‹ Notger de Liège et la civilisation au 10e siècleChapitre 4 sur 44 · PRÉFACE. IX · texte numérisé non relu

PRÉFACE. IX

l'épée au poing. Tous ceux qui résistèrent furent tués. Chèvremont, pillé, fut ruiné à rez-terre.

)) Notger rentra triomphalement à Liège. Il y fut dès lors le seul Seigneur. Il redressa les murailles de la Cité, et en agrandit l'enceinte en y renfermant le quartier de l'Ile. Etc., etc. » (i).

Tout est faux dans cette tirade hérissée de majuscules.

Il est faux qu'après 980 Liège fût « resté sous l'obédience de l'Empire » dans le sens où l'entend Henaux, c'est-à-dire qu'il relevât directement de l'empereur sans l'intermédiaire du prince-évêque. Et Notger n'eut aucunement besoin de « se soumettre la ville épiscopale » pour la bonne raison que, comme on le verra, elle était depuis longtemps soumise à ses prédécesseurs.

Il est inexact encore de dire que, « dès 969, l'évêque Éracle avait fait la tentative de soumettre la ville ». Il y a là une interprétation étonnamment abusive d'un passage d'Anselme racontant — sans date — une émeute qui éclata à Liège sous Éracle, et dont le chroniqueur ne nous fait pas connaître le motif.

Affirmer qu'à cette occasion les Liégeois « forcèrent le prélat à respecter leurs lois et leurs coutumes » est une simple pantalonnade. A l'époque d' Eracle. les Liégeois n'avaient pas d'autres lois et pas d'autres coutumes que le reste de la principauté, et le prélat ne songeait pas à leur manquer de respect.

Notger ne s'en prit pas au « comte » et au « vicomte », attendu qu'il n'y avait à Liège ni comte ni vicomte.

(1) Fciilinand Henaux, Histoire du Pays de Liège, 3^ édition, t. I, p. 107.

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