Voir plus haut, p. 118 de cette Notice biographique
:i. C'était M. Jaillon, alors attaché à la Compagnie de Suez.
» tances il m'a été permis de prendre des empreintes » exactes de la pierre et d'en préparer aussitôt la publica- » tion, sans toucher aux droits réservés pour M. Mariette, )) de la publication des monuments trouvés par ses fouilles, » droits que je désire respecter d'autant plus strictement, » parce que je dois lui être très reconnaissant pour toutes » les facilités sans réserve qu'il m'a offertes pour l'étude et » pour l'exploitation du Musée de Boulaq, ainsi que pour )> tout l'acueil franc et amical qu'il a bien voulu me faire » en toute manière. — Tout le voyage que j'ai fait sur » l'Isthme, à San, à Tmai, à Behbet, etc., a été très heu- » reux. J'ai reconnu toute une série de monuments persans » le long de l'ancien canal de Darius, écrits en persan et en » égyptien pour la commémoration de ce grand ouvrage ; » les emplacements de Cambysou et de Serapiu sont faus- » sèment indiqués sur les cartes, mais je crois avoir trouvé » le véritable Sérapéum, et, ce qui vaut plus, les véritables » ruines de Aouaris, là où on devait toujours les chercher, » comme je l'ai demandé d'ailleurs, savoir, près de » Péluse'. » Rougé aurait bien voulu posséder sur-le-chauip la copie de l'inscription bilingue, mais il savait quelle importance cette découverte avait pour son correspondant, et il porta son attention sur les monuments persans de l'isthme, dont Mariette venait de notifier la découverte à l'Académie : dans la séance du 4 mai, il pria le Bureau d'en réclamer des estampages à M. de Lesseps, en son nom comme en celui d'Oppert', puis, dans la séance du 25 mai, il insista pour que la demande fût transmise directement à Mariette môme*. La réponse de Lesseps arriva sous forme
1. Lettre française en date du 21 avril 1866, communiquée par le vicomte J. de Rougé.
2. Comptes rendus de V Académie des Inscriptions^ nouvelle série, 1866, t. II, p. 139-140, séance du 4 mai.
3. Comptes rendus de V Académie des Inscriptions, nouvelle série, 1866, t. II, p. 153, séance du 25 mai.
d'une lettre, dans laquelle il annonçait qu'il avait prié Mariette de communiquer à l'Académie les dessins et les estampages qu'il lui avait confiés ; en attendant, il expédiait des documents relatifs à la découverte', que Rougé lut publiquement et commenta dans la séance du 13 juillet'. La réponse de Mariette arriva sous forme d'une Lettre sur la Stèle de Chalouf, dont Rougé fit aussitôt ressortir l'importance', et qui fut publiée peu après dans la Revue archéologique \ Entre temps, Rougé avait annoncé d'abord la bonne fortune de Lepsius*, puis la publication des premières lignes de l'inscription dans la Zeitschrift* , et il avait montré combien elle venait à propos \ On sait quelle révolution complète elle opéra dans les convictions scientifiques de Lepsius. Il avait jusqu'alors professé un scepticisme fâcheux sur les traductions qui se succédaient des textes, et il en avait exposé publiquement les motifs : « M. Lepsius, écri- » vait Brugsch à Rougé en 1855, a lu dernièrement un )) mémoire à l'Académie de Berlin (Màrz 1855), dans » lequel il donne, pour la première fois, une explication de » ses raisons de ne pas traduire des inscriptions hiérogly- » phiques. Car, jusqu'à présent, c'a été impossible et toutes » les traductions données sont des fantaisies ou des hypo- » thèses. Mais, parbleu ! qui a lu si couramment des » inscriptions hiéroglyphiques devant notre roi avant une
1. Comptes rendus de V Académie des Inscriptions , nouvelle série, 1866, t. II, p. 209, séance du 6 juillet.
2. Comptes rendus de l' Académie des Inscriptions, nouvelle série, 1866. t. II. p. 211-214, séance du 13 juillet.
3. Comptes rendus de r Académie des Inscript ions, nouvelle série, 1866, t. II, p. 289-290, séance du 24 août.