NOTICE LXXV
précoce habitude de notation de ses jugements sur ses lectures, il a dû écrire jour par jour ce qui lui semblait contredire r argumentation de son auteur. On est ainsi jondé à affirmer que notamment tout ce qui, dans l'apologie, a trait à l'intelligence et à la personnalité des animaux, a été jeté sur le papier en fnême temps que s'achevait la traduction de la première partie de la Théologie naturelle.
Il est de même justement à propos de reconnaître dans l'apologie, les pages maîtresses et préférées de Montaigne, celles qui lui ont révélé la puissance de son observation et la justesse primesautière de son esprit. Aussi à chaque réimpression des Essais, y revint-il souvent pour y intercaler des additions propres à fortifier le texte primitif \ C'est dans ce chapitre de prédilection, qu'il a, en i jSS, inséré sa devise : « Que fçay-ie > » à la suite d'une critique de la formule du doute des philosophes pyrrhonicns : « J'ignore », qui lui semble une sorte d'affirmation. Et il ajoute comme complément limage d'une balance-. C'est encore dans le texte de i^SS