on voit tous les muscles du cou se contracter. Il semble que tout le cou concoure à mobiliser le moignon de téguments qui ferme en arrière le plancher de la bouche.

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