NOTICE XXI
(le Bordeaux se virent bientôt dans la nécessité de réglementer sévèrement les importations des Frères de Saint- A7itoi}ie '.
Par cet unique exemple, on peut juger que les motifs de railleries ?ie fnanquaient pas à Buchanan. Devant les imputations d'hérésie dirigées contre lui par les Cordeliers, il avait dû quitter l'Ecosse. Pour des accusations identiques portées devant l'archevêque de Bordeaux, Charles de Grammont, il se vit contraint de prendre la fuite. Mais avant d'abandonner la Guyenne, il trouva au château de Montaigne, auprès de Pierre Eyquem, un asile d'où il pût accomplir sa retraite et se soustraire aux poursuites en toute sûreté^. Il choisit pour lieu de refuge Paris, oii il avait laissé un gra?id nombre d'amis.
Futur acteur dans les pièces 5 écrites par Buchanan, Mon-
1. Le 19 septembre 1556, ordonné fut & did au commandeur de Saint-Anthoine qu'il ne tiendrovt que deux pourceaux.
Gaullieur, Hist. du Coll. de Guyenne, Paris, 1874, p. 142.
2. Montaigne dépendant de la seigneurie de Montravel, laquelle appartenait à l'archevêque de Bordeaux, Buchanan demeura quelque temps sous la protection de son persécuteur.
Mais là ne se bornèrent pas les tribulations de Buchanan. Appelé à Coimbre en 1547 par André Gouvéa pour concourir à l'établissement d'une université dont le roi de Portugal voulait être le protecteur, il ne tarda pas à être de nouveau dénoncé comme fauteur d'hérésie par les Cordeliers ses ennemis, toujours acharnés. 11 fut emprisonné dans un couvent et finalement après avoir recouvré sa liberté, et fait l'éducation du fils de Brissac, il partit pour l'Angleterre où il mourut en 1582.
5. Qua; prima omnium fuerat conscripta (cui nomen est Baptista) ultima fuit édita ac deinde Medea Euripidis. E.is enim ut consuetudini schola; satisfaceret quœ per annos singulos poscebat fabulas, conscripserat. Id cum prope ultra spem successisset reliquas Jephthen et Alcestin paulodili gentius, quasi lucem et hominum conspectum laturas elaboravit. Buchauaui pocmatu, 1628, p. 9.