CXXXIV NOTICE
Bordeaux pour y provoquer des troubles. L'occasion lui paraissait d'autant plus favorable que Matig7ion avait quitté la ville, probablement pour se rendre ci Casteljaloux où il devait se trouver avec Bellièvre et Henri de Navarre. Montaigne était donc seul en face d'une agitation dont il était difficile de prévoir le terme. Une revue générale fut ordonnée et le maire de Bordeaux prescrivit qu'on fit gronder la poudre et que parmi cette mousqueterie, les jurais, les ?nembres du parlement ne craignissent pas de se montrer dans les espaces laissés libres par les soldats. Ce concours de gens d'armes et de gens de robe eut un plein succès. La mauvaise humeur des partisans de Vaillac hésita à se manifester au milieu d'une foule en fête, en fête officielle, et résolue à ne tolérer aucun trouble.
Montaig?ie a raconté cette journée dans ses Essais (l , -s^?), au chapitre même où, sans le 7iommer, il accuse de Moneins d'avoir été au-dessous de sa tâche. Aucun lien précis ne relie les deux récits. Le dernier }nê?ne ne paraîtrait pas un épisode à la suite de la dégradation de Vaillac, si par de sérieuses présomptions il n'y avait lieu de le considérer comme mie importante page biographique de l'auteur des Essais.
Pour modeste qu'il se montre comme acteur politique, Montaigne a reçu de Mornay un éclatant témoignage d'importatice : « Si mes lettres vous plaisent, écrivait-il au maire de Bordeaux sous la date du p novembre i)S^, les vôtres jne profitent et vous savez de combien le profit passe le plaisir. »