‹ Notice biographique et bibliographique sur Michel de MontaigneChapitre 131 sur 140 · CLXII NOTICE · texte numérisé non relu

CLXII NOTICE

donner son édition des Essais de ijS8, et il les désigna comme exécuteurs de la réimpression préparée par ses soins. Enfin une messe fut dite dans la chapelle du château. Il l' écouta de sa chambre à l'étage supérieur, et à l'élévation il joignit les mains et tenta de se dresser sur son séant.

Pasquier est le seul qui nous donne ce dernier détail. Il serait de mauvais goût de douter un instant de l'exactitude de ce récit. Le souvenir de La Boétie a dû hanter Montaigne à ses derniers moments, et garder sur lui la toute-puissance dont les preuves abondent dans les Essais. Pour obéir aux exhortations de son ami, Montaigne se maria. Aux bains de Lucques, il lui suffit de se remémorer l'intimité perdue pour tomber gravement malade. A son heure finale, Montaigne se rappela les suprêmes instants de La Boétie. Il voulut mourir cotnme l'homme d'élite pour qui il avait eu la passion de l'amitié ' .

Quand on a ainsi, bien incomplètement , reconstitué l'agonie de l'auteur des Essais, peut-on garder le souvenir de cette réflexion cruelle de Pascal que Montaigne n'a pensé qu'à mourir lâchement et mollement par tout son livre? A toutes

I. De Thou, dans son histoire, éd. cit., VIII, 146, après avoir fait l'éloge de Montaigne et de ses Essais, ajoute : « Jacques de Matignon, gouverneur de Guyenne, lui donna une place dans ses conseils pendant les troubles de cette province. La conformité de nos études et de nos inclin.ations nous avait unis par les liens d'une réelle amitié dans mon séjour en Guyenne, et lorsque je me trouvai dans la suite avec lui à la cour et à Paris. »

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