CLIV NOTICE
Montaigne blâme (III, pj) « de feruir de fpeSiacle aux grands ir faire à l'envy parade de fon efprit et de fou caquet. » // trouve que « c'eft vn mejîier mejfeant à vn homme d'honneur. »
Laval riposte : « l'ay des amis patriotes, chargez de ce vice. » Mais il applaudit sans réserve cette proposition (III, -sf). « Toute fapience eji injîpide qui ne s'accommode à l'iyijîpience commune. »
Raillant quelque part (I, ^76) les découvertes géographiques, Montaigne porte le jugement suivant : « Les géographes de ce temps ne faillent pas d'ajfurer que meshuy tout ejî trouué Ù" que tout eji veu. »
Piqué au vif, Laval, géographe du roi, réplique : « Us ne parlent pas ainji, &" ?nefme des terres aufîrales, & ils confejfent ingénuement qu'ils 71'y a que les fimples lifières de vues Ù" encore ne les fçavent ils pas nommer toutes. »
Pour do?iner un aperçu de l'indépeîidance de Laval visa-vis de Montaigne, quoique le premier se montre très flatté de ses relations avec l'auteur des Essais, il est temps d'en venir aux grands désaccords qui les séparaient l'un de l'autre. Laval condamne tantôt un chapitre en bloc, tantôt quelques lignes dont il est choqué.
Ainsi, en tête du chapitre Couflume de l'Ile de Cea, il écrit : « Ceci n'a rien que de payen, dire6îemetit cojitraire a la Religion chrefiienne. Il eftoit bon pour Seiièque Ù' Jion pour nous. »
Au sujet de l'excellence de l'opinion (II , ^^4) qui reconnaît Dieu « comme vne puiffance incomprehenfible , toute