‹ Notice biographique du Vicomte Emmanuel de RougeChapitre 44 sur 50 · Voir plus haut, p. 113 de cette Notice biographique · texte numérisé non relu

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4. Il exprime très nettement son opinion sur ce point dans un passage de son Mémoire sur les attaques, p. 33, note 1, du tirage k part.

aux mérites singuliers des deux auteurs; il avait d'ailleurs insisté sur les avantages de la collaboration entre égyptologues tels qu'ils se manifestaient dans l'ouvrage, doublant et même quadruplant les résultats conquis. Par malheur, l'un des deux auteurs étant étranger, il avait cru devoir nommer toujours Goodwin avant Chabas. Celui-ci se demanda un moment s'il n'y avait pas derrière cette raison de courtoisie quelque sentiment de malveillance pour luimême, puis, sans s'arrêter à cette idée, « il affecta seulement » de reconnaître, dans l'excès des louanges décernées à son » collaborateur, un dédommagement pour l'accueil moins » favorable qu'E. de Rougé avait fait à celui-ci en 1861* ». On conçoit donc l'impression fâcheuse qu'il ressentit quelgues semaines plus tard, lorsqu'il apprit d'une part que Brugsch préparait une critique du Voyage à l'instigation de ses adversaires*, et d'autre part que ces mêmes adversaires cherchaient à placer Brugsch en France'.

L'irritation s'accentua lorsque, le 10 juin suivant, Devéria, lui envoyant des estampages de certains monuments du Louvre, lui apprit que l'article était prêt, qu'on l'avait prié d'en effacer les fautes de français et qu'il en avait adouci Texpression de son mieux, mais que ce qui restait encore était conçu dans les termes les plus violents'. Aussi refusat-il d'envoyer à la Revue critique l'exemplaire que Zotenberg réclamait pour qu'il y fût analysé : il savait que le compte rendu avait été fait d'avance par Brugsch et fait dans un

1. Virey, François-Joseph Chabas, p. lxxix, diaprés les notes de cours de M. de Horrack.

2. Lettre de Lepsius à Chabas, du mois de mars 1867, citée par Virey, François-Joseph Chabas^ p. Lxxxu.

3. Lettre de Pauthier à Chabas, en date du 6 août 1867, citée dans Virey, François- Joseph Chabas, p. lxxxu; cf. plus haut, p. 130, note 2, de la présente Notice biographique.

4. Lettre de Devéria à Chabas, en date du 10 juin 1867, citée dans Virey, François- Joseph Chabas, p. lxxxhi.

esprit malveillant*. L'article n'en vit pas moins le jour dans les numéros du 17 août et du 14 septembre, et il eut un retentissement immense dans le petit monde des orientalistes. Chabas en eut communication à Paris, dès l'apparition du premier numéro, dans une séance du Congrès universel d'Anthropologie, et l'effet que cette critique amère produisit sur son entourage lui fut des plus pénibles. Par un hasard fâcheux, le mémoire de Rougé sur les attaques des peuples de la mer parut presque en même temps, et cela, joint aux circonstances dans lesquelles la Critique avait été composée à Auteuil chez Mariette, tandis que Brugscb attendait « sa » nomination à l'un des postes élevés de la science fran- » çaise », puis « revisée au Musée égyptien du Louvre ))j lui fit croire un moment qu'il était la victime d'une véritable conjuration dont Rougé aurait été l'inspirateur : a Personne, » écrivait-il quelques mois plus tard, ne s'est trompé sur » les rancunes que cet acte d'hostilité a eu pour objet de » caresser. Très reconnaissant envers ses promoteurs de » Paris, bien qu'il ait dédaigné de la part de la France » des faveurs qu'un savant français solliciterait en vain, )) M. Brugsch paie sa dette à sa manière. » Il admettait que la coïncidence de l'apparition des deux mémoires, bien qu'elle fût en apparence significative, pouvait n'être que fortuite^, mais il conservait tous ses soupçons et Ton conçoit que, dans ces conditions^ Lepsius ait échoué lorsqu'il essaya de le réconcilier avec Rougé*. La manière élogieuse dont celui-ci parlait de lui dans son Exposé ne dissipa point ses préjugés', et l'échec de sa candidature à l'Institut, lorsque ses amis, en décembre 1867, le proposé-

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