Chronique Dordeloise de Gaufreteau, I
2. Montaigne a révélé avec sa franchise habituelle le secret de tous les efforts qu'il s'imposa pour se montrer maître ouvrier sur la scène du Collège de Guyenne, à la dernière page du chap. 3 du livre m des Essais : « l'eftudiai icuiie pour l'ojioitation^ depuis vu peu pour m'affagir, à cette heure pour m'esbattre. »
de Biichanan, de Guerente Ù" de Muret, qui fe repréfenterent en nojlre collège de Guyenne auec dignité. En cela, Andréas Goueanus nojire principal, comme en toutes autres parties de fa charge, fut fans comparaifon le plus graiid principal de France ' » .
Le séjour de Buchanan à Bordeaux 7ie dépassa pas troisannées, de i^jp à ^"j^i- Mais pendant ce temps il écrivit deux tragédies latines, « Jephté, Baptista )>, et dans la même langue, deux traductions de la Médée et de /'Alceste d'Euripide. La première de ces compositions dramatiques, Jephté, paraît avoir eu le plus grand succès, car Florent Chrestien, précepteur du roi de Navarre en fit une version française qui fut imprimée à Orléans, chez Loys Rabier en i j6/.
Mais Buchanan, l'auteur dramatique, inclinait à la satyre. Les sujets ne lui manquaient pas. En Ecosse, il avait pris pour sujets de ses moqueries les Franciscains, qui l'accusèrent d'hérésie, et quoiqu'il fût le précepteur du fils du roi Jacques V, il dut se réfugier d'abord en Angleterre et de là en France. A Bordeaux, où Gouvéa l'avait appelé pour en faire un des professeurs du Collège de Guyenne, Buchanan fut re~ pris de la tentation de l'épigramme, et il en trouva ample matière chez les Dominicains et les Frères de Saint-Antoine. Ces derniers surtout, abusant du privilège de faire entrer en franchise des porcs dans la ville, comptaient dans les murs de leur couvent un tel nombre de ces animaux, que les jurats