XXXVI NOTICE
Eyquem se fit nommer coîiseiller à la Cour des Aydes de Pcrigueux, créée pur un édit de juin i')j4-
La concession de cette Cour fut déterminée en un contrat passé entre le roy et la ville. Le Maire et les consuls en appelèrent au vote des bourgeois et des habitants réunis en la maison commune, et l'autorisation ainsi obtenue, ils prirent vis-à-vis du roi l'engagement de lui verser ^0,000 livres pour la finance des nouveaux offices. Sous cette condition, le maire et les consuls avaient le droit de présentation de tous les membres de la Cour. Il fallait, pour être nommé, justifier de la qualité de Périgourdin. Pierre Eyquem n'eut pas de peine à établir cette origine, non plus que ses titres au choix du maire et des consuls. Il figura donc le second^ sur la liste des conseillers maîtres. Bertrand de Maccanan fut le premier. Il avait cette parité de candidature, qu'il vivait à Bordeaux et que ses parents en ligne directe, sinon lui-tnême, avaient été de la jurade^.
1. L'origine de Pierre Eyquem est expressément affirmée ainsi dans le teste de l'édit d'institution : Ledit Eyquem de la maison de Montaigne en Périgord, juridiction de Montravel.
A. Griin. Vie publique de Montaigne. Paris, Amyot 1855, p. 69.
2. « En 1404, les jurats auoient pour agent Richard Macanan, fauori du Roy d'Angleterre, du comte Dorcet, du duc d'Yorck & autres grands, auquel Macanan la ville fit préfent de 450 efcuz, qui efloient beaucoup en ce temps, le i'uppliant de les alîifter à Londres.
« Ce comte Dorcet étoit grand amy du corps de ville de Bordeaux ; mais il auoit grand foif, & en cet état, il eftoit malcontent. En 1415, les députés de Bordeaux écrivaient de Londres au maire et aux jurats d'envoyer quarante tonneaux de vin, pour apaiser la mauvaise humeur du comte Dorcet. »
Th. Malvezin. Michel de Montaigne, p. 28.