‹ Notice biographique et bibliographique sur Michel de MontaigneChapitre 26 sur 140 · I. Bonnefoii. Ouvr. cit. I, 6i · texte numérisé non relu

I. Bonnefoii. Ouvr. cit. I, 6i

XL NOTICE

la droiture de Montaigne et h diminuer sa foi native dans l'indépendance et l'équité de la magistrature.

Bien avant cet ijicident, qui a dans les Essdi'is fait naître plus d'une page amère sur les incertitudes de la justice, peu après son entrée au Parletnent, Montaigne se lia avec La Boétie\ Leur amité se développa avec la rapidité et la force d'uîie grande passion. « Si on me prejfe de dire pourquoy ie l'aymois, déclare Motitaigne, ie fens que cela ne fe peut exprimer, qu'en refpondant : parce que c'ejîoit luy, parce que c'efloit moy. Il y a au delà de tout mon difcours, ir de ce que i'en puys dire, ne fçay quelle force diuine Ù' fatale, médiatrice de cette union'. »

La Boétie est plus explicite. Une épttre latine'^ publiée à la suite de ses traductions en prose, nous donne le secret de

1. Ce ne fut pas au Parlement que Montaigne et La Boétie devinrent amis. « A noftre première rencontre qui fut par hafard en une grande fefte & compagnie de ville, nous nous tronuafmes fi prins, lî cogneus, fi obligez entre nous, que rien des lors ne nous fut h proche à l'vn que l'autre. » Essais^ I, 27.

2. Essais, I, 28. Dans l'édition de 1595, le mot divine de 1588 est remplacé par inexplicable, suivant la correction autographe de l'exemplaire de Bordeaux.

3. Le texte entier de l'épître en question figurerait avec avantage dans une anthologie latine, lors même qu'on ignorerait le nom de l'auteur et celui du destinataire. Il n'en a pas été suffisamment tenu compte dans les biographies publiées jusqu'ici, quoiqu'elle soit un document révélateur sur les relations privées de La Boétie et de Montaigne et une précieuse indication de l'influence que jusqu'à sa mort et longtemps après, le conseiller sarladais conserva sur le philosophe périgourdin.

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