‹ Notice biographique du Vicomte Emmanuel de RougeChapitre 46 sur 50 · Lettres de Rougé à Maspero, de juin et juillet · texte numérisé non relu

Lettres de Rougé à Maspero, de juin et juillet

4. Lieblein, Études sur la place chronologique de la XXII* dynastie égyptienne^ dans la Reçue archéologique^ nouvelle série, 1868, t. XVIII, pV272-292.

5. Lettre française de Lieblein à Rougé, en date du 30 décembre 1868, communiquée par le vicomte J. de Rougé.

6. Voir dans Virey, Notice biographique de Philippe-Jacques de Horracky p. xuii-xliv, le récit des circonstances dans lesquelles il avait acquis le Papyrus Raifè,

7. Recueil de Travaux relatifs à la Philologie et à l'Archéologie égyptiennes et assyriennes^ 1870, Paris, Vieweg, in-4°; la publication fut interrompue par la guerre de 1870, et elle ne reprit qu'en 1879.

indispensable à leurs études, cette Chrestomathie qu'il avait promise à leurs prédécesseurs, et qui était, depuis 1847, le souci de sa vie. La façon dont le premier fascicule avait été publié ne l'avait pas satisfait. Il estimait avec raison que le lithographe, le même qui avait écrit les huit premiers fascicules des Notices de Champollion, avait une main trop grêle et trop irrégulière : son texte français était parfois peu lisible, et ses hiéroglyphes étaient tracés gauchement. Il se résigna donc à ini[)rimer la suite, et il confia Tîmpression à l'Imprimerie nationale; le second fascicule fut mis en vente dans les derniers jours de 1869\ Il comprenait la première partie de l'Introduction grammaticale, celle où il est traité du nom et de l'article, de l'adjectif, des pronoms, des noms et des adjectifs de nombre, le tout exposé avec une clarté de langnge et une abondance d'exemples qui entraînent la conviction.

Le succès en fut prompt, et on lui réclama instamment le fascicule du Verbe; pourtant la grammaire proprement dite ne tint plus guère de place dans ses leçons. Duruy, inquiet du peu de ressources que l'organisation de l'Université offrait aux spéculations de science pure, venait de créer, en 1868, Y École pratique des Hautes Études. Rougé avait réclamé aussitôt l'ouverture d'une conférence d'égyptologie dont il serait le chef, et il cherchait un répétiteur qui le dispensât d'initier péniblement les débutants aux rudiments de la lecture et de la langue : il pensait avec raison qu'à les recevoir dégrossis au moins par un premier stage à l'école, il pourrait aborder devant eux les matières les plus neuves et les sujets les plus ardus sans craindre de leur être inintelligibles. Il choisit Maspero, qui revenait de Montevideo et lorsque la nomination eut été faite non sans peine, il le chargea, pendant l'hiver de 1869-1870, de débrouiller les éléments de la

1. E. de Roogé, Chrestomathie èfji/ptienne, 2* fasc, 1868, Paris, Imprimerie impériale, ih-8% 133 p. et 8 planches lithogr&phiées.

Grammaire copte, puis de la Grammaire hiéroglyphique. Lui-même, il se remit avec ardeur au dépouillement et à l'interprétation des textes recueillis en Egypte. L'ordre des temps l'avait amené aux monuments de Ramsès II. Après avoir traduit et commenté, de 1867 à 1869, les inscriptions d'Abydos relatives à la jeunesse du prince, il avait abordé les documents qui nous ont fait connaître ses guerres contre les Khétas : le Poème de Pentaour, complété par la découverte du Papyrus Raifé et par les copies qu'il avait rapportées des versions monumentales de Louxor et de Karnak, lui fournit la matière de deux années de cours, de 1868 à 1870, mais, pendant l'hiver de 1869-1870, il expliqua, par manière de diversion, les premières lignes de la stèle de Piânkhi. De nouveaux disciples se pressaient alors autour de sa chaire, Pierret, Lefébure, Guieysse, Maspero, Hyacinthe Husson, Revillout, Grébaut, auxquels des étrangers venaient s'adjoindre de temps à autre. Il n'est resté de ses leçons sur Ramsès II que des résumés rédigés par Robiou et publiés après la mort du maître \ L'édition du Poème de Pentaour n'a été connue pendant vingt ans que par le petit article du Recueil de Travaux où il donna, avec le feuillet inédit du Papyrus Raifé, une traduction nouvelle du texte complet*; elle n'a commencé que vers 1885 à paraître dans la Revue égypiologique, par les soins de Jacques de Rougé*.

Dans les intervalles de ses cours, il se délassait à faire des conférences pour le bénéfice de plusieurs Sociétés

1 . Mélanges d'Archéologie et de Ph ilologie égyptiennes et assyriennes^ t. I, p. 264-291.

2. E. de Rougé, Le Papyrus Raifé, dans le Recueil de Travaux relatifs à la Philologie et à l'Archéologie égyptiennes et assyriennes , 1869, t. I, p. 1 aqq. La traduction nouvelle avait été lue à l'Académie des Inscriptions dans les séances du 21 janvier et du 11 février 1870 (Comptes rendus, nouvelle série, 1870, t. VI, p. 10, 18).

Page 1