‹ Notice biographique du Vicomte Emmanuel de RougeChapitre 45 sur 50 · Virey, François-Joseph Chabas, p. lxxxvi · texte numérisé non relu

Virey, François-Joseph Chabas, p. lxxxvi

4. E. de Rongé, Exposé de l'état actuel des Études é(/t/ptiennes, p. 11-12, 26, note 3, 27, 39, 53, 54, 55.

rent pour le titre de correspondant, les confirma plutôt*. Désormais, il se montra irréductible aux tentatives de rapprochement les plus sérieuses, et il engloba dans une méfiance commune tous les savants qui touchaient de près ou de loin à son ancien maître : « Vous paraissez, lui écrivait le mar- » quis de Vogué, croire qu'il y a au Louvre une sorte de » conspiration contre vous; je vous assure qu'il n'en est » rien... Rougé ne met plus les pieds au Musée... Je l'ai » toujours entendu s'exprimer sur votre compte avec con- » sidération, et il ne songe guère à vous enlever les maté- » riaux, lui dont la vie ne suffira pas à mettre en œuvre » ceux qu'il a dans les mains*. » Un peu plus tard, parlant avec éloge de mes premiers travaux, il ajoutait, me croyant en rapports constants avec Rougé : «Je ne connais ce Mon- » sieur que par Devéria, qui m'a parlé de lui... Ses senti- » ments à mon égard doivent se ressentir de ceux de son » entourage' ». Cette malheureuse coïncidence de la Critique avec le projet de naturalisation de Brugsch et l'apparition du Mémoire sur les attaques avait détruit les dernières chances d une réconciliation.

Rougé le regretta sincèrement. Les méfiances de Mariette et la vivacité de Chabas éloignaient de lui les plus illustres des savants dont il avait favorisé la carrière ou encouragé les débuts, et, si les générations nouvelles l'entouraient d'un respect profond, elles ne pouvaient plus vivre avec lui dans la même intimité où ses contemporains avaient vécu. Il continua à leur rendre service de son mieux, procurant à Maspero,

1. Virey, François-Joseph Chabas, p. lxxxv, où Virey fait observer avec beaucoup de raison que le souvenir des luttes de Chabas avec Charles Lenormant et E. de l^ougé explique suffisamment cet échec auprès d*une Compagnie où ces deux savants comptaient tant d'amis.

2. Lettre de Vogué à Chabas, en date du 3 juin 1868, publiée dans Virey, François-Joseph Chabas, p. lxxxvi.

3. Lettre de Chabas à Lefébure, en date du 7 janvier 1869, publiée dans Virey, François-Joseph Chabas , p, xci.

qu'il savait sans fortune, la publication des Notices manuscrises de Champollion', présentant à l'Académie les premières œuvres de Naville*, prenant la défense de Pierret lorsque de faux rapports lui firent croire en 1869 que Maspero menaçait la position de celui-ci au Louvre', faisant imprimer un article de Lieblein dans la Bévue archéologique^ et le recommandant à M. Dardel, le surintendant des musées de Suède, pour classer et cataloguer les monuments égyptiens conservés à Stockholm*. Bien qu'en principe il considérât que \9k ZeitschriJÎ de Berlin suffisait amplement aux besoins de la science, il s'intéressa à la tentative de Maspero et de l'éditeur Vieweg, lorsque ceux-ci fondèrent à Paris un nouveau journal égyptologique, et il leur confia une traduction complète du Poème de Pentaour avec le fac-similé du Papyrus Raifé*,. pour mettre en tête du premier numéro du RecueiV. Il consacra donc les dernières années de son activité à dresser ex cathedra au métier les savants qui se manifestaient derrière lui, et à leur procurer l'instrument

1. Il présenta à rAcadémie les deux premières livraisons de cette publication, les septième et huitième de l'ouvrage complet, dans les séances des 6 et 20 mai 1870 (Comptes rendus de l'Académie des Inscriptions, nouvelle série, 1870, t. VI, p. 86, 118).

2. Comptes rendus de V Académie des Inscriptions^ nouvelle série, 1870, t. VII, p. 35-36, séance du 18 mars, présentation des textes relatifs au mythe d'Horus.

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