CONCLUSION
Notger est une des plus remarquables figures du X'' siècle. Dans cette série de prélats qui furent à la fois des hommes d'Etat distingués et des pasteurs d'àmes dignes de leur mission, il occupe un des premiers rangs. La politique civilisatrice des empereurs de la maison de Saxe ne connut pas d'instrument plus intelligent. Quatre voyages en Italie à leur service et d'innombrables séjours à leur cour attestent combien ils l'estimaient et combien peu ils se passaient de lui. Ils n'eurent pas de serviteur plus fidèle; il sauva le trône d'Otton III, il fut le négociateur de la paix entre Henri II et le roi de France; on le trouva toujours sur la brèche quand il s'agit de défendre leurs intérêts, et c'est en grande partie à lui qu'est dû l'airermissemcnt du pouvoir impérial dans nos provinces.
Prince-évcquc de Liège, il a créé sa principauté. Sans guerres, sans intrigues, il a acquis un domaine considérable, comprenant des villes, des abbayes et deux comtés entiers. Il a organisé le gouvernement de ce tout. Arrachant et plantant, selon l'expression de son biographe, il a détruit les chàteaux-forts et édifié les villes. Justicier sévère, il n'a pas reculé devant les mesures de ré[)ression énergiques quand elles lui semblaient réclamées ])ar le salut de son peuple, et il a légué à son successeur un Etat i)aisiblc et heureux.
Il n'a ])as borné sa tache à assurer la sécurité et le bicnctre de son j)euple ; il s'est préoccupé aussi de sa vie intellectuelle. Son (ouvre scolaire est une des plus belles qu'il y ait dans l'iiistoire. Grâce à lui, les écoles de Liège ont été des pépinières d'hommes émincnts ; leur renom s'est étendu au loin ; de toutes parts on est venu lui demander, soit des
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c\ rqucs, s<;i!: cîos jjroresseurs, et, par l'influence de ses disciples, qui coiilinuaicnt au loin son enseignement, il est devenu l'un des éducateurs de llùirope. La première liisloire ilu pays de Liège a été écrite sous ses auspices, on pouri'ait dire sous su dictée. Il a rempli ce pays de livres précieux et d'objets d'art, et, uieltant lui-iuénie la main à la besogne, il s'est fait le collaborateur de ses éeolàtres, dans leurs classes comme dans leurs cellules d'écrivains.
Pour juger de ce qu'il a fait pour sa principauté, il sullit de voir ce qu'il a fait pour sa cité. Il en a été le second l'oudateur; il y a tout créé ou tout renouvelé. La cathédrale avec ses dépendances, quatre églises collégiales nouvelles, deux paroissiales, les cloîtres, le })alais, l'hospice, l'enceinte fortilîée, tout y est de lui. Avant lui, Liège n'était qu'une bourgade; après lui, elle prit rang parmi les grandes villes.
Ce grand civilisateur, ce puissant manieur d'hommes fut une âme profondément religieuse. Regardant les choses temporelles du point de vue de l'éternité, il ne s'est pas laissé absorber par les préoccupations du siècle : le salut de son âme est resté son affaire principale. Il joignait la sainteté au "énie. Il n'v a i»as une tache sur sa robe de prêtre, il nv m ]jas une souillure sur sa ré])utation d'homme d'Etat. Son nom est une des plus ])ures gloires de son pays d'adoption, et un. des plus grands de l'histoire de Belgique.
ADDITIONS ev;: CORRECTIONS.
P. 2. Sur les évèques de l'époque ottonicnne, il faut lire
riniportant témoignage du Vita Meinwerci, c. 192, p. 151 :
lUiiis qiioque tenipuris opiscopi sapicntià et scientJà pracdili, subjcctoriini profcotibus continue erant dediti, scoimdas iniporii partes sancte et juste adjuvantes, sacerdotii rigoreni nullatenus relaxantes. Intoi' quos vitae nici'ilo eniinebat Treverensis lur'îropolis, e.\(iuà priniuiii sonus evangolicao praedioationis intonuit parti bus Teutonicis, Meingoz et Poppo, Coloniensis (IuO(|ao HorilK'i'tus et Pibgrinus, Mngunticnsis eecJcsiae Willigisus et Erchanbaidus, Arilio et Bardo, Partcnopolitanao id est Magtholiui'gonsis (Jero et Hunfridus, Hronicnsis l'iuiwanus, Trajeetensis Ansfridus et Alhalbaldus, Mimigardefordensis Thiedericus et Sigifridus, Osncbruggensis Thietmarus, Hiidonesheiincnsis Beriiwardus et (lodehai'dus, Mindensis Sil)crtus et lii'uno, Hurgliardus Woi'iualicnsis, studio suo in collcctione eanonum in Ecclesià laudabibs,Werinliar(lus Argentinae civi^atis, Meinhardus et [îruno Wirziburgensis, et alii quamijlures pontificii dignitale vcnerabiles, sanctitate iniconiparalMles, quoi'uiu nieritis adeo illo in ienipnir lloi-uit Eeclcsia. ut non sit hodic aliqua, fpiae iiolns ojus lemporis non poi'îondat moruni nieritorum insignia.
P. 10, Nul, à ma connaissance, n'a mieux apprécié que MoU
l'iniluence de saint Rrunon sur les prélats sortis de son école ;
les paroles suivantes (Kerkgeschiedenis van Nedevland çôér
de Herçorming-, t. I, p. 27G), trouvent leur pleine application
en ce qui concerne Notger :
Zoo kon het geschieden, dat uit de l<\ve(^i<elijigon van Bruno, waarvan vclen door keizcr Otto en zijne jiaaste opvoJgers op de l)isschopszctc]s van liot duitsehe rijk werden geplaatst, eono eigenaardige soort van geestelijken voor-kwaain, prclaton die, hoezecr sonitijds doordrongen van do bowusting hunner lioogc rocping voor de kork, zicli ccliter uitnoniond lieioondcn voor de moeijiHjkste staatsanibten; mannon die van het altaar naar het slagveid togen, van het kapittel naar de rijksvcrgadering; praktische naturcn, (he niet allcen korkon en kloostcrs stiehtten, niaar ook torons en \vallen tôt verdediging van luni geijied, don handc^l bovordcrden en don akkerl)ouw opbeurden iiiet be\vondeJ•ens^vaardig lu'leiii.
P. 14, dans la note de la page précédente, où il est parlé de Clovis III, on a imprimé à tort, dans l'antépénultièjue ligne, Cliildéric II au lieu de Clovis III.