‹ Notes sur un cas de cancer étendu de la lèvre inférieure: Intervention chirurgicale – guérison; étude du résultat anatomique et de l'adaptation fonctionnelleChapitre 15 sur 17 · DÉGLUTITION · texte numérisé non relu

DÉGLUTITION

Celle-ci est bien plus troublée que nous ne nous attendions de le constater.

1° Déglutition des liquides. — Lorsqu'on fait boire le malade au verre, ce qu’il ne fait pas habituellement, car il préfère employer la cuiller, on le voit appliquer la face convexe du verre sur la face supérieure de la langue, qui se moule sur lui, et le liquide se trouve versé dans la cavité buccale comme dans un entonnoir qui serait malléable et hermétiquement adapté au récipient verseur.

Alors commence le temps difficile ; et la difficulté vient de ce fait que la fermeture de la bouche n’est pas instantanée : une fois le verre enlevé, le malade est obligé de faire avec la langue un mouvement rapide pour clore la cavité buccale, sans quoi un peu. de liquide s’écoule sur les côtés. La tête, qui était levée au moment où le malade boit au verre, doit alors se baisser rapidement, car la langue ne parvient à réaliser l’occlusion de la bouche que lorsque la tête ‘est penchée en avant.

Le malade ayant ainsi recueilli le liquide dans la cavité buccale après en avoir perdu quelques gouttes pour n’avoir pu fermer la bouche assez vite, commence alors seulement les mouvements de déglutition. Ceux-ci se font la tête étant inclinée en avant, et on assiste à des efforts pénibles de déglutition avant que le malade n’ait avalé tout le liquide.

Défaut d’instantanéité dans l’occlusion de la bouche, rigidité relative de la cavité buccale, nécessité d’incliner la tête en avant, semblent être les éléments essentiels des difficultés apportées à la déglutition des liquides lorsque le malade les prend au verre.

Par contre, lorsque le malade boit à la cuiller, il le fait très facilement et sans les efforts pénibles dont nous venons de parler. C’est qu’alors il garde la tête renversée en arrière et verse directement dans larrière bouche avec sa cuiller le liquide qu’il avale à la régalade.

25 Déglutition des solides. — Elle est extrêmement difficile. Lorsqu'on donne au malade à mastiquèr et à déglutir un fragment de mie de pain, il le place sur la langue, le passe pour ainsi dire à la meule avec sa langue contre le voile du palais et le transforme en une masse aplatie dont la déglutition serait très difficile sans quelques gouttes d’eau.

Pour toutes ces raisons, l’alimentation du malade est exclusivement constituée d'aliments liquides ou semi-liquides, lait, potages, œufs crus, purées diverses.

Si l’on cherche à se rendre compte de ce qu'il serait encore possible d'obtenir comme amélioration fonctionnelle par des tentatives d’autoplastie ayant surtout pour but ou comme possibilité de réintégrer la langue dans la cavité buccale et de refaire une lèvre inférieure, on constate que toute tentative de ce genre serait susceptible d'entraîner une aggravation de l’état actuel, car toutes les fois qu’on cherche à rap-

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