‹ Notice biographique et bibliographique sur Michel de MontaigneChapitre 125 sur 140 · NOTICE CLV · texte numérisé non relu

NOTICE CLV

bo?ité, toute perfe6iion, recevant en bonne part l'honneur ù" la révérence des humains fous quelque vifage, fous quelque nom, Ù" en quelque manière que ce fujl. »

Laval juge « cette opinion hérétique Ù" très périlleuse. »

L'auteur des Essais blâme (I, ^j6) « la création de dieux de nojîre condition, de laquelle nous druons connoiftre l'imperfeâlion. Il faut, dit-il, que cela foit party d'vne merueilleufe yureffe de l' e7itendeme7it humain. »

« Ces propojîtions, écrit Laval, tiennent d'vne folle pre- Jomption, en voulant avilir r homme ù" ne m'eJîo7ine point Jï cejle Apologie ' ejî défendue a peine d'anathême. »

D'après Montaigne (! , i^o) « nous nauons d'autre mire de la vérité ù" de la raifon que l'exemple Ù" idée des opinions ifT ufances du pais où Jious fommes. La ejl toujtours la parfaite religion, la parfaite police, le parfaiôî Ù" accomply ufage de toutes chofes. »

/ivec aigreur Laval répond : « // fe fujl bien paffé d'y méfier la religion car elle a d'autres appuis que les opniions Ù" que la raifon mefme, ayant l'autorité, au lieu que la police îi'a que l'exemple Ù' l'expérience. »

Que l'on nous permette une dernière citation de Montaigne (I, jp/) : « Nous difons aux débats de la religion, qiiil nous jaut vn iuge non attaché à l'vn ny à l'autre party, exempt de chois & d'affe5îion, ce qui ne fe peut parmy les chrejîiens. »

I. Il s'agit ici de V Apologie de Raymond de Sebonde qui fut exclue de la première traduction des Essais en italien. Venetia, 1635.

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